
A cause d’un défaut pas fréquent de coordination entre le service d’immigration de l’aéroport Bole d’Addis-Abeba et la direction de la communication de l’Union Africaine, notre confrère camerounais, Gaétan Bernard Bangda Benguet a dû dormir sur place. Et c’est là le début de cette histoire qu’il nous livre ici.
« Mon passeport m’a fait honte
Aéroport Bole d’Addis-Abeba. Mardi 5 février 2019. Je viens de passer une nuit blanche. Un défaut pas fréquent de coordination le service d’immigration de cet aéroport et la direction de la communication de l’UA me fait dormir sur place. Assis à un café, et alors qu’on m’annonce que je peux avoir mon visa, je sors mon passeport. Du coup, un type à côté de moi, qui discutait pour payer une facture de 5 dollars pour l’internet, me dit : « You must not show your passport ». Je lui réponds : « Why? ». « It’s a shamefull to be a Cameroonian! ». Le Bakoum que je suis se fâche grave : « Are you mad? I’m proud of my nationality. » « You ear what is passing in Cameroon with a minister? I mean you are not leaving there. A shame for THIS (vous comprendrez plus tard) country. » C’est vrai que je venais que je venais de quitter le pays et toute la journée de lundi, je n’avis pas regardé mes messages whatsapp et mes autres comptes.
Je ne voudrais pas revenir sur les propos de M. Momo parce que je dois avoir l’honnêteté de dire que jusqu’ici, je ne comprends rien à cela parce que je n’ai pas lu grand chose à propos. Je voudrais revenu sur la profondeur de ce que m’a dit…mon compatriote. Parce que c’était un Camerounais qui me parlait. Un Camerounais parfaitement bilingue. Je ne donnerai pas sa région d’origine qui pourrait étonner plus d’un tant il parait plus avec un accent anglophone que francophone mais je dirai qu’il est plutôt francophone. Nous avons par la suite échangé sur beaucoup d’autres sujets mais il m’a paru lucide dans sa vision des choses qui, finalement, épousait les miennes. A savoir que nous donnons tous une image très négative de notre pays, sans dire que tout y va bien. Nous nous battons pour que chacun de nous présente la pire des faces du pays, de ses dirigeants. Comme si un concours était organisé pour cela.
Mon compatriote de ce 5 février 2019 me rappelle mes confrères qui l’année dernière toujours ici m’avaient fait la même remarque en voyant mon badge. Il me faisait le reproche d’appartenir à un peuple « indolent ». Un diplomate africain, en charge des questions de culture du riz en Afrique, me faisait la même remarque à Kigali, au Rwanda, en septembre dernier alors que je participais au Forum sur la révolution verte en Afrique. Il me demandait où étaient nos responsables de l’agriculture alors que l’Afrique échangeait sur des problématiques de création d’un marché intra-africain pour valoriser nos produits. En passant, il me disait qu’au cours d’un atelier auquel il avait pris part dans notre pays, alors que le programme prévoyait de les amener à Yagoua pour visiter les plantations et la Semry, ils avaient été amenés vers Douala et on leur faisait croire que c’était Yagoua. Tous les participants avaient perçu l’entourloupe mais n’en avaient pas dit mot. Nos dirigeants y sont donc également pour quelque chose.
C’est après avoir fait ce petit tour de ma petite expérience que je me suis dit qu’il fallait que je partage avec vous cela. Parce qu’à la fin, mon frère, dont je ne connais curieusement pas le nom tout comme lui le mien, et moi nous sommes séparés dans la joie. Nous reconnaissant tous dans ce Cameroun balbutiant, plein de potentialités, plein de ressources, plein de bonnes intentions, plein de compétences qui ne demandent qu’à être réunies autour d’un idéal. Mais un Cameroun qui tarde à décoller du fait des intolérances surtout. Un Cameroun qui fait honte. Qui m’a fait honte. Mais que je ne quitterai jamais. Parce que c’est mon pays et qu’on ne choisit pas de naître d’une naître d’une nationalité. Dieu, et peut-être les parents, le peuvent. J’aime mon pays. Même si j’en ai parfois honte. »
Gaétan Bernard Bangda Benguet
¨* Le titre est de la Rédaction














