
L’édifice a été bâti à la dimension et à la valeur de l’ancien Président de la République Démocratique du Congo(RDC). Le Mausolée de Laurent-Désiré Kabila est situé juste à côté du Palais de la Nation dans la commune de Gombé à Kinshasa. Ce lieu symbolique de l’histoire du pays, est devenu un espace ouvert au public et aux touristes.
L’endroit est stratégique et sécurisé. Pour y aller accéder il faut d’abord s’adresser à un premier poste de sécurité tenu par des militaires. Puis à un deuxième. Normal, le Palais de la Nation est juste à quelques mètres. Au deuxième poste de sécurité, il faut déterminer la nature de votre visite. Si elle est officielle, alors il faut se faire enregistrer au niveau du protocole (un autre poste de sécurité à côté duquel se trouve la représentation de l’Union africaine) afin d’obtenir des autorisations de tournage. Nous étions une équipe de journalistes congolais, ivoiriens et camerounais. Et si c’est une simple visite touristique, il faut laisser les sacs et cameras à l’exception des téléphones portables pour quelques photos. C’est la deuxième option que nous allons choisir. A l’intérieur de cet impressionnant complexe, une statue en bronze imposante du grand Mzee(le patriarche, le sage swahili), frappe le visiteur.

Cette statue de 4 tonnes a été fabriquée en Corée du nord. A sa main gauche, l’ancien président de la RDC tient un testament avec comme phrase forte « Ne jamais trahir le Congo ». La main droite quand à elle est levée ave un doit pointé en l’air. « C’est pour dire que le Congo restera un et indivisible » explique Richard Koumbi, photographe et guide des lieux qui ajoute que « Les deux lions qui entourent la statue, représentent le totem de la RDC. Et la statue que vous voyez là a été fabriquée en Corée du nord, sauf la tête car ils(les coréens) ont dit que c’est vous-mêmes qui connaissez le visage de votre président, voilà pourquoi la tête a été fabriquée ici au pays ».
Richard y est de 8h à 17h30 pour orienter les visiteurs et les édifier avec le concours de deux soldats de garde. Une grande cour, de près de 500 mètres entourée des jardins bien entretenus est une illustration parfaite du symbole de ce mausolée pour l’Etat. Puis c’est l’accès dans le compartiment où est posé le cercueil de celui qu’on appelait « Le soldat du peuple ». Les deux miliaires de garde et Richard nous orientent. Le cercueil de Laurent-Désiré Kabila est posé dans un box vitré et est recouvert du drapeau du pays. Et une gerbe de fleurs est posée juste devant. « Il est ici. Et il repose paisiblement ici » déclare Richard notre guide. Dans un coin du mausolée on peut lire « Ne jamais trahir le Congo ». C’est la pensée et le vœu de l’illustre disparu. A l’arrière du mausolée, il des chaines brisées. « Ça symbolise la libération. Ces chaines brisées montrent que le Congo est libre de la dictature de Mobutu. A l’époque de Mobutu c’était la dictature. Le Mzee a donc coupé ces chaines et le Congo est devenu libre » explique notre guide. Toujours à l’arrière du Mausolée, on peut voir une petite statue d’une femme tenant à sa main droite un oiseau. « Cette femme tient là une colombe. C’et pour montrer que les congolais sont libres et peuvent voler comme une colombe, comme des oiseaux. Que nous sommes libres » explique à nouveau Richard Koumbi.
Né le 27 novembre 1941 à Likasi dans la province du Katanga, Laurent-Désiré Kabila était considéré comme un garçon brave et courageux qui disait toujours qu’il vengera Patrice Lumumba. « Il disait toujours qu’il vengera Lumumba et qu’il sera le deuxième Lumumba. Il est donc entré dans le maquis pour préparer la chute de Mobutu. Avec quelques appuis extérieurs » indique le guide. Le 17 mai 1997, Laurent Désiré Kabila et ses hommes débarquent à Kinshasa. C’est la chute du régime de Mobutu. Le pays qui s’appelle alors Zaïre, est rebaptisé République Démocratique du Congo(RDC) par le nouvel homme fort. Mais après seulement quatre ans de règne, le pire arrivera. Le matin du 16 janvier 2001, Laurent Désiré Kabila est froidement assassiné dans son bureau au Palais de la Nation par son garde du corps. C’est la consternation dans tout le pays. C’est également la fin d’un long parcours de combattant de cet héros national.
Ericien Pascal Nguiamba à Kinshasa.













