
Le Président de la République a été renversé lundi 24 janvier 2022 par des militaires regroupés au sein du Mouvement Patriotique pour la Sauvegarde et la Restauration (MPSR). A leur tête le jeune lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, 41 ans, formé en France. Les premiers actes forts des putschistes : La constitution suspendue, le gouvernement et l’Assemblée nationale dissouts, les frontières terrestre et aérienne fermées, un couvre-feu de 21 à 5h du matin instauré sur l’ensemble du territoire national. Le Président déchu Roch Marc Christian Kaboré, lui, est toujours gardé dans un lieu secret. Le récit des évènements et zoom sur le nouvel homme fort du Faso.
Par Ericien Pascal Nguiamba Bibiang
Le pouvoir a changé de camp au Burkina Faso. Depuis lundi 24 janvier 2022, le pays est désormais entre les mains des soldats qui viennent de renverser le président Roch Marc Christian Kaboré, au pouvoir depuis le 29 décembre 2015.
Tout a commencé dimanche, la veille par des mutineries dans des casernes un peu partout à travers le pays. Des sources justifient la grogne des soldats par l’absence des moyens logistiques, et la volonté de débarquer certains hauts gradés de l’armée accusés d’incompétence face à la menace terroriste. A Ouagadougou les choses sont allées très vite. Alors qu’on pensait à une simple mutinerie, des coups de feu sont entendus plus tard dans la nuit aux alentours de la résidence privée du Président de la République. Les Ouagalais sont inquiets, une tension règne dans la capitale. Lundi matin autour de 8heures, (9h en Afrique centrale) des soldats lourdement armées encerclent le siège de la télévision nationale avec des blindés. Pendant ce temps, le Président Kaboré est exfiltré pour une résidence inconnue. Avant l’arrivée des militaires. Le siège de son parti est saccagé, quelques voitures du palais sont retrouvés non loin de sa résidence, criblées de balles. La situation est confuse. Sentant son sort scellé, le Président Kaboré lance son dernier message aux putschistes à travers son compte tweeter «… j’invite ceux qui a pris les armes à les déposer dans l’intérêt supérieur de la nation ; c’est par le dialogue et l’écoute que nous devons régler nos contradiction ». Puis arrivera le moment tant attendu. Les putschistes investissent le studio de diffusion de la télévision nationale, la RTB. Et annoncent officiellement leur prise de pouvoir par la voix du capitaine Sidsoré Kader Ouédraogo aux côtés de 13 autres militaires dont le nouvel homme fort du pays le Lieutenant-Colonel d’infanterie Paul-Henri Sandaogo Damiba.
Après avoir annoncé les premières mesures fortes notamment la suspension de la constitution, le la dissolution du gouvernement et l’Assemblée nationale, la fermeture des frontières terrestre et aérienne, l’instauration d’un couvre-feu de 21 à 5h du matin sur l’ensemble du territoire national, les nouveaux maîtres de Ouagadougou ont annoncé un retour à un ordre contusionne dans un délai raisonnable. En fin de soirée, le Secrétaire Général des Nations Unies a condamné ce coup de force et a appelé à la libération « immédiate » du Président Kaboré.
Le nouvel homme fort du Burkina Faso 
Il faut noter que le chef des putschistes et nouvel homme fort du Burkina Faso n’est autre que le Lieutenant-Colonel d’infanterie Paul-Henri Sandaogo Damiba, 41 ans formé en criminologie en France. Il était le Commandant de la troisième région militaire du pays en charge de la sécurité dans la capitale Ouagadougou. Il avait été nommé à ce poste par celui-là même qu’il vient de renverser. Déjà en 2015, il a déjoué avec d’autres officiers, une tentative de coup d’état militaire dont l’objectif était de mettre fin au gouvernement de transition mis en place après la chute de l’ancien président burkinabè Blaise Compaoré. Diplômé de l’école militaire de Paris, et titulaire d’un master 2 en sciences criminelles du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) de Paris ainsi que d’une certification d’expert de la Défense en management, commandement et stratégie, son poste de Commandant de la troisième région militaire couvrait la capitale Ouagadougou, Manga, Koudougou et Fada N’Gourma. C’est un ancien élément de l’ex-régiment de la sécurité présidentielle (RSP) et ancien de la garde présidentielle sous Blaise Compaoré. Le nouvel homme fort du Burkina Faso est de la promotion 92 du Prytanée militaire du Kadiogo (PMK) et de la 7e promotion de l’Académie militaire Georges Namoano de Pô. Avec lui, commence une nouvelle page de l’histoire du « pays des hommes intègres ».


















