Face à la presse nationale et internationale le 18 décembre 2025 à Yaoundé, le Conseil de l’Ordre a dénoncé avec force, la prolifération de formations non-réglementaires qui compromettent la sécurité des soins dispensés aux populations. L’Ordre des Professions Médico-Sanitaires (OPMS) du Cameroun présidé par Moussa Hamadou Satou, a exprimé son indignation face à la non-application des résolutions issues de la concertation interministérielle (MINESUP/MINSANTE) du 16 août 2024. L’OPMS qui appelle l’Etat du Cameroun à prendre ses responsabilités à travers des mesures fortes de coercition, a déballé ses exigences pour mettre un terme à cette anarchie véritable « bombe à retardement ».
Au Cameroun, malgré les cadres légaux, de nombreuses institutions continuent de délivrer des diplômes tels que le BTS, le HND ou la Licence Professionnelle, des titres qui ne confèrent pas le Diplôme d’État, seul sésame légal pour exercer. Pour mettre un terme à cette anarchie qualifiée de « bombe à retardement » par l’OPMS et à cette « pratique subversive », l’Ordre a étalé ses revendications. A prendre très au sérieux.
La première revendication de l’OPMS c’est l’Uniformisation stricte des diplômes : Il est question de l’arrêt définitif de tout cursus ne débouchant pas sur le Diplôme d’État de Sage-femme, d’Infirmier ou de Technicien Médico-Sanitaire.
Deuxième revendication, l’Arrimage au système LMD. Il s’agit de l’intégration immédiate de la formation au système Licence-Master-Doctorat pour s’aligner sur les normes internationales du Processus de Bologne.
La troisième revendication, c’est le Rétablissement de la Double Tutelle, notamment une gouvernance harmonisée où le MINESUP assure la tutelle académique et le MINSANTE la tutelle technique, garante du référentiel métier.
Enfin l’OPMS exige la Suppression de l’Examen National d’Aptitude. L’arrêt de cette session exceptionnelle qui ne devait servir qu’à régulariser un passif conjoncturel.
Au regard de toutes ces préoccupations urgentes, l’OPMS appelle l’État du Cameroun à prendre ses responsabilités à travers trois mesures fortes de coercition à savoir l’Audit Interministériel avec le lancement sans délai d’un contrôle rigoureux de toutes les écoles, publiques comme privées ; la Fermeture Administrative immédiate et sans tolérance de tous les établissements ne respectant pas les normes techniques et académiques après audit ; le Calendrier de Régularisation, avec la publication, avant la fin du premier trimestre 2026, des modalités pratiques pour l’arrimage définitif au système LMD.
En rappel, l’Ordre des Professions Médico-Sanitaires (OPMS) est l’organisme de régulation créé par la loi N° 84-010 du 5 décembre 1984 pour encadrer les professions d’infirmier, de sage-femme et de technicien médico-sanitaire au Cameroun. Garant de la moralité et de la légalité de l’exercice professionnel, l’Ordre a pour mission de veiller à la qualité de la formation et à la protection de la santé publique dans le pays.
Ericien Pascal


















