La commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (CNPBM) a animé le 11 juin 2026 au Salon de l’action de l’action gouvernementale(SAGO), une conférence sous le thème « la promotion du bilinguisme dans le secteur privé ». Pour animer cette conférence, le Dr NGAMBO FONDJO Pierre-Vincent, Madame MBAPPE née TICKY NGONDE NJOH Agnès, Madame ANGOUING née NDANGA Françoise et Madame MADIA Julienne, tous membres de la commission. Pour ces cadres de la Commission, le bilinguisme ne doit pas rester un principe institutionnel abstrait, voir symbolique qui se limite aux textes et aux discours. Il doit se traduire dans l’expérience au quotidien du citoyen, c’est-à-dire devenir un bilinguisme opérationnel.
Lorsqu’un patient reçoit des prescriptions médicales, lorsqu’un client prend connaissance d’un contrat bancaire, lorsqu’un jeune postule à un emploi, lorsqu’un consommateur dépose une réclamation, lorsqu’un entrepreneur réagit avec un fournisseur ou une plateforme numérique, il doit pouvoir le faire dans l’une ou l’autre de nos langues officielles. Toutes choses qui font du secteur privé un partenaire décisif de cette ambition nationale. « Les entreprises sont de ce fait des lieux par excellence, des échanges de services, de recrutement de consommation et d’innovation ; elles sont conséquemment des espaces où le bilinguisme doit devenir concret ; dans cette perspective, l’Etat a le devoir de faire du bilinguisme un avantage compétitif pour les entreprises, une garantie de services pour le citoyen, et un pont de confiance pour la république » dira le Dr NGAMBO FONDJO Pierre-Vincent.
Au cours de cette conférence la Commission a expliqué comment l’Etat s’y emploie, le cadre juridique dans le secteur privé, la mise en œuvre de la politique nationale de promotion du bilinguisme dans le secteur privé au Cameroun et les atouts subséquents du bilinguisme dans le secteur privé.
En termes de perspectives, depuis 2025, l’un des indicateurs de performances de la Commission est le nombre d’entités privées sensibilisées à la politique nationale de promotion des langues officielles. La Commission mettra l’accent chaque année sur le nombre d’établissements privés à visiter. En 2026 par exemple, le Plan d’action de la Commission cible les établissements d’enseignement supérieur privés, ainsi que des hôtels de 3 à 5 Etoiles dans certaines villes. La Commission dit également être à l’écoute des différentes administrations ainsi que les entités privées qui peuvent la joindre via le numéro vert 1518.
S’agissant des recommandations stratégiques, « nous disons que pour améliorer le bilinguisme dans le secteur privé au Cameroun, les entités doivent relever un triple défi : le premier défi c’est le coût de la traduction, notamment les charges financières liées à la duplication des emballages, contrat des manuels , le deuxième défi c’est le déséquilibre des compétences notamment les difficultés de recruter les profils parfaitement fluides dans les deux langues officielles, troisième défi , c’est le bilinguisme de façade notamment des documents traduits de manière approximative impactant sur la crédibilité de l’entreprise. Dans ce cadre il s’agit de manière pratique d’auditer les compétences en évaluant le niveau linguistique réel des équipes dès le recrutement. Il s’agit d’investir dans la formation en finançant des cours de langues orientés business pour le personnel, de digitaliser la communication, en utilisant les outils d’intelligence artificielle pour réduire les coûts de traduction interne ; il s’agit également de soutenir la Commission dans ses missions de suivi-évaluation de cette politique » a déclaré le Dr NGAMBO FONDJO Pierre-Vincent.
Pour lui, la Commission se positionne ainsi comme le partenaire institutionnel des entités. La Commission propose d’instaurer les journées du bilinguisme dans des différentes entités, et de mettre en place dans la mesure du possible des mécanismes d’encouragement en remettant des prix aux meilleurs employés bilingue. En somme, soulignent les membres de la Commission, le Cameroun doit passer du bilinguisme passif, au bilinguisme stratégique. Le bilinguisme ne doit donc pas seulement être une affaire de l’Etat, le bilinguisme doit devenir selon le Dr NGAMBO FONDJO Pierre-Vincent,
Le « pacte public-privé dans lequel l’Etat fixe la vision, les institutions accompagnent, les entreprises mettent en œuvre, et les citoyens clients constatent les résultats dans leurs vie quotidienne ».
Ericien Pascal


















