
Kinshasa comme une jeune femme vierge attend de se faire séduire par les différents candidats, encore beaucoup plus préoccupés par les meetings à l’intérieur du pays. Mais de grosses affiches des candidats à l’élection présidentielle ou à l’élection des députés de la nation, du 23 décembre 2018, vues dans les artères de la ville, montrent au visiteur que « Kin la belle » est déjà dans l’ambiance des élections.
Le visiteur qui débarque ces jours à Kinshasa par l’aéroport international de N’djili est vite frappé par la chaleur des congolais qui en petits groupes parlent de l’élection présidentielle prévue le 23 décembre 2018. Pour arriver au centre ville, il faut d’abord parcourir le long boulevard Lumumba de près de 35 km qui commence à N’djili où se trouve l’aéroport de Kinshasa et où vivent les 2/4 de la population kinoise. A N’djili ça grouille de monde. Ici on se réveille à 4h du matin pour aller à la recherche de la pitance quotidienne nous informe notre guide. Comme dans d’autres capitales africaines, la circulation est intense et les embouteillages légion. Normal on est à Kinshasa, une ville peuplée de près de 15 millions d’habitants et où les taxis bus, les taxis ainsi que les Clandos appelés ici « esprits de la mort », et les vrais bus appelés « esprits de la vie », les voitures personnelles, les motos et autres véhicules ne manquent pas de créer des embouteillages.
A Matete, ou encore à la circonscription de Limete, où l’on retrouve les sièges de beaucoup de partis politiques, on peut voir les grandes affiches de campagne des candidats. En empruntant l’axe du grand boulevard triomphal, puis celui du Boulevard du 24 novembre, on peut voir au passage le complexe omnisports le Stade des Martyrs, le parlement, le Senat, l’impressionnant Ministère de l’intérieur, ou encore le quartier général de la Police. Ici la circulation est fluide. Tout comme à la commune de Gombé, la première commune de Kinshasa où l’on retrouve plusieurs institutions de la République. Au Rond point Mandela on peut apercevoir l’ambassade de Belgique bien protégée avant de s’engager sur le boulevard du 30 juin. Un autre grand boulevard impressionnant où malgré le fait que la circulation soit fluide, il ya du beau monde en bordure de route. Kinshasa bouge mais connaitra sans doute une ambiance plus intense à la veille de la clôture de la campagne prévue ici samedi à minuit. « Les différents candidats sont encore en province, ils vont boucler leurs derniers meetings dans la capitale » nous renseigne notre guide. En effet en dehors de l’élection présidentielle, il y aura également l’élection des députés provinciaux et nationaux. 33000 candidats sont en lice pour 500 places au parlement. Les élections municipales, elles, ne sont pas encore programmées.
Dans son journal du soir, la télévision nationale congolaise (RTNC), a servi aux téléspectateurs, les échos de la campagne sur le terrain, avec en bonne place les meetings du candidat Emmanuel Ramazani Shadary, le dauphin du président sortant Joseph Kabila Kabangue. Le candidat numéro 13, présenté comme le « candidat de l’unité et du développement », veut devenir le 5è président du pays. Il était en campagne ce 18 décembre 2018, dans la province du Kasaï central notamment à Kananga où Emmanuel Ramazani Shadary a invité les populations à protéger les urnes dans lesquelles seront logés les bulletins de vote. C’était la 19è province qu’il visitait. On se souvient que dans une interview accordée à la chaine BBC, le Président Joseph Kabila avait déclaré que les congolais veulent des « élections sans violences ». D’autres candidats, de l’opposition, sont également en campagne à l’intérieur du pays. Mais tous sont attendus à Kinshasa à la veille de l’élection. Pour les derniers meetings. Et des éventuelles alliances.
Ericien Pascal Nguiamba envoyé spécial à Kinshasa.













