La 6è édition du Forum Chine-Afrique sur la santé oculaire s’est tenue le 25 février 2025 à Yaoundé la capitale politique du Cameroun sous le thème « Intelligence Artificielle dans la lutte contre la cécité en Afrique ». Organisé par Africa Ophtalmology Network Foundation (AFROPHTHA), en collaboration avec des partenaires nationaux et internationaux dont le Centre national de formation pour la prévention de la Cécité de la Chine, He Eye Specialist Hospital(HESH), ce forum avait pour objectif de renforcer la coopération sino-africaine en matière de prévention et de traitement des maladies oculaires. Les participants venus du Ghana, du Nigeria, du Mali, du Benin de la Chine et du Cameroun se sont engagés à mettre en place des meilleures stratégies pour la lutte contre la cécité en Afrique. En savoir davantage.
C’est le Professeur Omgbwa Eballe André, le Secrétaire permanent du Programme national de lutte contre la cécité au Cameroun et Directeur général adjoint du CHU de Yaoundé, qui a présidé la cérémonie d’ouverture de ce forum au nom du ministre camerounais de la santé publique Dr Manaouda Malachie empêché.

« La cécité est un lourd fardeau pour l’Afrique mais également pour le Cameroun. Le Programme national de lutte contre la cécité ne peut pas à lui seul lutter ou alors implémenter toute sa politique au niveau national, il lui faut les partenaires et parmi ces partenaires la Chine est un grand partenaire , raison pour laquelle nous avons organisé ce forum Chine-Afrique où le Programme national de lutte contre la cécité participe activement à la recherche de certains financements , de certains appuis pour le développement des infrastructures , du plateau technique , mais surtout pour le développement des ressources humaines » a déclaré le Professeur Omgbwa Eballe André.
En effet, la chine est très avancée en matière de médecine, et le Cameroun emboite le pas pour pouvoir améliorer les soins oculaires , primaires secondaires et tertiaires raison pour laquelle le Cameroun a entre temps coopéré avec tous les autres partenaires pour éliminer certaines maladies comme le trachome, pour élaborer actuellement le plan stratégique national des soins oculaires basés sur de nombreux axes stratégiques parmi lesquels le développement des ressources humaines, le développement des plateaux techniques , le développement des infrastructures, la lutte contre les maladies cecitantes , le développement de la recherche.

Pour le Dr Théodat Manga président de la Société camerounaise d’ophtalmologie, si la cécité n’est pas très fréquente, elle est très handicapante. « Il faut savoir qu’une bonne vision c’est un outil de développement, parce que la personne qui ne voit pas ne participe pas au développement du pays » dit-il. Il est donc question de lutter contre la malvoyance et la cécité aussi bien chez les enfants chez les personnes de tout âge.

Le Professeur Sylla Fatoumata, Ophtalmologiste, et Ophtalmo pédiatre à l’Institut d’ophtalmologie tropicale d’Afrique le CHU-IOTA à Bamako au Mali, par ailleurs présidente de la Société malienne d’ophtalmologie, a justifié la participation de son pays à ce forum pour deux principales raisons : « premièrement le fait de mettre les ophtalmologistes africains en réseau. C’est rare et c’est une opportunité à ne pas manquer parce que la relation Sud Sud interafricaine doit avoir tout son poids dans la santé et particulièrement en ophtalmologie parce que l’ophtalmologie c’est quand même un pan important de la santé qui touche toutes les populations africaines. Donc que les acteurs soient mis en réseau ça peut faciliter la communication, ça peut faciliter les échanges et même les interactions entre les uns et les autres.
La deuxième raison c’est l’intelligence artificielle qui est un élément nouveau et pour lequel les ophtalmologistes ne doivent pas rester à côté parce que c’est un train qui marche à très grande vitesse et ce train on n’a pas intérêt à le louper aussi bien pour nous qui sommes actuellement dans la pratique de l’ophtalmologie mais surtout pour les nouvelles générations pour qui l’intelligence appliquée à la science de l’ophtalmologie va faire des progrès énormes » a-t-elle expliqué. La présidente de la Société malienne d’ophtalmologie a également relevé l’importance de ce forum en matière de formation : « IOTA est un centre de formation qui existe depuis 1953 et qui forme depuis les années 80. Donc on a un grand recul dans le système de formation…Cet échange va permettre au niveau de la formation surtout l’amélioration de la ressource humaine, une opportunité parce que ça va faire un contact entre africains et aussi entre centres de formation Mali-Chine ou Afrique-Chine, et ça c’est une opportunité qui va nous aider énormément dans la qualité de la formation de nos jeunes étudiants » a-t-elle ajouté.

Au cœur de l’organisation de ce Forum Chine-Afrique sur la Santé Oculaire, Bernard Agbor. Il est le Président de African ophtalmology network foundation, qui est une fondation qui met en réseau les acteurs dans la lutte contre la cécité en Afrique. Basée au Cameroun, cette Fondation étend son réseau et ses activités dans plusieurs pays en Afrique. « Notre mission rejoint la mission de la Chine qui a été identifiée par Africa ophtalmology network foundation comme un partenaire clé dans cette lutte contre la cécité en Afrique. C’est vrai que ce forum a eu lieu à Nairobi au Kenya , à Kigali au Rwanda, normalement en tant que camerounais, nous avons pensé que c’est le moment pour que le Cameroun puisse abriter ce forum. Alors pourquoi le Cameroun ? aussi, parce que nous sommes un pays bilingue et en Afrique cet atout, notre diversité linguistique, nous met devant la scène pour pouvoir travailler avec plusieurs partenaires parfois des pays francophones, les pays anglophones, afin de mettre en place des meilleures stratégies pour la lutte contre la cécité en Afrique » indique Bernard Agbor. Pour lui, la cécité est un problème de santé publique. « Si nous pensons au développement il faut penser à la lutte contre la cécité » dit-il. Il est question souligne-t-il de mettre ensemble des différents acteurs afin d’apporter le minimum qu’on puisse apporter pour lutter contre la cécité en Afrique.

Bon à savoir, Africa Ophtalmology Network Foundation (AFROPHTHA) qu’il dirige est une organisation à but non lucratif destinée à promouvoir l’accès des soins oculaires de qualité au plus grand nombre par la mise en réseau des différents acteurs impliqués à savoir le personnel soignant, établissements de santé, acteurs académiques, prestataires, organisations, industries et fondations afin de soutenir des actions durables dans le domaine de la santé oculaire. AFROPHTHA, dans la mise en œuvre de ses activités, est axé sur la formation du personnel de santé oculaire, la facilitation à l’accessibilité des soins de qualité aux populations, le plaidoyer à travers un vaste réseau d’influence et changement des comportements vis-à-vis de la santé oculaire, la promotion de la recherche en soins oculaires.
Ericien Pascal, à Yaoundé.


















