
Ce sont des militaires expérimentés, super entrainés et bien formés à l’étranger pour certains, notamment en Russie. En dehors du Président de la République et du Premier ministre, ces militaires auteurs du coup d’Etat, ont arrêté le chef d’état-major des armées et quasiment tout l’état-major, c’est-à-dire, les hauts gradés de l’armée, des chefs d’état-major des différents corps. Ils ont également mis aux arrêts le ministre de la Défense et le Ministre de la Sécurité qui est un général. Zoom sur ces nouveaux maitres de Bamako qui sont déjà regroupés au sein du CNSP, le Comité National pour le Salut du Peuple.
Selon Serge Daniel, le correspondant de Radio France Internationale à Bamako, en plus du colonel-major Ismaël Wagué, chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air, il y a un autre officier supérieur parmi eux : on reconnaît également le colonel Malick Diaw, chef de la 3e division militaire de Kati. C’est un des cerveaux du putsch. Il connaît parfaitement le camp militaire d’où sont parties les opérations. Il y a également d’autres officiers, comme Sadio Camara, par exemple. C’est un colonel de l’armée qui revient à peine de Russie, où il était en formation. Il a joué un rôle clé. Et dans le noyau des putschistes, il y a également d’autres officiers supérieurs de la gendarmerie, de la police et de l’armée de l’air. C’est donc un coup d’État d’officiers supérieurs décrit notre confrère Serge Daniel, correspondant de Radio France Internationale à Bamako.
Pour le chercheur indépendant Marc-André Boisvert, interrogé sur RFI, ces militaires sont d’ailleurs beaucoup expérimentés que ceux ayant fait le putsch de 2012 : « Si on compare à 2012, ce sont des officiers qui ont un bon curriculum vitae et qui ont de l’expérience. Cela se voit déjà juste à la façon dont ils ont formulé leur intervention. Ils savent actionner les leviers pour tenter de rassurer la communauté internationale et tenter de rétablir un dialogue. En 2012, jusqu’à la dernière minute, on ne savait pas à qui l’on avait affaire. Et les putschistes à ce moment-là étaient nettement moins expérimentés en communication. Pendant près d’une semaine, on ne savait pas trop on allait. »

Les arrestations de hauts responsables militaires et civils
Pas un mot sur l’avenir du président IBK, ni sur les responsables politiques arrêtés mardi. Dans les couloirs, les militaires annoncent qu’ils vont mettre à la disposition de la justice un certain nombre de personnes soupçonnées d’avoir détourné de l’argent dans le cadre de la moralisation, raconte Serge Daniel. Mais le problème, c’est que pour le moment, il n’y a pas eu d’annonce sur ces arrestations. Un putschiste interrogé par RFI dans la nuit de mardi à mercredi, explique : « Nous prenons la garantie que rien n’arrivera. On ne touchera pas un seul cheveu des personnes interpellées et arrêtées ». En dehors du président et du Premier ministre, les membres du CNSP ont notamment arrêté le chef d’état-major des armées et quasiment tout l’état-major, c’est-à-dire, les hauts gradés de l’armée, des chefs d’état-major des différents corps. Il y a également, le ministre de la Défense, qui est entre leurs mains et celui de la Sécurité, qui est un général. Parmi eux, il y a également des civils dont on est sans nouvelles ou qui sont arrêtés : le président de l’Assemblée nationale, qui a d’ailleurs été dissoute, et puis des ministres, comme celui des Finances ou le ministre de la Justice dont l’on est sans nouvelles.
Ericien Pascal Nguiamba avec Serge Daniel (RFI, Bamako)


















