Sous l’impulsion du Maire de la ville de Kribi Guy Emmanuel SABIKANDA (photo), cette première édition du Salon des Acteurs Économiques et du Développement Local(SAEDEL) s’est tenue du 3 au 11 décembre à Ngoye, Kribi au Sud du Cameroun sous le thème « Les Défis de l’économie locale et du développement national ». Voici ce volumineux document parvenu à notre rédaction.
Pour télécharger ce RAPPORT cliquez sur ce lien https://saedel.cm/rapport/
RAPPORT GENERAL DE LA 1ÈRE EDITION TENUE DU 3 AU 11 DÉCEMBRE 2022, NGOYE À KRIBI – THÈME : « LES DÉFIS DE L’ÉCONOMIE LOCALE ET DU DÉVELOPPEMENT NATIONAL »
CONTEXTE ET JUSTIFICATION
Initié par le cabinet « Mon Communicateur », le Salon des Acteurs Economiques et du Développement Local (SAEDEL) est le nouveau concept axé sur l’attractivité des territoires et le développement local. Il est né en décembre 2022 sur la plage de Ngoye à Kribi. Il s’agit d’une plateforme d’échanges pour assurer l’attractivité, la visibilité des régions et la promotion des acteurs du développement local. Le but final est de permettre aux populations non seulement de s’approprier d’un pan spécifique des actions du gouvernement – le développement local à travers les Collectivités Territoriales Décentralisés (CTD) -, mais aussi de voir leurs conditions de vie s’améliorer. Pour bien comprendre ce concept SAEDEL, il est articulé autour de cinq grands objectifs : – Des conférences publiques organisées par les acteurs de l’évènement pour faire comprendre la vision du gouvernement sur le développement régional ; – Des rencontres économiques comme moments singuliers d’échanges entre les CTD, les investisseurs et promoteurs économiques ; – Des expositions sur la grande plage de Ngoye, présentées dans de beaux stands, montés par l’organisation afin de permettre aux exposants de mettre en avant leurs savoirs faires, se faire connaitre et rechercher les partenaires ; – Un carnaval des régions pour célébrer la diversité culturelle, l’intégration régionale ; – Le prix de la marque discerné pour encourager et promouvoir les marques locales et régionales.
RESUME EXECUTIF
Du 3 au 11 décembre 2022, il s’est tenu à Kribi sur la plage de Ngoye, au bord de l’océan atlantique le premier Salon des Acteurs Économiques et du Développement Local (SAEDEL). Le village du Salon a effectivement ouvert aux visiteurs le samedi 3 décembre 2022. Une journée meublée par un carnaval des régions qui a mobilisé une foule immense venue apprécier la richesse de toute la culture et l’art du triangle national. Le 5 décembre à 12h 30 minutes, enveloppé sous le son de l’hymne du Salon des Acteurs Économiques et du Développement Local (SAEDEL), en présence de tous le témoins dont les autorités conviées à l’ouverture officielle du Salon, le Gouverneur du Sud, représentant personnel du Ministre de la Décentralisation et du Développement Local, Mr le Préfet du Département de l’Océan, Mr le Maire de la ville de Kribi, Mrs les Sous-Préfet des différents arrondissements, les honorables parlementaires, les Directeurs Généraux et représentants des entreprises partenaires, les exposants de cette première édition du SAEDEL, les différents partenaires et autres ; la cérémonie de lancement officielle, de la naissance de cette première édition du salon a été officiellement ouverte au public par le Maire de la ville de Kribi Mr Guy Emmanuel SABIKANDA. Il a dit le mot de bienvenue en présentant le discours de circonstance, durant lequel il n’a pas omis de préciser que Kribi a la chance d’avoir la primeur de ces salons qui sont un tremplin pour propulser le développement. Il a présenté l’historique et l’économie de cette première édition du SAEDEL dont la Région du Sud a la primeur de recevoir. Le Directeur du SAEDEL Monsieur Patrice ASSIGA EYENE Patrice, a dit son mot de bienvenue à l’endroit de toutes les personnes présentes, en reconnaissant tout le soutien reçu des autorités locales et du gouvernement afin que cette activité se tienne dans de bonnes conditions. Le discours d’ouverture a été prononcé par Monsieur le Gouverneur de la Région du Sud en sa qualité de représentant du Ministre de la Décentralisation et du Développement Local ; Le SAEDEL à travers ses articulations a ainsi donné beaucoup de réponses aux questions sur la décentralisation au Cameroun et le développement local. La session inaugurale a été ponctuée par la présentation d’images fortes et saisissantes de la ville des eaux, une ville touristique, une ville économique avec tout ce que cela représente comme opportunités. Pour ce qui est du programme, le tout premier Salon des Acteurs Économiques et du Développement Local SAEDEL 2022 était construit autour de : – Carnaval des régions, – Des expositions dans les stands qui se sont tenues du dimanche 4 décembre au dimanche 11 décembre 2022, – Des échanges B to B et des conférences thématiques animés par des experts de hauts vols, co-modérés par des journalistes qu’on ne présente plus, Mrs Alain BELIBI et Jean Jacques ZE. Comme activités, le SAEDEL 2022 a été meublé par : Une exposition ; Un carnaval des régions Cérémonie d’ouverture officielle du SAEDEL ; De nombreuses rencontres économiques axées sur les thèmes suivants : 1. « Décentralisation et développement local au Cameroun » ; 2. « La transformation du bois comme facteur du développement local » ; 3. « Kribi, ville des opportunités » ; 4. « Défis et solutions de connectivité pour les villes émergentes ». 5. « Coutumes et culture comme levier du développement local » ; 6. Présentation des plans de développement régionaux et prise en compte des aspirations des populations locales » ; 7. « Emploi et promotion des investissements » 8. « Infrastructures routières comme facteur d’attractivité » ; 9. « Projets d’aménagement des villes et gestion de la mobilité urbaine » ; 10 . « Le made in Cameroon ». Les rencontres économiques annoncées et organisées ont permis à tous les acteurs d’avoir des informations et de nouer des contacts nécessaires. Parmi les exposants se trouvaient : les ministères, les conseils régionaux, les CTD, les Entreprises Publiques et Privées et bien d’autres acteurs. Plusieurs médias ont porté cet évènement (CRTV, LTM, Vision4, …) Pendant les conférences, les 4 chaines de télévisions présentes et les plateformes numériques diffusaient en temps réel les différentes conférences, rencontres économiques et le promoteur relayait à travers internet. La fibre optique reliant la ville de Kribi au Brésil a facilité la très bonne qualité de la connexion. Toutes ces activités et les interventions pertinentes qui venaient du monde entier étaient aussi relayées par internet. Les participants ont été invités à venir avec des propositions pertinentes et les questions qui allaient permettre d’évoluer la mise en œuvre effective de la décentralisation et le développement des territoires. Le SAEDEL a fermé ses portes le dimanche 11 décembre 2022
. LES RENCONTRES ECONOMIQUES
1ÈRE RENCONTRE ÉCONOMIQUE THEME : « DECENTRALISATION ET DEVELOPPEMENT LOCAL AU CAMEROUN ». Panelistes : Pr ABANE ENGOLO Patrick, Inspecteur Général des Services au MINESUP Dr MBASSA NDINÉ, Maire de la ville de Douala Mr Eric Gervais NDO, Vice-président du Conseil Régional du Sud. Modérateur : Mr Jean-Jacques ZE. À travers les textes, le contexte et la mise en œuvre de la décentralisation dans notre pays, des échanges ont permis d’éclairer les zones d’ombres à la décentralisation avec pour objectif le développement local. Le premier invité, le Maire de Douala Dr Roger MBASSA NDINE, Dr en économie et auteur de plusieurs ouvrages, Expert en analyse des systèmes, a occupé les postes de Conseillé Technique et Inspecteur Général et de Secrétaire Général. Il a contribué à la rédaction du Document de Stratégie et de l’Emploi, la SND30. Il est à la tête de la Mairie de Douala depuis mars 2020, il est économiste de formation. La conférence avec lui porte sur l’élaboration des politiques d’attractivités. Autour de la même table, le Pr ABANE ENGOLO Patrick, Inspecteur Général des Services au MINESUP depuis le 17 juin 2022, où il est nommé à la suite d’un texte présidentiel du Président de la République Monsieur Paul Biya. Il est auteur et co-auteur de plusieurs ouvrages aux éditions de l’Harmatan. Notamment, les fondements du droit administratif camerounais, traité et droit administratif du Cameroun, théorie générale de droit administratif Cameroun, transformation contemporaine du droit public en Afrique, la fonction présidentielle au Cameroun, traité du contentieux administratif au Cameroun, l’exception en droit mélanges en l’honneur de Joseph OWONA, la décentralisation représentation, financement et évolutions récentes. Ce dernier ouvrage a été préfacé par le professeur LEKENE DONFACK. Pr ABANE est aussi membre du Conseil d’Administration de la NASLA. Ceci nous plonge au cœur de la décentralisation avec ceux qui maîtrisent les textes, le contexte et sur le terrain l’implémentation de la décentralisation.
a- L’ATTRACTIVITE DE LA DECENTRALISATION ET LES ENJEUX DU DEVELOPPEMENT LOCAL AU CAMEROUN Par : Pr. ABANE ENGOLO Patrick. Cette première conférence a débuté par une question qui a conduit à l’attractivité de la décentralisation et les enjeux du développement local au Cameroun. Pour le comprendre, nous avec commencé avec la présentation du Pr ABANE ENGOLO Patrick. Il a tenu remercier les organisateurs de ce salon qui va devenir une vitrine de notre décentralisation. Pr Patrick ABANE ENGOLO n’a pas omis de rappeler que la décentralisation occupe une place de choix dans notre organisation. La nôtre nous démarque des autres modèles. Il lui a été demandé de faire une présentation : 8 RAPPORT GENERAL – Salon des Acteurs Économiques et du Développement Local -SAEDEL i. Comprendre la décentralisation et les enjeux de développement au Cameroun. Pr ABANE ENGOLO P. D’entrée de jeu la question de base et matricielle, ce qui peut nous intéresser, est celle de savoir quel est le modèle d’administration pour l’Etat, quel est le modèle que l’Etat devrait avoir avec les approches contractuelistes. Les auteurs J.J. Rousseau, John Longhorbs ont essayé de construire des modèles politiques. Au-delà de ces modèles, il fallait un bras séculier qui allait mettre en œuvre la volonté politique et c’est comme cela qu’on a imaginé l’administration qui est souvent présentée comme le bras du politique en l’occurrence, le bras du pouvoir exécutif qui a un autre bras qui est d’avantage la tête et qu’on appelle le gouvernement. D’ailleurs un auteur, un doctrinaire célèbre chez les juristes et les politistes qu’on appelle Alexis de Tocqueville, il fait partie des pères fondateurs de la technique de la décentralisation, a fait un examen sur la démocratie en Amérique et dans cet ouvrage, il indique que le mode de gestion par lequel les populations sont associées semble être le plus efficace, n’oublions pas que depuis quelques temps, les sociétés modernes sont arrimées à l’exigence de performance. Ce qui veut dire que la décentralisation, du point de vue idéelle est inscrite à la quête de performance dans la gestion des sociétés. Le Cameroun est inscrit dans cette perspective depuis plusieurs décennies. Pour mémoire, lors de la période d’occupation de la France et de la Grande Bretagne au Cameroun, nous avions déjà l’«indirect rule » qui était déjà cette manière indirecte d’administrer en recourant à des autorités intermédiaires, notamment les notabilités les chefs traditionnels. C’est une technique qui veut que l’on mette les maillons entre les populations et la gestion centrale qui a existé au Cameroun avant les indépendances. Pr ABANE a saisi l’occasion pour nous replonger dans l’histoire du Cameroun Après les indépendances, en nous rappelant qu’il y a une loi très importante : la loi portant organisation communale. Elle a été publiée en 1974. Elle nous a permis d’annoncer ou d’amorcer une véritable décentralisation où l’on a entamé avec un mode électif parce que jusqu’alors, nous avions des maires qui étaient en même temps des gens désignés par l’Etat qui étaient même les administrateurs civils mais cela a progressé. Une autre date de référence, la loi de 1987 portant création des communautés urbaines. Elles existent toujours et leur physionomie avec la loi de 1974 est quasiment pareille, mais la communauté urbaine a légèrement changé avec l’adoption du mode électif pour la désignation de celui qui est à la tête de cette commune ou entité. Et enfin, les dates les plus récentes, c’est d’abord celle de 1996 à cause de notre loi constitutionnelle du 18 janvier qui a constitutionalisé la décentralisation jusqu’alors non-existante dans notre armature constitutionnelle. Cette loi va même consacrer tout un titre aux CTD et on va retrouver les morceaux d’attention pour les CTD dans d’autres dispositions, notamment lorsqu’on parle du Conseil Constitutionnel. La décentralisation occupe une place de choix dans notre ordonnancement constitutionnel et un peu plus tard, les lois de 2004 même si elles ont été abrogées. Les lois de 2007 avaient une orientation financière pour la décentralisation et in fine notre code général des CTD de 2019 va essayer de fédérer l’ensemble des textes qui concernaient, d’une part les régions, d’autre part les communes et à l’intérieur du texte des communes, les communautés urbaines. Relativement à la problématique que l’on pourrait avoir dans ce développement, c’est le regard à porter sur la décentralisation camerounaise. Dans la même lancée, le thème central de cette première édition du SAEDEL a continué à se développer autour de la Décentralisation et développement local au Cameroun : enjeux, défis et perspectives. Mais cette fois-ci, après le Pr ABANE, un échange intense nous a permis de faire la lumière sur les zones d’ombres relativement à la décentralisation et l’objectif du développement local avec un autre invité, Monsieur le Maire de la communauté urbaine de la ville de Douala. Dr Roger MBASSA NDINE, titulaire d’un doctorat en économie, auteur de plusieurs ar- RAPPORT GENERAL- Salon des Acteurs Économiques et du Développement Loca l-SAEDEL 9 ticles et publications scientifiques, il est connu comme un expert en analyse des simulations des dynamiques et systèmes. Il affiche un parcours particulier dans les ministères clés en charge des questions économiques et financières au Cameroun, parcours qui aurait été couronné par des postes de grandes importances à l’instar de Conseiller Technique et Inspecteur Général au Ministère de l’Économie de la Planification et de l’Aménagement du Territoire. Il a également été Secrétaire Général de ce même Ministère. Il a contribué à la réalisation du Plan du Développement du Cameroun dans le Document de Stratégie de Développement et de l’Emploi puis, la Stratégie de Développement 2020-2030 la SND30 pour lequel il était responsable de la qualité et de la conformité du document. Avec ce background, les responsables du SAEDEL l’ont invité à échanger sur l’élaboration des politiques d’attractivité en tant qu’opérateur du terrain. Mais avant de nous pencher sur ce thème, il faut donner un contenu pour comprendre la décentralisation. ii. Comprendre la décentralisation Pr ABANE ENGOLO. Comprendre la décentralisation, c’est appréhender cette technique qui consiste à consacrer les collectivités territoriales décentralisées CTD, mais aussi, les établissements publics qui ont une personnalité juridique et qui vont bénéficier des compétences pour administrer de manière autonome. Nous avons ainsi deux entités qui existent dans la décentralisation mais elles obéissent à la même idée c’est-à-dire, donner l’autonomie et permettre aux gens d’être responsables de leurs actes. Les CTD relèvent de ce qu’on appelle la décentralisation générale avec une compétence générale. Les Etablissements Publics relèvent de ce qu’on appelle le principe de spécialité parce qu’un établissement public a une vocation principielle. Ces collectivités ne se détachent pas de cette vocation qui leur est assignée par une loi ou par un décret. La décentralisation est donc une forme d’adaptation de l’État à la société. La décentralisation est aussi ce qui a été présenté comme inachevé parce que lorsqu’on regarde la décentralisation, elle demeure un long processus et lorsque l’on parle de processus, il s’agit d’une suite d’étapes et nous sommes dans une étape importante depuis 2019. Dans cette compréhension, nous allons intégrer deux choses : – Premièrement, la décentralisation est une autonomisation mesurée des périphéries et probablement qu’ensuite, il nous est imposé de voir en cela une responsabilisation recherchée et imposée pour les collectivités. L’autonomisation mesurée des périphéries renvoie à la déconcentration de la périphérie. Il ne s’agit pas seulement de la décentralisation parce que la déconcentration consiste à découper l’État en circonscriptions administratives et à faire nommer ceux qui vont les gérer soit des préfets, des sous-préfets et des gouverneurs. – Deuxièmement, la décentralisation opère différemment, nous sommes toujours dans les périphéries, mais les autorités ne sont pas toujours constituées par le même modèle, c’est pour cela qu’on parle d’autonomisation. Mais ici l’autonomisation va concerner la forme de l’État (l’État unitaire et les États fédéraux) même si l’on a tendance, souvent maladroitement, à affecter la décentralisation à l’État unitaire alors même que, la décentralisation se retrouve aussi dans les États fédérés. Le Cameroun étant passé sous une forme fédérale jusqu’à 1972, nous essayons autant que faire se peut, d’adapter les États aux exigences de la société. En 1991, le Cameroun était une tripartite où il y avait 2 partitions. Aujourd’hui encore, il y en a qui demandent que l’État du Cameroun revienne un État fédéral, alors même que l’un des problèmes de l’État fédéral dans lequel nous sommes passé, était la lenteur, donc les procédures. D’autres souhaitaient de maintenir un État unitaire et à cette occasion, il fallait choisir. On a donc choisi la décentralisation qui est consacré dans la Constitution comme un modèle à mi-chemin entre l’autonomisation (autonomisation ici ne renvoyant pas à l’Etat autonomie mais au principe même d’autonomisation des collectivités territo- 10 RAPPORT GENERAL – Salon des Acteurs Économiques et du Développement Local -SAEDEL riales décentralisées), parce que l’État autonomie est un état régional ou Etat provincial qui détient les morceaux de pouvoir législatif, parfois même les morceaux de pouvoir juridictionnel, parce que dans la décentralisation, on est concerné seulement par le pouvoir administratif. C’est donc l’option qui a été retenu au Cameroun. Il s’agit de conférer au CTD une personnalité juridique afin que ces CTD répondent de leurs actes. Il fallait les constituer selon ce principe d’autonomie. Ceci a imposé aux autorités politiques inscrits dans les textes de la décentralisation, la prise en compte des composantes sociologiques composites, que les autorités qui vont diriger ont besoin pour légitimer, notamment du mode de désignation mais également de ce que les populations devraient se reconnaître dans ces autorités. C’est ainsi qu’est née la notion d’autochtones avec les halogènes les natifs, ceux qui y ont vécu pendant de longues périodes et qui font partie de la composante sociologique de la localité et peuvent à juste titre être dans les listes pour être élus locaux. On a besoin de cette légitimité. Nous pouvons prendre comme exemple la région du littoral qui est fortement cosmopolite. Il y a des gens qui ne sont pas forcément des Sawa-s- ou autres autochtones qui peuvent présider à la destinée de ces localités en l’occurrence, les communautés urbaines ou simple communes d’arrondissements de Douala donc, ces autres personnes peuvent être comme des élus et signalons aussi que cette infra-sociologie des chefs traditionnels occupe une place importante dans notre processus de décentralisation. Ce sont les auxiliaires de l’administration parce que les chefs traditionnels sont les premiers remparts, consultés lorsque quelque chose se passe dans la localité. Ils sont des autorités reconnues de façon plus accentuée dans le Nord-Ouest et du Sud-Ouest « The House of chief », ils font partie des instances qui pilotent les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au niveau de la décentralisation. L’autonomie peu ici s’accompagner d’une adaptation de nos collectivités territoriales décentralisées. Nous allons l’apprécier en plusieurs paliers – le premier palier est celui de la commune, c’est la collectivité territoriale de base ou petite CTD. Ce sont les collectivités où il n’y a pas plusieurs tribus représentées. – Dans le deuxième palier nous avons les communautés urbaines à l’instar de Douala, ici, chaque communauté urbaine occupe une place stratégique, a son histoire qui l’a conduit à devenir une Communauté Urbaine, soit dans le domaine du l’histoire, soit dans le domaine politique ou économique – et le dernier palier est le plus haut et celui des régions depuis 2019. Lorsqu’on parle d’autonomisation mesurée, la mesure vient de la tutelle qui va encadrer les actions des CTD. Plusieurs disent que la tutelle et un problème à la décentralisation comme si on pouvait définir décentralisation sans tutelle. La tutelle est consubstantielle à la décentralisation parce que nous sommes en présence de l’autonomie. Nous ne sommes pas en présence de l’indépendance, il faut toujours protéger ou encadrer la légalité. C’est le rôle des tutelles. Nous aurons donc le Maire ou le Gouverneur selon que nous sommes en présence d’une communauté ou d’une région, qui vont être désigné comme des autorités de tutelle. Mais l’évolution singulière de 2019, a été de consacrer pour le cas camerounais, le décret préfectoral, ce qui fait que l’autorité de tutelle n’intervient plus de manière autoritaire. Le juge devient comme un rempart lorsqu’il y a une illégalité manifeste. L’autorité de tutelle doit saisir le juge administratif qui est désormais compétent parce qu’il jouit d’un pouvoir et une autorité neutre par rapport au Préfet ou au Sous-Préfet qui est souvent soupçonné de prendre parti pour l’Administration Centrale, et donc de galvauder la liberté qui est accordée aux collectivités territoriales décentralisées. L’encadrement ici a aussi un volet financier, parce qu’il y a un droit de regard sur le financement des collectivités territoriales décentralisées. Ce droit est accordé par les autorités de l’Administration Centrale de sorte même que l’un des problèmes de notre décentralisation, RAPPORT GENERAL- Salon des Acteurs Économiques et du Développement Loca l-SAEDEL 11 est celui de l’insuffisance des moyens. Heureusement, le Cameroun n’est pas seul. On pourrait dire que le problème de la décentralisation est souvent celui des moyens, le problème de la fragilité du budget des collectivités territoriales décentralisées. On pourrait d’autre part parler du volet de la responsabilisation recherchée pour les collectivités, dans ce cas, ce sont les élus qui sont interpellés, s’ils ne sont pas suffisamment outillés ou responsables, on manquera le match du développement local. C’est pour cela que la décentralisation apparaît comme une démocratie locale. Dans un autre sens, la démocratie injecte le principe de l’élection bien qu’avant, les délégués du gouvernement étaient désignés par décret du Président de la République et c’est un décret qui s’est avéré illégal. Ceci constituait un problème parce qu’on s’attendait à ce que toutes les autorités soient élues, ce qui a été corrigé et a obligé notre code de la décentralisation à faire élire tous les Maires des villes. Ceci interpelle également la consécration du transfert des compétences et pour cela, il faut que la dotation de la décentralisation soit substantielle. On avait prévu un minimum de 15 % et nous avons de la peine au Cameroun atteindre les 15%. Les autorités des collectivités territoriales sont mal à l’aise par conséquent pour contribuer au développement. Il y a également la qualité des compétences qui sont transférées qui est à déplorer. Un autre élément, imaginer une collectivité territoriale qui a sous son sol des mines, de l’or, le diamant ou même l’essence et que tout cela appartienne à la collectivité et imaginer une collectivité qui n’en n’a pas, on aurait eu une décentralisation à des vitesses diverses au Cameroun. C’est pour cela que certains domaines continuent à demeurer de la souveraine administration de l’État. Il y a également la participation des collectivités à la gestion de l’État à ce sujet, l’exécutif peut saisir le gouvernement pour sortir un projet de loi porterait atteinte aux Collectivités Territoriales Décentralisées. Tout comme il y a cette deuxième chambre, le Sénat, qui est le réceptacle des Collectivités Territoriales Décentralisées parce qu’il les représente. De la présentation qui a été faite, on dit qu’il revient aux élus locaux de faire le développement de Kribi au regard de ses bénéfices, la mer, le soleil, du poisson et la chaleur ; ailleurs tout cela enrichit un pays et on met ces éléments à la dimension d’une Collectivités Territoriales Décentralisées. En ce qui concerne Douala, il a comme richesse son caractère cosmopolite, sa situation géographique et c’est la métropole économique du Cameroun, ceci démontre qu’il y a de multiples poches pour faire décoller une ville, pour participer au développement local par la décentralisation. Comme on le disait cela représente un bon mode de développement local pour répondre à la question de départ portant sur, quel est le meilleur mode d’administration locale nous pensons que la décentralisation est un bon moyen de développement local et la décentralisation permet de répondre à cette question. iii. Echanges avec Pr ABANE ENGOLO. Monsieur Jean Jacques ZE, modérateur de la conférence est revenu quelque peu sur la présentation du Professeur ABANE ENGOLO qu’il a tenu à remercier et est revenu sur Certains éléments évoqués, qui allaient permettre de passer la parole au Docteur MBASSA NDINE Maire de la ville de Douala. Monsieur Jean-Jacques ZE. La décentralisation reste une autonomisation mesurée, que la tutelle contrôle certains domaines, qu’il y a même un encadrement, que resterait-il donc aux collectivités territoriales décentralisées ? » Pr ABANE ENGOLO. Il reste la gestion de sa nature. Chaque collectivité territoriale décentralisée a ses richesses. À Abong Mbang par exemple, il y a la forêt, il y a le bois, il y a la richesse des terres, il y a les richesses qui viennent de la nature dont ne dispose pas le Sud. Tout dépend également de l’ingénierie des Maires et des personnels qui sont en charge de la gestion des collectivités territoriales décentralisées. Il revient donc aux populations des collectivités de savoir choisir les personnels ou les personnes qui seront en charge de la gestion et de la destinée des populations et le développement de leur localité. Pour cela nous avons suivi la présentation, par le modérateur, du Maire de la commune ville de Douala qui a un bon CV ; mais il ne faut pas oublier que l’encadrement des établissements du secondaire a été confié aux communautés des régions et tandis que l’enseignement primaire a été confié aux départements. De même que la définition des programmes, il ne faut pas oublier qu’il y a ainsi de nombreuses poches que devraient exploiter les CTD pour se développer. Rien n’interdit à un Maire d’instituer le transport urbain pour les populations, que ce soit pour les élèves qui se rendent dans leur école. Cela facilite la vie des populations, cela génère également des revenus, il suffit donc pour ces mairies et personnels d’être imaginatifs. Mr Jean Jacques ZE. Est-ce que vous ne retirez pas tout aux CTD en leur donnant l’administratif mais en leur demandant de ne pas toucher au sous-sol, aux mines ? Pr ABANE ENGOLO. Imaginez-vous une collectivité qui a du diamant et une autre qui n’en n’a pas, on demande donc à chaque collectivité d’exploiter ce qui est dans sa localité, vous verrez que le développement se fera à double vitesse. C’est pour cela que le FEICOM intervient pour effectuer cette péréquation, pour essayer de faire un équilibre dans le développement. Aujourd’hui, Kribi abrite le SAEDEL pour lequel nous sommes conviés et de par sa position de ville balnéaire, le Maire peut instituer, si cela n’est déjà pas le cas, les activités de ce genre de façon mensuel. Nous savons qu’il y a déjà les activités qui ont rapport avec la culture avec l’eau avec la mer. Aujourd’hui, le salon qui se tient est à sa première édition, le Maire de la commune de Kribi peut tout aussi se dire, nous allons continuer à développer ce genre d’activités et ce serait une activité porteuse au niveau financier de même que pour le bien-être des populations. Mais il faut faire attention, il ne faut pas penser que l’autonomie est assimilée à l’indépendance, au laisser aller, cela entrainerait des revendications très très profondes. L’autonomie ici nous permet d’appliquer le principe de complémentarité et le transfert de compétences concerne certains cadres. L’autonomie est une réalité au Cameroun qui cependant peut être perturbé. Les maires ne comprennent certainement pas cette perturbation. Ils estiment qu’on leur a donné la chèvre et qu’on a retiré la corde. Toutefois, les maires se débrouillent très bien. Il y a le transport urbain, il y a les marchés qui se construisent, il y a la police municipale. La décentralisation, Mr le modérateur est un processus et lorsqu’on parle de processus, il y a les étapes de décentralisation et ses étapes ne seront évaluées que lorsque la décentralisation sera achevée. Et il faut être un devin pour donner la date à laquelle la décentralisation sera achevée. Même les grands pays comme les États-Unis, la France se plaignent que les ressources allouées à la décentralisation sont insuffisantes. Est-ce que les ressources ont jamais été suffisantes ? C’est un vieux débat. Monsieur Jean-Jacques ZE : Nous allons donner la parole à Monsieur le Maire de Douala qui va nous parler de l’élaboration des politiques d’attractivité dans la ville de Douala.
ÉLABORATION DES POLITIQUES D›ATTRACTIVITÉ DANS LA VILLE DE DOUALA. Par : Dr MBASSA NDINE Lorsqu’on mettait sur pied le document de Stratégie de l’Emploi, on parlait déjà de décentralisation mais à ce niveau, nous étions encore au début de ce processus. La SND30, c’est le pari de la mise en œuvre de la décentralisation qui ambitionne un taux de croissance de 8%. Le DSCE ambitionnait quant à lui une croissance de moins de 5%. La SND30 est l’occasion donnée pour multiplier les activités, créer des emplois, c’est pour cette raison que la décentralisation a tout son sens ici. Ce sont là les éléments de contexte. Après ces éléments de contexte nous nous sommes appesantit sur la ville de Douala pour laquelle le thème a été développé sur les éléments de politique d’attractivité afin de transformer Douala en une métropole économique régionale moderne d’avenir. La vision a été basée sur le fait que Douala est une ville historique avec une modernisation continue. Cette vision a été bâtie sur 4 piliers : – Le premier pilier porte sur Douala ville industrielle, Il s’agit de l’attractivité et de la compétitivité qui se fonde sur la stratégie nationale de développement 2030. Douala est dans une optique d’industrialisation que ce soit dans les finances ou dans tout ce qui se fait pour la création de valeur ajoutée à la création d’emplois. Parler de la création de chaîne de valeur cela veut dire que le Maire travaille pour rendre la ville de Douala plus attractive, plus compétitive en multipliant les opportunités d’investir à Douala. L’une des principales choses que l’on fait à Douala, c’est de maîtriser le foncier, sans maîtriser le foncier, il est difficile d’investir et de maîtriser le développement urbain. L’attractivité est aussi le climat général que l’on essaie d’instaurer. Le volet fiscalité doit aussi être discuté, si l’on veut implémenter attractivité et compétitivité. La Mairie a eu un dialogue politique avec les entreprises surtout, après la pandémie du covid-19 pour leur demander ce qu’elles proposent comme solution pour sortir de la situation désastreuse causée par cette pandémie. Les entreprises sont restées positives face à cette situation. Elles avaient des plans pour de nouveaux investissements ce qui prouve que la ville est en train de gagner le pari de l’attractivité. C’est cette bataille qui est en ligne directe les objectifs de la SND30 et qui permet de dire que nous sommes en ligne droite pour bâtir l’attractivité et faire de la ville de Douala, une ville industrielle attractive et compétitive. – Le deuxième pilier est de faire de Douala une ville inclusive. Il y a beaucoup d’écarts dans la ville de Douala, dans l’habitat et dans les revenus, mais il faut que tous ceux qui habitent Douala, qu’ils soient natifs ou pas, se sentent inclus dans cette vision, qu’ils prennent part à l’évolution de la ville de Douala. Il faut travailler sur l’habitat et sur un certain nombre de choses pour faciliter la vie des citoyens. Il faut travailler à améliorer les zones dans lesquels le foncier est encore accessible où la ville va s’étendre, travailler sur l’habitat, travailler sur le transport pour améliorer les conditions de vie des populations. Cette inclusion est importante, il faut embarquer tout le monde, la voie du développement veut qu’on ne laisse personne sur le bord du chemin. C’est un pari qui n’est pas gagné mais, la Mairie y travaille en tant qu’exécutif pour le gagner. – Le troisième pilier de cette stratégie porte sur Douala ville durable et résiliente. Douala fait face aux défis environnementaux importants de pollution de toutes sortes que ce soit sonores, des décharges que les entreprises industrielles déversent etc. Par ailleurs Douala est une ville d’eau, avec des épisodes climatiques avec de grands crues des pluies par conséquent des inondations et parfois des épisodes plus violentes de chaleur, … Comment combattre cela, pour les pluies, il faut construire les drains. Douala a un besoin de 250 km de drains. Pour le moment, il n’y en a que 40 à 45 km qui sont construits. Le jour où Douala atteindra les 100 km, la moitié du problème sera déjà résolu. Il ne faut pas se tromper, les drains coûtent excessivement chers, nous ne prétendons pas que nous avons des moyens pour cela, mais nous y travaillons. Par ailleurs, la ligne de côte avance vers la terre et nous devons travailler pour cela également. Nous avons aussi un programme de préservation de la mangrove parce qu’elle est en train de disparaître. Le bois de la mangrove qui est très prisé malheureusement, quand on le coupe, on favorise la disparition de la mangrove voire, l’avancement de la mer vers la terre, et cela favorise les inondations. – Le quatrième pilier est Douala ville historique à modernisation continue. L’on peut également parler de Douala comme la ville des arts et de la Culture. Parce qu’une ville doit avoir un substrat coutumier sur lequel il repose. Une ville doit être un lieu de vivre ensemble, une ville cosmopolite dans laquelle on retrouve la culture nationale particulièrement et la culture importée. Nous intégrons les cultures qui sont venus de tous les coins du pays et même les cultures qui sont venus d’ailleurs. Ce qui confère 14 RAPPORT GENERAL – Salon des Acteurs Économiques et du Développement Local -SAEDEL à Douala une culture qui n’est pas unicolore mais, multicolore. C’est pour cela que les communes animent au moins une dizaine de festivals par an. Bien évidemment toutes ces stratégies s’inscrivent dans le long terme et même dans le très long terme. En tant que Maire, je dois définir les orientations stratégiques pour le mandat qui est le mien, parce qu’un Maire doit présenter un bilan, c’est la différence avec le Gouverneur. Donc en tant que Maire je dois travailler à court terme et sur la vision malgré le covid-19 qui a sévit pendant 2 ans. Au bout de 7 ans du mandat du Maire, on ne va pas s’appesantir sur la pandémie, on va tout simplement se demander ce que le Maire a fait pendant les 7 ans de son mandat, c’est pour cela que nous travaillons sur le plan de développement et sur la stratégie de la mise en œuvre de ce plan de développement. L’une de nos priorités concerne les voiries. Les populations ont besoin de circuler pour rentrer chez eux sans casser leur voiture, nous travaillons à cela et comme nous n’avons pas suffisamment de moyens pour réaliser tous nos projets, nous voulons faire un travail en régie et nous sommes allés emprunter auprès des banques un montant de 7 milliards de francs CFA pour réaliser ce projet. Nous devons entretenir la voirie existante, que ce soit les routes goudronnées ou les routes en terre. Il faut que les routes en terre soient carrossables. Nous avons priorisé nos plus grands besoins : – Notre première priorité est la voirie. – La seconde priorité, c’est l’éclairage public. Nous avons affiché cette ambition dès le début de notre mandat pour toute la ville de Douala afin qu’elle soit entièrement éclairée. Tous ceux qui habitent Douala peuvent confirmer que l’éclairage public s’est considérablement amélioré depuis 2 ans. Nous sommes encore loin du compte. Il faut l’avouer l’éclairage public est d’abord une question de sécurité parce qu’une route éclairée protège des agressions. Nous voulons éclairer toutes les routes y compris les routes en terre. Nous avons commencé à pratiquer le tirage par les photos voltaïques. – La troisième priorité est l’assainissement. Comment est-ce que Douala peut être assainie, faire à ce que les pots de vidange soient versés là où il faut ? Il s’agit d’entretenir les drains, les caniveaux et les voiries afin que Douala présente un meilleur visage. Nous avons trois sites pour entretien les déchets, l’un d’entre eux est fonctionnel avec un financement de la Banque Mondiale, le projet est assez avancé. – La quatrième priorité est la mobilité urbaine. Il y a plusieurs projets phares qui ont été annoncés par la presse : le projet de BRT, une sorte de métro bus qui circulera sur une voix dédiée, mais pas Souterraine, c’est un projet de 28.5 km. Pour ce projet nous avons déjà un appui de la Banque Mondiale d’un montant de 260 milliards. Il nous reste à réussir le pari de poser la première pierre en 2023. Au-delà du BRT, il y a également le projet tramway sur une distance de 18.5 km. Mais, c’est un projet qui est plus en retrait par rapport au projet du BRT. Donc, il nous est encore difficile de l’amener à maturité comme celui du BRT. Il y a également d’autres projets pour lesquelles nous avons à proposer en l’occurrence, celui du téléphérique sur une ligne de 10 km qui avait été identifiée, pour le moment, nous l’avons mis de côté parce que nous n’avons pas de ressources humaines pour réaliser en même temps les projets de BRT, tramway et périphérique. Nous avons encore moins les ressources financières pour tenir les trois projets en même temps. – La cinquième priorité porte sur la lutte contre la vie chère. Dans le cadre de la SND30 nous avons approché MINEPAT pour mettre sur pied un projet pour la démarcation de la ville de Douala. Ce projet regroupe les 34 communes de la ville de Douala, et d’autres communes à l’exemple de la commune de Foumban, qui alimente beaucoup Douala en produits tels que les tomates et autres légumes. Une première réunion s’est tenue au MINEPAT qui nous soutient dans ce projet, et qui peut avoir une forte influence dans le développement de la ville, en consommant plus le made in Cameroon, quand RAPPORT GENERAL- Salon des Acteurs Économiques et du Développement Loca l-SAEDEL 15 nous savons que les Camerounais consomment beaucoup de riz et d’autres produits importés. Dans ce programme de lutte contre la vie chère, nous avons également le programme de modernisation les équipements publics marchands, marché central, marché de Bonamoussadi, marché des palmiers, ce sont des vieux marchés mais qui ont beaucoup de problèmes. Il faut les moderniser pour que les populations puissent s’y approvisionner en des produits du terroir à des prix raisonnables. – La priorité numéro 6 est la gestion des déchets, il est question de développer l’économie circulaire, on parle à cet effet de station de traitement des déchets dont l’une a déjà un financement, celui de Ngombè pour le tri et la revalorisation des déchets. Nous voulons apprendre aux populations à faire la différence au niveau des déchets. Les déchets plastiques ne doivent pas être mélangés avec les déchets ménagers tels que les légumes, les tubercules etc. – La 7ème priorité est de faire de Douala une ville verte. Nous voulons également faire de Douala une ville sociale, exemple réussir à gérer le problème de malades mentaux. Nous sommes allés dans la ville de Yaoundé pour apprendre cette pratique, savoir comment sont traités les problèmes de malades mentaux qui se promènent partout dans la ville parfois en tenue d’Adam. Nous avons eu la visite de la CAF l’hôtel devant lequel habitait la délégation, de la fenêtre l’on a aperçu un fou. La situation a été gérée comme l’on a pu en l’en éloignant. Il faut trouver une façon plus humaine de gérer ce genre de cas. A Yaoundé nous avons bénéficié des bons conseils. – La priorité numéro 9 est l’habitat, – Le numéro 10 est le numérique, et nous avons déjà pris l’attache avec le Ministère de la Communication. Nous leur avons annoncé notre adhésion pour les villes en matière de numérique. Le Ministère de la Communication nous a désigné un point Focal avec lequel nous allons travailler. Nous sommes en train de réfléchir et nous avons tout un document qui fait état d’un pack technologique pour Douala. C’est une ambition de faire de Douala une ville technologique une ville numérique. Toutes ces choses sont mises au service du développement local et bien sûr national parce que Douala qui est la ville économique doit bien assurer son rôle de locomotive de l’économie nationale et nous allons certainement y arriver. Le modérateur à remercier Mr le Maire pour cette vision, puis s’en est suivi une salve d’applaudissements. i. Echanges avec Mr le Maire de Douala. Mr Jean-Jacques ZE : Lorsque nous parcourons tous ces piliers et toutes ces priorités dit le modérateur, nous constatons que toute la ville de Douala est pratiquement à refaire. Il faut qu’elle devienne une ville industrielle qu’elle soit compétitive, attractive, qu’elle soit une ville inclusive, qu’elle soit une ville verte, qu’elle soit une ville des Arts et de la Culture, qu’elle soit une ville durable et résiliente, mais que de projets, est-ce que Douala serait une ville à refaire complètement ? Monsieur le Maire : Nous allons le faire. Il n’est pas question que le Maire actuel seul réalise tous ces projets mais, il faut bien commencer et les prochains Maires vont continuer ce travail. Nous devions fixer le cap, c’est le plus important. Il y a des choses qui sont des priorités tel que le transport de masse, lorsque nous aurons commencé, les autres ne pourront que continuer. Il y a 80 000 motos taxi à Douala, c’est infernal, et il faut offrir aux populations un mode de transport plus sécurisé. Il faut donc mettre sur pied ces projets qui vont se réaliser sur le long terme. Bien évidemment, nous ne partons pas de zéro, nous avons trouvé un travail qui a été fait, mais maintenant nous devons mettre ce travail plus en cohérence avec la SND30 et fixer un cap qui va permettre qu’à l’avenir, la ville de Douala soit la locomotive de l’économie nationale avec pour ambition de donner aux populations un meilleur cadre de vie. Le modérateur est revenu l’un des projets qui, à l’époque devait faire de Douala une ville attractive : le projet du Sawa Beach, mais qui n’a pas pu se réaliser à cause des moyens. Est-ce que les moyens ne seraient pas aujourd’hui encore un problème pour les projets actuels ? Mr le Maire : Toutes les mairies connaissent le même problème. Le maire de Paris connaît les mêmes problèmes, l’Etat transfère les compétences, mais pas les ressources financières, c’est un problème à gérer avec ceux dont nous disposons, du moins, de commencer à gérer avec les moyens dont nous disposons actuellement. L’État doit nous allouer 15 %, ce n’est pas déjà évident mais la ville de Douala a la chance d’être une ville industrielle avec beaucoup d’entreprises importantes. Donc en dehors des ressources de l’État, nous mettons en activité notre génie pour trouver d’autres ressources. Nous allons également sur le marché financier sous régional de la BEAC qui a marqué un accord pour que la commune s’en aille emprunter une somme de 10 milliards, c’est ainsi que nous allons nous développer. Nous n’attendons pas que l’État nous donne tout parce qu’il a également d’autres villes qui n’ont pas les mêmes opportunités et atouts que la ville de Douala. Donc si Douala peux aller emprunter au niveau international, au niveau de la Banque Mondiale et avoir 260 milliards (ce n’est pas l’État qui va nous les donner mais l’État est en train de nous aider à les avoir, mais cet emprunt sera remboursé par la mairie de Douala). Si nous pouvons aller au niveau de la Banque des États de l’Afrique Centrale, pourquoi nous en priver pour n’attendre que de l’État. Suite à ces éclaircissements, le modérateur a passé la parole au professeur ABANE pour s’enquérir si ce sont les Maires qui doivent aller à la recherche des ressources ? Pr ABANE ENGOLO : Il serait difficile que dans les États en développement, l’Etat puisse tout faire comme ce qui se passe dans l’Hexagone. Dans nos pays en développement, les Maires des communes doivent être imaginatifs. C’est un avantage pour nos textes qui ont ouvert des poches ou des opportunités pour capter les différentes ressources, parce qu’en dehors de l’activation générale de la décentralisation qui reste centrale et est adossée à ce minimum de 15 %, il y a aussi la fiscalité locale et le dynamisme de chaque collectivité locale. Cependant pour être dynamique, il faut être compétent et pour cela, il faut être bien formé et vous avez bien dit qu’il y a une école qui a été ouverte pour cela. Nous parlons là de la NASLA, qui a été créé à Buea, pour doter les collectivités de personnels bien formés. La NASLA est spécialisée dans plusieurs domaines. Nous avons là une sorte d’espoir pour ce qui se passe dans la ville de Douala et qui se passe également ailleurs. D’ailleurs, ces échanges qui se passent entre Collectivités Territoriales Décentralisées participent des partages d’expériences et pourraient aider certaines collectivités à émerger. Mr Jean-Jacques ZE : Nous allons donc prendre une expérience avec le Vice-Président du Conseil Régional du Sud qui est certainement heureux de voir un acteur, c’est à dire ceux qui lisent les textes et les contextes dans le domaine de la décentralisation. Monsieur le vice-président du conseil du Sud, votre intervention porte sur l’ancrage pratique, le rôle des acteurs et la mise en œuvre de la décentralisation et du développement local. Est-ce que rechercher le rôle des acteurs est fondamental aujourd’hui ?ANCRAGE PRATIQUE, LE RÔLE DES ACTEURS ET LA MISE EN ŒUVRE DE LA DÉCENTRALISATION ET DU DÉVELOPPEMENT LOCAL Par : Mr Eric Gervais NDO, Vice-président du Conseil Régional du Sud. Mr le Vice-président du Conseil Régional du Sud. Nous nous réjouissons de la qualité du panel composé de Monsieur le Maire de la ville de Douala et du Pr ABANÉ ENGOLO Patrick, je n’aurais plus grand chose à dire parce que le Pr a la maitrise en matière du droit de la décentralisation. Je complimente les premiers conférenciers intervenus au niveau de la Stratégie Nationale de Développement et au niveau de la mise en œuvre de la décentralisation RAPPORT GENERAL- Salon des Acteurs Économiques et du Développement Loca l-SAEDEL 17 dans le pays. Mon rôle dans cet atelier qui est de dire si toutes les théories dont a annoncé le Pr étaient vraies, est-ce que c’est sûr que nous voulons aller vers la décentralisation ? La décentralisation n’est pas un événement mais un processus, elle se veut donc progressive et comme telle, la décentralisation est un processus qui constitue à transférer le pouvoir – quand on parle de pouvoir cela devient quelque chose de sérieux certains disent même que le pouvoir c’est quelque chose de dangereux qui se trame – La décentralisation suppose donc qu’on transfère le pouvoir du niveau central vers les échelons décentralisés ce n’est pas une petite opération parce qu’elle demande patience et méthode. C’est pour cela que cela reste, cela a toujours été et cela restera un processus. Nous devons nous y convertir tous. Le fait qu’un fonctionnaire au niveau central accepte d’aller dans une localité périphérique, a permis que tout le monde comprenne bien l’enjeu de la décentralisation. Nous devons comprendre que les ressources dont nous parlions plus haut ne sont pas seulement les ressources humaines de la commune ou de la communauté, c’est l’ensemble des populations, la décentralisation est la participation. La décentralisation au Cameroun a un contenu depuis la loi de 1996. Nous avons constitutionnalisé le concept et nous lui ai donné force et vigueur ainsi, elle était inscrite sur du marbre, mais il a fallu attendre 2004 qui est une année forte pour la mise en place de la décentralisation avec les 3 lois dites les lois sur la décentralisation : – la loi d’orientation qui fixaient les grands principes qui se faisaient lors de la vision du Président de la République tel que fixé dans son programme de société,- la loi fixant les règles applicables aux communes pour l’échelon de base de la décentralisation et – la loi fixant les règles applicables aux régions. Après cela, commence le processus de décentralisation progressif. Il y a un calendrier qui a été fixé, suivi par le Conseil National de la Décentralisation. Le Conseil Interministériel des Services Locaux et d’autres cadres se sont avérés indispensables dans la mise en œuvre de ce processus. Ainsi vit le jour le Comité National des Finances Locales, la question financière devenant une véritable contrainte, mais aussi on a encouragé les élus locaux à se mettre ensemble dans le sens de défendre les intérêts à constituer une espèce de caisse de résonance, de tout ce qui se passe à la base pour servir d’aiguillon au processus. Les CVUC vont naitre à l’issue d’un processus de deux tendances qui s’étaient mises en place. La vertu de cette association étant qu’elle regroupe toutes les sensibilités politiques au Cameroun, toutes les communes, quel que soit leurs couleurs pourvu qu’elles aient des Conseillers Municipaux à travers le pays et le RDPC partie majoritaire effectivement. Le processus est donc devenu dynamique avec toutes ces opérations qui permettent de faire vivre ces affaires et donc les trois lois à la base, ont fermenté à l’aune des préoccupations qui étaient les 3 grands principes qui devaient encadrer la décentralisation à savoir : – Le principe de complémentarité, – De proximité et, – De subsidiarité, auquel s’est ajouté le principe de concomitance parce qu’on s’est rendu compte que le mouvement de transfert des compétences, s’accompagne du transfert des ressources. Lorsqu’on parle de ressources ce sont toutes les ressources parce qu’il y a un jeu à préciser entre la décentralisation et la déconcentration, c’est un vaste chantier sur lequel il faut que nos autorités se penchent. Donc 1996 est l’année de la mise en place de la constitution, 2004 celle des trois lois de la décentralisation sont mises en place, puis le processus de transfert se met également en œuvre à la faveur de l’ensemble des évolutions que vous avez connu. Nous arriverons au Grand Dialogue National parce que les choses n’allaient pas au rythme souhaité. Le Chef de l’État a donc propulsé ce Grand Dialogue National pour qu’à l’issue des résultats, une décision soit prise et c’est alors qu’il a été décidé d’accélérer le processus de décentralisation. D’où l’avènement de la loi de 2019 portant code général des Collectivités Territoriales Décentralisées, qui de façon schématique, reprend le code des trois lois dites de la décentralisation et s’enrichit du statut des élus, du régime financier des Collectivités Territoriales Décentralisées, donc un bloc de règles continu dans un seul et même document. La question était, est-ce une vue de l’esprit, est-ce de la supercherie politique, le Vice-président du Conseil National de la Région du Sud répondra que le processus est en marche. i. Echanges avec le modérateur. Le modérateur : Comment réceptionnons-nous donc ces affaires dans la Région du Sud? Le Vice-président du Conseil National de la Région du Sud : La décentralisation pouvant être désignée par l’autre expression qui est la participation, le Conseil National du Sud a pensé qu’il fallait convoquer les forces vives du Sud et cela s’est passé dans la ville de Kribi. Il a été mis sur pied un comité scientifique, constitué du professeur ABANE ENGOLO. Il a prononcé la leçon inaugurale qui mettait en perspective la régionalisation au regard de la SND30, qui est la boussole des régions, qui se trouvent entre l’État et les communes à la base pour que chacun n’aille dans le champ de l’autre et que chacun joue son rôle. Au terme de tout cela, voici ce qu’il en est ressorti : Urgence de la mise en place d’un programme de mise à niveau de la Région qui devait permettre de mieux adresser toute la question de développement sur les 6 domaines transférés – économique, social, éducatif, sanitaire, interculturel et sportif – et tout ce qui a trait au financement, au partenariat, à la diaspora, et tout ce qui devait venir corriger ce que nous avions à faire. En rapport avec notre mandat, nous avons pensé pour la Région du Sud qu’il fallait un programme transitoire de mise à niveau, qui va puiser à la source de notre Région, c’est-à-dire une Région de solidarité, d’avenir et de bonheur partagé. Où fallait-il donc aller ? Nous avons pensé que nous sommes au niveau de la quatrième révolution industrielle qui repose sur le numérique, il fallait donc passer par un programme : « environnement territoire intelligent ». Il faut aussi remarquer qu›on ne peut pas travailler dans un programme tel que la Stratégie Nationale de Développement de l›année 2030, sans énergie ou un déficit d’énergie et le constat est qu’il faut y travailler. Nous pensons que le programme État-Région va nous permettre de mieux adresser cette question à travers les nombreux acteurs qui travaillent avec l’Etat dans ce domaine. La vérité est que nous avons des atouts, nous avons un littoral venté sur lequel on peut mettre les éoliennes, nous avons le soleil, nous avons la biomasse parce que nous avons beaucoup de déchets. Il y a toutes ces ressources alternatives auxquelles nous pouvons faire recours. Toutefois et fondamentalement, il faudra que dans le cadre d’un contrat Etat-Région, l’État indique la quantité d’énergie qu’il nous concède étant donné que nous sommes une grande Région de production de l’énergie. C’est une politique que nous devons engager, car vous savez que nous avons Mekin, Memve’ ele, nous avons également Kribi ou l’énergie est produite et vous voyez également comment cette énergie va dans le Cameroun tout entier. Nous pouvons nous permettre de réclamer un droit de sol, donc une démarche politique. Deuxième volet après l’énergie, c’est le numérique. Nous sommes dans la quatrième révolution industrielle, on parle de plus en plus du numérique, du Bitcoin et tout ce qui va avec, nous devons nous approprier tout cela à partir de cet instant. Sur une étude qui a été réalisée sur environ 121 pays, le Cameroun trônait à la 113ème place. Cela veut dire que nous sommes encore à l’âge de la pierre. Tous les indicateurs étant non pertinents. Le modérateur : A l’état actuel des choses, quel est le diagnostic au Sud ? Le Vice-président du Conseil National de la Région du Sud : Nous avons Kribi où atterri le câble qui vient de Fortaleza au Brésil, nous avons quelques autoroutes du numérique avec la fibre optique, nous pensons que l’on peut compléter cette offre avec les faisceaux hertziens et réaliser le maillage numérique territorial. Parce que nous avons départementalisé les pôles de développement dans la Région du Sud, qui prendra appui sur le pôle du développement de l’intelligence numérique dans le Dja et Lobo avec l’Université Inter-État à vocation numérique des sciences fondamentales. Troisièmement, il y a la question du foncier. Nous ne pouvons pas passer au développement si la question foncière n’est pas bien réglée. Quatrième point l’environnement, on parle toujours du développement en disant qu’il faut que les animaux et les arbres survivent, mais il faut également penser à nous-même parce que le développement doit aussi être endogène et intégral. Le Cinquième Élément est la route. Nous pensons que nous devons trouver des éléments au niveau du Code Général de la Décentralisation pour adresser cette question. Nous pouvons anticiper sur les points critiques et rendre toutes nos routes circulables en toutes saisons en attendant que les grands projets étatiques viennent enfin les bitumer. C’est cela notre programme transitoire de mise à niveau de la Région qui a pour perspective de réaliser une région d’avenir de solidarité et de bonheur partagé.
2ÈME RENCONTRE ÉCONOMIQUE
THÈME : LA TRANSFORMATION DU BOIS COMME FACTEUR DU DÉVELOPPEMENT LOCAL. Intervenant : Pr Landry NGONO TSIMI, Maitre de conférences en Droit Public, CT1 au Ministère de la Faune et de la Forêt. Modérateur : Mr Jean-Jacques ZE. Lorsque sont abordées les questions de financement des CTD, les potentiels ressources proviennent de l’exploitation forestière. Mais cette question engage plusieurs volets dont celui de la transformation locale du bois souvent revendiqué par les municipalités, par des citoyens partenaires. Mais tout ceci est encadré par des pouvoirs publics, codifié à travers les textes et lois de la République, puis institué. Le SAEDEL nous permet d’avoir les réponses clés sur la transformation du bois comme facteur du développement local. A l’entame de cette conférence, toute la gratitude a été adressée au Ministre Jules Doré NDONGO, Ministre de la Foret et de la Faune MINFOF, pour toute sa disponibilité dans la préparation de cette édition du SAEDEL et pour le thème évoqué. A Kribi, le SAEDEL a été bien accueilli par le Délégué Départemental de la Faune et de la Forêt de l’Océan, qui a été salué pour l’accueil réservé au staff du Salon à Kribi. Après les civilités, le modérateur a introduit le Pr Landry NGONO TSIMI, Maitre de conférence en Droit Public, CT1 au Ministère de la Faune et de la Forêt, il a été responsable au Ministère de CTD, auteur de plusieurs publications, il a conduit plusieurs thèses dans le domaine de la décentralisation. Après cette brève et non moins riche biographie, le modérateur a engagé l’échange par une question en droite ligne avec le thème du jour. Pourquoi écrivez-nous beaucoup sur la décentralisation ? i. Echanges avec Pr Landry NGONO TSIMI, Maitre de conférences en Droit Public, CT1 au Ministère de la Faune et de la Forêt. Mr Jean-Jacques ZE : La décentralisation est-elle effective au Cameroun ? Pr Landry NGONO TSIMI : Oui, la décentralisation est effective au Cameroun depuis 1996, avec la nouvelle constitution et tout ce qui a été évoqué par les précédents conférenciers. Mr Jean-Jacques ZE : Est ce qu’il n’y a pas un fossé entre ce que les textes prévoient et ce que l’on voit sur le terrain ? Pr Landry NGONO TSIMI : Il y aura toujours un fossé parce que les premiers transferts de compétences commencent en 2010, Donc, il y 12 ans seulement de transfert de compétences et de ressources, il y a encore beaucoup de choses à faire. Il y a des communes qui ne se rendent pas encore compte que l’Etat leur a transféré un certain pouvoir. Il faut donc les exercer et savoir comment bien les exercer. Mr Jean-Jacques ZE : Mr le CT1 vous dites la décentralisation est en marche. Nous allons convoquer votre casque de CT1 au Ministère de la faune et de la forêt pour parler du financement des CTD avec comme point d’encrage, la transformation du bois et son impact dans le développement des CTD. La transformation du bois actuel participe-t-elle significativement à RAPPORT GENERAL- Salon des Acteurs Économiques et du Développement Loca l-SAEDEL 21 l’augmentation de la richesse naturelle ? Pr Landry NGONO TSIMI : L’intervention du ministère à ce sujet porte sur 2 points d’hypothèses : – Malheureusement la transformation actuelle ne semble n’être qu’un simple appendice au développement national, mais sur un 2ème point, une transformation plus poussée participerait d’avantage au développement national. – La transformation actuelle du bois participe de façon significative au développement national. La forêt camerounaise, représente 22,5 millions d’hectares dont 17.5 millions exploitables avec 350 essences. L’exploitation forestière cible une soixantaine d’essences. Environs 2.5 millions de mètres cubes en moyenne de bois légal s’écoulent actuellement sur le marché local et international ce qui représente 30 % de la capacité de transformation de bois national. Mr Jean-Jacques ZE : Quelle pourrait donc être l’état des lieux de la transformation actuelle de notre bois ? Pr Landry NGONO TSIMI : Cet état des lieux s’évalue avec l’arrêt de l’exportation de bois en grumes à l’échéance du 1er janvier 2023 désormais. Ceci vise à transformer actuellement avant toute démarche d’envoi de ce bois à l’étranger. Il faut aussi savoir que la transformation de bois n’est pas un processus nouveau au Cameroun. Depuis la loi forestière de 1994 portant régime du bois et de la faune, il était déjà imposé une transformation à hauteur de 70 % pendant une période transitoire de 5 ans. Au bout de ces 5 ans, devait donc intervenir l’arrêt total de l’exportation du bois en grume c’est-à-dire en 1999, mais à cause de certains effets néfastes d’un arrêt assez brusque, le Chef de l’État a demandé que cette date soit reculée pour ne pas pénaliser ou fragiliser certaines entreprises qui exerçaient dans ce domaine. Cette mesure a été salutaire parce qu’à titre d’exemple il s’est opérer une transformation du bois local à hauteur de 74 %, c’est-à-dire plus que les 70 % requis au Cameroun. On est aussi passé de 2. 5 millions de mètres cubes en 2012 à 3 millions 300 en 2017. Pendant ce temps, les bois transformés localement sont passés de 1.320 mètres cubes à 1.420 mètres cubes dans la même période. Au niveau du Ministère de la Forêt et de la Faune, les statistiques disponibles sont les suivantes : plus de 500 unités de transformation de bois enregistrées dont 227 opérationnelles parmi lesquelles, 207 soit plus de 90% se limitent à la première transformation ; 19 unités de transformation font la deuxième transformation et seulement 3 unités de transformation font la troisième transformation soit 1 %. Au demeurant, le secteur forestier occupe une place importante dans le développement économique local et sa contribution est estimée à 2,5 du PIB, ce qui le place au troisième rang de contributeurs à l’économie camerounaise, derrière l’agriculture qui représente 9 % et les hydrocarbures 6%. La filière bois est donc parmi celles qui génèrent plus de retomber au niveau des taxes, les emplois et les activités connexes. La transformation de bois participe significativement au développement national en plus, il a été développé au Ministère de la Faune et de la Forêt, le processus de transformation plus poussée du bois. ii. L’idée de la transformation plus poussée du bois. Le CT1 : Qu’est-ce que le chef de département du MINFOF entend par transformation plus pousser du bois ? Il s’agit tout simplement de faire en sorte que le bois participe de façon plus significative au développement du pays, tout en conservant son caractère productif. Il s’agit aussi de stimuler la production et de promouvoir la production locale. Alors pour une transformation plus poussée du bois local, il faut commencer par les études, faire l’état des lieux et les entreprises susceptibles de transformer ce bois localement. 16 unités sont disparates et sont équipées de matériel pas très adéquat, un petit matériel d’une piètre qualité est très peu compétitif. Ceci laisse entrevoir qu’au moment de l’arrêt et l’exportation des grumes en 22 RAPPORT GENERAL – Salon des Acteurs Économiques et du Développement Local -SAEDEL janvier 2023, les unités de transformation ne pourront pas répondre à la demande nationale. Cela suppose qu’il faut se profiler à l’horizon de transformation des unités de transformation. Elles-mêmes doivent passer à une modernisation plus accrue si nous voulons répondre à la demande nationale. Mais le Ministère travaille déjà à cela depuis 2016, dans le cadre du plan d’industrialisation du Cameroun. Il ne faut pas perdre de vue que depuis un certain nombre d’années, 2500 artisans sont formés chaque année dans le domaine du métier tu bois. Le Ministère a aussi développé une collaboration avec l’ANOR pour gérer les questions de norme pour une transformation plus poussée du bois. La transformation poussée du bois constitue ainsi une opportunité économique parce que la demande en meubles de qualité est élevée et l’importation de ces meubles reste grande. La commande publique a aussi été encouragée à utiliser les meubles de production locale. Voilà ce qui peut être dit en matière de difficulté et d’opportunités dans le domaine du bois. Le modérateur : Mercié Mr le CT1 pour cette prise de parole. Nous avons plus vu les retombées au niveau national ; qu’en est-il du niveau local ? Mr le CT1 : Les retombées au niveau national sont aussi les retombées au niveau local. Lorsqu’on donne un pourcentage de contribution au PIB au niveau national, c’est aussi une contribution au niveau local. Mais comprendre que la transformation du bois puisse apporter une contribution au niveau local, les CTD sont libres et elles peuvent et doivent le faire pour générer les emplois et les ressources localement. C’est tout le sens des forêts communales à travers lesquels le législateur aide les communes et ces forêts deviennent la propriété entière des communes sauf dans le sens de l’accompagnement technique des communes. Mr Jean-Jacques ZE : Lorsque vous évoquez la loi forestière de 2014, on dirait que cette loi est arrivée un peu tôt. Pr Landry NGONO TSIMI : Le fait que le domaine du bois soit le 3eme contributeur au PIB appelle une transformation plus poussée du bois, d’autant plus que le niveau d’exploitation actuellement est à peine de 30% de la capacité nationale. Troisième après l’Amazonie et 3eme poumon respiratoire dans le PIB. Il y a tout de même des problèmes assez délicats à trancher dans le domaine de la protection de l’environnement, car stopper brusquement l’exportation des grumes entrainerait des pertes sèches qu’il faut compenser, il y a des questions assez délicates à trancher. Mr Jean-Jacques ZE : En vous écoutant très bien, nous verrons encore les grumiers passer avec nos grumes vers l’exportation. C’est dire que même d’ici une dizaine d’années, nous n’atteindrons pas véritablement cette transformation très poussée. Pr Landry NGONO TSIMI : Dans l’imagerie populaire, on pense que le bois est coupé sans un plan logique, mais que non, déjà en 1994, le législateur avait pensé à réduire les exportations, et imposait 70% de transformation de bois, mais cette transformation ne s’est fait qu’au 1er et 2eme niveau qui ne sont pas compétitifs. Voilà pourquoi le Ministre soutient l’idée de transformation plus poussée du bois, ce qui demande aussi les moyens plus poussés que nous n’avons pas. Mais il y a le potentiel au niveau national. Il y a toute une stratégie au niveau gouvernemental portée par le Ministère de l’Industrie pour passer à des industries de transformation plus poussées au Cameroun. Il y a aussi les partenaires. Il y a le Centre de Promotion du Bois à Nkolbisson qui va être totalement rénové pour épouser la nouvelle vision et les nouvelles technologies du bois. Le modérateur a ensuite passé la parole à Mme le Directeur de la promotion du bois pour qu’elle apporte une réponse au fait que le bois transformé au Cameroun n’a pas de marché. Mme le Directeur de la promotion du bois : S’agissant du marché intérieur du bois, un arrêté conjoint a été signé pour encadrer et opérationnaliser le marché intérieur du bois. Le Ministre a fait signer un texte pour qu’une fois ce bois transformé qu’il rejoigne le marché domestique, un texte interministériel a également été signé pour que les soumissionnaires locaux puissent consommer notre bois. Néanmoins, il y a des difficultés si l’on revient à la loi forestière de 1994, il y a des vices de procédures et un document a été élaboré pour faciliter l’accès à l’exploitation du bois et de permettre aux CTD de générer des revenus. Le modérateur : Lorsque nous regardons les meubles qui sont fabriqués au quartier Olézoa à Yaoundé, très peu se retrouvent dans les bureaux dans nos administrations, ils prennent donc les meubles que nous retrouvons dans les administrations où ? Si ce n’est pas dans les boutiques les multinationales ? Mme le Directeur de la promotion du bois : C’est une vision, cependant il y a encore beaucoup de sensibilisation à faire pour que la production de meubles locaux soit consommée par les administrations locales. Le CT1 : Il y a un problème de bois légal et de bois illégal. Les artisans utilisent beaucoup plus le bois illégal. Il y a 600 000 m3 de bois légal qui est mis à la disposition de la transformation du marché intérieur du bois. Un arrêté conjoint a été signé et maintenant tout le monde sait que dans la commande publique, l’utilisation du bois local avec les meubles locaux est requis, à chacun de faire son travail, maintenant ceux qui doivent produire et ceux qui doivent surveiller. Les collectivités territoriales doivent créer un marché intérieur, et rien ne le leur interdit, elles peuvent le faire et aider le gouvernement à créer un marché localisé. Elles n’ont pas besoin d’attendre de transfert de compétences à ce niveau, car cela rentre dans ce que nous avons désigné : la création des économies locales sur la base desquelles vont se greffer la création d’emplois, des ressources, des taxes… Le modérateur a aussi soulevé le fait que dans nos rues, l’on rencontre des camions transportant des planches derrière lesquels les personnels du MINFOF font la chasse, est-ce que ce n’est pas là l’un des problèmes qui montre qu’il y a encore beaucoup d’illégalité et cela créé le manque de ressources ? Le conseiller technique N°1 : Ce n’est pas parce que les éléments du Ministère des Eaux et des Forêts pourchassent un camion que cela veut dire qu’il y a de l’illégalité ; c’est pour contrôler la qualité et la quantité le bois qui circule. Le département de l’océan a cette particularité qu’il est un département forestier et il abrite le port en eau profonde. Il y a un foisonnement d’opérateurs dont les unités de transformation dans la zone de la ville de Kribi. Ils ont besoin de ressources légales, cela veut dire que les forêts qui s’y trouvent doivent avoir des titres d’exploitations, parce que les opérateurs ont tendance à croire que pour qu’ils aient un titre, il faut des sommes colossales. Et chaque fois que l’occasion nous est donnée comme avec le SAEDEL nous ne manquons pas de donner ces informations pour capter l’attention des opérateurs en donnant l’information qui ne doit pas manquer et les pousser vers l’illégalité. Les personnels du ministère ne sont pas bien vus par ce que les opérateurs pensent que leur présence entraine exclusivement la sanction. S’ils sont dans l’illégalité, ils risquent se retrouver à être mal payé, or qui paie mal paie 2 fois. Un opérateur qui est en règle peut avoir 8 personnels et nous savons que lorsque 1 personne travaille celle-ci nourrit aussi 6 à 8 autres personnes, cela participe grandement du développement local. Il est donc important de fonctionner dans la légalité pour le bien de tous. Le modérateur : Est-ce que vous sentez un engouement des opérateurs à aller vers la transformation ? Le CT1 : Oui la ville de Kribi compte actuellement 25 unités de transformation. La demande pour la création d’unités de transformation se chiffre à 41. Donc le bon chemin n’est pas compliqué. Le modérateur : En observant cette volonté politique, nous nous rappelons aussi que le pays a connu certaines grosses structures telles que ECAM Placage et autres, mais qui aujourd’hui ont fermé boutique, c’est un éternel recommencement ? Le CT1 : La loi a introduit une sorte de limitation de l’exploitation du bois à tous ceux qui ne s’intéressaient pas aux grumes. Le modérateur : Mme le Directeur de la promotion du bois pour savoir si cette promotion n’est pas faible ? Mme le Directeur : Elle se fait avec la promotion des essences peu ou pas connues, il est d’ailleurs prévu une foire à cet effet. Il y a un logiciel qui a permis d’élaborer les fiches des essences peu ou pas connues et permet de voir les essences qui peuvent se substituer à une essence qui est très sollicitée. La promotion consiste aussi à mettre ces fiches aux opérateurs qui sont dans cette chaîne de transformation. Lors des foires et salons, nous mettons à la disposition des populations et des opérateurs des informations sur les différentes essences qui ont des qualités appréciables pour la consommation domestique et internationale. Étant donné que nous sommes en direct dans certaines télévisions et autres médias souligne le modérateur, est-il possible de certifier notre bois pour éviter qu›ils soient vendus par d›autres personnes ? Mme le Directeur. La certification est libre pour ceux qui en ressentent le besoin peut-être par rapport à leur commande internationale ou autre. Le modérateur. Pour sortir de cette conférence qu’est-ce qui va fondamentalement changer au 1er janvier 2023 ? Mr le CT1 : Nous allons continuer à mettre en œuvre la loi qui exige que 70 % de bois soit transformé au Cameroun, ce n’est pas une exigence du Cameroun tout simplement, c’est une exigence de la CEMAC. Nous sommes dans ce processus nous allons continuer à le mettre en marche. Cette conférence a pris fin et le modérateur a remercié les panélistes et toutes les personnes présentes dans la salle.
3ÈME RENCONTRE ÉCONOMIQUE
THÈME : « KRIBI : VILLE D’OPPORTUNITÉS » Intervenant: Monsieur Guy Emmanuel SABIKANDA, Maire de la ville de kribi. Modérateur : Mr Alain BELIBI.
Dans l’imagerie populaire au Cameroun, la notion de la mer, du sable fin, des cocotiers, de la plage et du soleil sonne automatiquement Kribi. Kribi c’est la ville de la joie de vivre, c’est la rencontre avec l’océan, ce sont ses goûts savoureux, ses légendes et ses mythes. Ce décor de carte postale a définitivement classé la ville de Kribi au rang très enviable de cité balnéaire. Une situation à ce point confortable que peu nombreux sont ceux qui ont imaginé quelque chose de supplémentaire dans la cité balnéaire de l’océan et pourtant, depuis quelques années la ville de Kribi a ajouté quelque chose à son arc, celle d’une cité économique dont les nouveaux atouts et atours ont fait une place forte d’émergence économique du Cameroun. La ville de Kribi est désormais une ville d’opportunités que nous allons visiter en compagnie du Maire de la ville Monsieur Guy Emmanuel SABIKANDA que nous avons le plaisir de recevoir à cette communication. Après cette brève introduction sur les atouts de la ville de Kribi, Mr Alain BELIBI, modérateur de cette conférence a embrayé avec quelques questions à Monsieur le Maire. i. Echanges avec Mr le Maire sur les opportunités qu’offre la ville de Kribi. Mr Alain BELIBI : Pour les Camerounais aujourd’hui la ville de Kribi c’est « the place to be », et pour Monsieur le Maire c›est « the place to occupy », la place qu›il faut occuper ? Monsieur le Maire après les civilités d’usage à l’endroit du modérateur et l’audience, a tenu à répondre aux questions posées. Monsieur le Maire Kribi : Kribi hier était plus connu pour ses plages hôtel, ses activités de pêche, le lieu où on va déguster du poisson et des crevettes. Mais avec la mise en place du Port Autonome de Kribi, la cité balnéaire est en train de connaître une mutation profonde de son infrastructure, de sa démographie, de son en économie. Des changements substantiels sont en train de se produire dans la ville de Kribi. La ville de Kribi est devenue en réalité « the place to be » pour les hommes d›affaires, pour les opérateurs économiques. Les hommes d›affaires qui ont la vision sont en train de s›y installer. Autour du port de Kribi, vous allez trouver les infrastructures, les usines de montage d›engins de travaux publics et beaucoup de gens ne le savent pas. La ville de Kribi dispose aujourd›hui d’une usine de fabrication de ciment qui sera opérationnelle dès 2023. La ville de Kribi dispose d›une autoroute fût-elle assez courte, qui sert à décongestionner et à désenclaver la ville, parce que les camions qui traversaient la ville et qui mettaient des populations en danger passent désormais par l’autoroute. Beaucoup de personnes ne savent pas que Kribi dispose d’un péage automatique tel qu’on en rencontre dans tous les pays modernes du monde aujourd’hui. Mr Alain BELIBI : Monsieur le Maire nous qui n’habitons pas la ville de Kribi, la première surprise désagréable est la quantité de motos qui virevoltent, il n’y a pas de taxi, comment fait-on pour se déplacer dans la ville de Kribi ? Mr le Maire : Dans les années 80, il y avait bien des taxis dans la ville de Kribi, puis la crise est intervenue, puis les motos sont venues, avec le chômage des jeunes et autres, les motos se sont installées et ont désormais droit au chapitre. C’est une grosse épine sous le pied de la mairie. Notre objectif dans la communauté urbaine était de pourvoir la ville de Kribi en taxis même comme cela n’est pas notre vocation. C’est pour moi l’occasion d’inviter les opérateurs économiques (qui semblent hésitants) à venir pourvoir la ville de Kribi en taxis. Les dispositions sont prises pour leur faciliter la tâche pour que les taxis circulent dans la ville. Il est observé que lorsque les responsables viennent dans la ville, ils ont des problèmes pour se déplacer. La voirie est en train d’être travaillée pour faciliter la circulation, il y a des passages pour lesquels nous avons trouvé des solutions avec la pose des pavés. Nous sommes en train d’arranger le pont sur la Kienqué, nous avons amélioré la voirie urbaine, il y a eu des perturbations lors de la pandémie, mais aujourd’hui les travaux sont en bonne voie, ce n’est pas avec les subventions de l’État ni avec les emprunts mais sur fond propre que nous réalisons ces travaux. Le modérateur : Monsieur le Maire, les motos taxi dictent leur loi dans la ville de Kribi au point où l‘on parle de plus en plus d’insécurité. Qu’est-ce que vous faites pour résoudre ce problème de sécurité ? Mr le Maire : Depuis un mois le personnel de la Communauté Urbaine avec les forces de l’ordre sont descendus sur le terrain pour assainir ce secteur qui nourrit son homme par un certain nombre d’opérations : le port de chasubles, le paiement de l’impôt libératoire et du stationnement, casque et la peinture en couleur jaune. A la suite de cette descente, il y a beaucoup plus de taximen qui arborent des chasubles qui est le premier volet. Il y a donc moins de moto taxis qu’il y a en avait il y a un mois. La Communauté Urbaine offre gracieusement les chasubles qui doivent être arboré pour circuler. Ceux dont les motos sont d’origine douteuse ne sont plus en circulation. Et pendant cette opération on a pu saisir 2 ou 3 motos volées, l’opération est en train de continuer et d’autres ont été dans une autre ville et provenaient de Kribi et c’était des motos volées. Le deuxième volet de cette opération appelait le paiement l’impôt libératoire et de stationnement qui devait être payé, c’est un impôt qui est du ressort des communes d’arrondissement. Cette phase a également permis de réduire le nombre de moto taxi dans la ville. La troisième phase l’exigence du casque, et la peinture en couleur jaune. Cela dit, il ne faut pas penser que dans la ville de Kribi il n’y a pas de taxi du tout. C’est vrai que Monsieur le Maire emprunte souvent les motos lorsqu’il n’a pas de voiture et qu’il risque de se mettre en retard. Il y a aussi les taxis qui sont informels, ils accompagnent d’une zone à une autre. Je ne sais pas comment ils s’arrangent avec le Ministère du Transport. Mr Alain BELIBI : Monsieur le Maire la ville de Kribi attire du monde. Qu’en est-il du problème d’urbanisation ? Est-ce qu’il y a les contrôles ? Est-ce qu’il y a un plan d’urbanisation de la ville ? Est-ce que ce plan est suivi à la lettre ? Mr Guy Emmanuel SABIKANDA : Le plan directeur existe depuis environ 8 ans, donc il est obsolète. Ce plan doit être revu pour voir le plan d’occupation des sols de la ville répondre aux exigences actuelles de la ville. Mais pour le foncier qui sert à bâtir l’urbanisation, nous n’avons pas été proactif parce que au moment où nous devions lancer le port, nous devions arrêter toute transaction du foncier à Kribi, ceci n’a pas été fait. La pression foncière est telle que l’on pourrait parler de criminalité foncière. Personne ne respecte la loi foncière de 1974, qui stipule que l’on ne peut avoir accès à une identification direct si l’on n’a pas valorisé ses espaces avant le 7 août 1974. En dehors de ce cadre, c’est illégal. Il y a une incongruité lorsqu’on parcoure les titres fonciers. Vous observerez que les gens ont eu des titres fonciers avant le 7 août 1974, Parfois ceux qui sont nés en 1960 parfois en 1959, et vous verrez que ce sont ces RAPPORT GENERAL- Salon des Acteurs Économiques et du Développement Loca l-SAEDEL 27 gens-là qui ont mis des terrains en valeur dans tout le département de l’océan. J’ai demandé aux chefs, le Ministère des Affaires Foncières et même au Chef de l’État d’annuler ces titres fonciers parce que c’est un scandale, c’est un crime parce qu’une seule personne ne peut avoir plus de 200 titres fonciers, personne ne peut se permettre d’avoir plus de 1000 hectares de terrain dans la ville de Kribi. Nous n’avons pas été visionnaires lors de la construction du port de Kribi. Toutes les transactions foncières devaient être stoppées, mais toutes sortes de personnes voulaient acquérir le terrain à Kribi. Parce que nous ne connaissons pas ce que c’est qu’un hectare en échange d’une voiture. C’est de la méchanceté de tromper les propriétaires terriens avec ces échanges. Les gens ont obtenu des terrains partout, des hectares avec quelques millions, quelques voitures, bien sûr c’est la faute à nous tous. Il n’est pas normal que quelqu’un qui est né en 1965 ait mis un terrain en valeur en 1974. C’est pour cela que depuis 2007 que nous sommes à la tête de la Mairie, nous plaidons pour que les maires face des commissions consultatives parce que les gens ne peuvent pas voir disparaître leurs terres au profit de quelques prédateurs de la nation contre de petits moyens. Malheureusement le Maire n’est pas dans les commissions consultatives. Nous avons posé ce problème au chef de l’État en son temps à 2011 dans la ville d’Ebolowa. Si cette situation continue, l’État ne pourra plus investir dans certaines villes comme celle de Kribi d’ici 20 ou 30 ans. Prenons l’exemple des plages, elles sont occupées aujourd’hui par des gens qui ne peuvent pas mettre des plages en valeur dans le cadre de la vision. Nous proposons qu’on annule leurs titres fonciers. Il n’est pas interdit qu’un camerounais ait une portion pour construire sa maison. Il va lui être donné 200 à 300 mètres carrés dans le cadre de la concession. Mais les gens refusent la concession parce qu’il y a la contrainte de 1974. L’on ne doit se permettre de prendre 5 hectares et dire qu’on va les mettre en valeur dans 5 ans que va-t-on y faire ? C’est difficile, c’est pour cela qu’ils passent par la voix frauduleuse. Posséder 200 titres fonciers des milliers d’hectares pour un individu dans des villes telles que Kribi cela est inadmissible. Il y a des espaces qui appartiennent à l’État. Ils doivent être valorisés en tant que domaine privé de l’État pour le bien-être des populations dans le cadre de la vision du Président. Le modérateur : Monsieur le Maire, en faisant un tour à la plage, nous constatons que la mer avance, l’érosion côtière est tout à fait visible dans la ville de Kribi est-ce qu’à ce rythme on ne va pas se retrouver dans une situation de non-retour ? Du côté du lycée bilingue, la mer a traversé la rue ? Vous savez les changements climatiques, les populations qui gagnent de l’espace dans la mer, tous ces facteurs font en sorte qu’il y ait la remontée des eaux. Surtout par le changement climatique, le phénomène de l’effet de serre quelles solutions pour lutter contre cela ? Mr le Maire : J’ai déjà une vision. Nous pouvons copier d’autres pays et gagner de l’espace dans la mer, ne fût-ce qu’au niveau de l’espace urbain, à l’entrée de la ville et après le lycée. J’ai l’exemple des Pays-Bas, l’opérateur est venu à Kribi. Les Pays-Bas ont cette technologie parce qu’ils sont en dessous du niveau de la mer donc, ils luttent en permanence avec la mer. Cette opération est coûteuse, nous sommes obligés d’aller à l’international avec le MINIPAT pour trouver des partenaires. Cela va nous permettre de construire sur 50 km tout au long de la plage et un kilomètre à l’intérieur. Nous allons ainsi lutter contre l’érosion. Ainsi, nous mettrons en place des espaces sur lesquels les enfants et les adultes peuvent se mouvoir. C’est encore l’occasion d’appeler les opérateurs économiques de venir. Nous sommes prêts à les accompagner comme sous d’autres cieux. Il y a également la Banque mondiale qui a été approché, les Chinois également, mais le problème de l’érosion de la côte et un problème national et internationale. Tous les pays qui disposent d’une côte ont ce problème. Nous pouvons protéger la ville, mais c’est un problème national que nous avons confié au Ministre des Travaux Publics pour protéger les codes cela exige les milliards. Suite à cette interaction du modérateur avec le Maire de Kribi, des échanges avec les personnes présentes à cette conférence, ont suivi. ii. Echanges entre le Maire de la ville de Kribi et le public Une artiste : Tout en remerciant les organisateurs du salon cette dernière a voulu savoir ce que le Maire de la ville prévoit pour la prise en charge des artistes de la localité de l›océan. Elle a fait remarquer que les artistes venant des autres localités avaient une prise en charge : transport, hébergement et nutrition. Qu’est-ce qu’il en est des artistes de la localité de la ville de Kribi Alors que pour chaque événement tous les artistes travaillent de la même façon ? Réaction de Monsieur le Maire : Il est vrai que la loi du 24 décembre 2019 liée au code général de la décentralisation donne compétences aux collectivités locales de pouvoir s›impliquer dans le social dans le sportif et autres disciplines, malheureusement tout ne se passe pas toujours comme arrêtées. L’Etat prévoit une dotation aux communautés de 15 %, mais cela n›est pratiquement effectif. Nous ne pouvons pas nous déployer véritablement sur tous les domaines. Comment un pays peut-il évoluer sans être adossé à sa culture ? Nous savons que la culture est ce qui nous reste lorsqu›on a tout oublié. La mairie est un fervent partenaire de la culture parce qu’elle est impliquée dans la culture traditionnelle. Nous ne devons pas perdre notre culture notre identité culturelle. Il y a plus de 30 ans, il s’était tenu un colloque qui avait porté sur l›identité culturelle camerounaise. On avait sorti de belles brochures sur l›identité culturelle camerounaise, avec tout ce que le Cameroun a comme diversité avec 280 ethnies et langues, par conséquent de culture en fait, une Afrique en miniature. Donc les artistes ont leur place dans la commune urbaine de Kribi et la loi le leur permet. Mr Alain BELIBI : Kribi est-elle la ville de la dépravation des mœurs tel que cela se dit dans les réseaux sociaux ? Réaction de Monsieur le Maire : Nous voyons des choses dans des villes ici et ailleurs et Kribi est une ville balnéaire, il peut arriver qu›il y ait des choses, nous ne pouvons pas aller voir à l›intérieur de chaque ville huppée, mais je refuse d’accepter que l›on dise que Kribi est la ville de la dépravation des mœurs. Un ingénieur agronome, ancien cadre d’une société et aujourd’hui en consultance privé : Monsieur le Maire, lorsqu’on est dans la ville de Kribi on se rend compte que la nourriture vient d’ailleurs, ma question est donc de savoir à qui s’adresser et à quel niveau peut-on inverser cette tendance ? C’est-à-dire dans l’avenir que l’on voit la plus grande partie de la nourriture consommée à Kribi produites également à Kribi. Réaction de Monsieur le Maire : Cette question participe du thème de cette conférence, Tout au long de la ville il y a de l›espace, pourquoi certaines productions sont là part saison alors que nous avons de l›espace, que nous manque-t-il ? L’opportunité du port est à saisir avec des grands espaces. Je vais peut-être être un iconoclaste, je ne suis pas de ceux qui sont dans les cultures de rente. Elle ne nous apporte pas grand-chose. Il faut assurer l›autosuffisance alimentaire. C’est une volonté politique. Le Ministère de l›Agriculture à une convention avec le port pour la construction d›une ceinture verte autour de Kribi, parce qu›il faut se projeter d›ici 20 ou 30 ans. Comment les populations vont-elles se nourrir dans la ville de Kribi, ce sera grâce à cette agriculture de 2e ou 3e génération. Il y a des opportunités au niveau des activités connexes, nous produisons assez de manioc donc nous pouvons en exporter. Les pays d›Asie exportent, au Brésil on retrouve du manioc bien servi dans la plupart des grands hôtels. Il semble que nous ayons honte ici, nous préférons mettre du pain avec du blé sur nos tables. Nous saisissons l’occasion pour lancer un appel, c›est une opportunité de construire une ceinture verte autour de la ville dans le département de l›océan avec l›agriculture moderne. Nous félicitons un jeune de la ville qui sort du lot, il est allé à l›international trouver des partenaires qui veulent s›investir dans l›agriculture pour que la ville de Kribi ne manque jamais de maïs, de safous, et que la pisciculture, l’aquaculture se développe. Décembre est la saison du poisson et des crevettes. Mais dès février, mars et avril, les bars sont rares or nous avons noué des contrats heureux avec le Brésil, ils ont formé en élevage du poisson et des crevettes au large. Moi-même je suis un pêcheur de poissons, mais il faut une volonté politique forte au niveau du département, au niveau du Ministère de l’Agriculture afin de donner la facilité aux jeunes d’avoir des crédits. Il faut les engager vers des activités génératrices de revenus. Vous avez vos petits étangs, au bout de 6 mois, vous avez des revenus subséquents. L’Etat ne peut pas engager tout le monde, tout le monde ne peut pas avoir un matricule. Au Cameroun généralement, les jeunes lorsqu’on leur montre une activité génératrice de revenus et de l’argent, ils vont choisir de l’argent alors que l’activité génératrice de revenus va leur donner l’argent régulièrement. Un fonctionnaire : En tant que travailleur dans la ville de Kribi, comment est-ce que je peux faire pour avoir un petit lopin de terrain 200 ou 300 m pour construire ma petite maison, vous parlez d›opérateurs économiques des partenaires, n›oubliez pas aussi le fonctionnaire qui est un maillon, qui contribue aussi pour l›édification de la ville de Kribi. Quel moyen un fonctionnaire doit utiliser pour avoir un lopin de terrain Kribi, qu›est-ce que la Mairie à prévue pour cela ? Mr le Maire : Il y a des sociétés telles que la SIC, la MAETUR, la MAGZI, chaque citoyen a droit à un logement décent. Vous avez droit à 200 ou 300 mètres carrés en ville avec un titre foncier. C’est pour cela que nous préconisons l’annulation des titres fonciers pour ceux qui en possèdent 200 et des milliers d’hectares de terrain. Le terrain appartient à l’État et comme nous sommes la commune des acteurs, nous pourrons donc penser à nos fonctionnaires. C’est la lutte que nous menons. La loi de 2004 montre bien que nous avons des missions pour permettre aux compagnies à des populations l’acquisition des lopins de terrain. Nous pouvons donner des terrains et même de façon gratuite pourquoi pas. Juste avec un franc symbolique nous vous donnons un délai raisonnable au-delà duquel, si vous n’avez pas mis le terrain en valeur, nous vous le retirons. Mr Alain BELIBI : Monsieur le Maire quel est l›apport du port de façon concrète dans la ville de Kribi ? Réaction de Monsieur le Maire : De façon concrète le port nous a apporté une explosion démographique, c›est la première chose. Le port à apporter une plus-value parce que tout autour, il y a des entreprises qui sont en train de naître, ces entreprises apportent l›innovation. Toutefois au niveau du port ce que nous pouvons constater comme tares, c›est la vie est très chère, la ville de Kribi risque de devenir la ville la plus chère du Cameroun. Nous appelons les autorités publiques compétentes afin de recadrer les prix. Le modérateur : Il est entendu que Kribi est une ville d›avenir. Comment peut-on concevoir une ville d›avenir sans électricité ? Réaction de Monsieur le Maire : Il y a de l›électricité à Kribi, cependant, le problème réside dans le transport de cette électricité. Les poteaux de bois adoptés aujourd›hui ne permettent pas de transporter des milliers de kilomètres watt/h nécessaires, ils sont très sensibles aux intempéries et tombent facilement. Il faut revenir au transport avec des poteaux en béton. Le problème d›électricité n›est pas seulement celui de la ville de Kribi, à travers tout le pays il y a des plaintes et des grincements des dents à l’endroit de la compagnie qui gère l’électricité au Cameroun. Alors faut-il penser à un autre soumissionnaire, nous ne savons pas, mais nous croyons que la compagnie est en train de revenir à de bons sentiments en remplaçant les poteaux en bois par des poteaux en béton à travers la ville. Quand vous allez au Gabon, de la ville de Bétam à Libreville en voiture et tout au long de la route, vous ne voyez que des poteaux en béton. En fait cette question ne devait pas être adressée au Maire que je suis, mais à la Société ENEO pour qu’elle vienne nous dire pourquoi nous inflige t- elle tant de désagréments, voyez-vous, « régulièrement, vous êtes en train de regarder une émission que vous aimez, soudainement on coupe l’électricité et vous ne pouvez plus rien faire c’est désagréable, cela ne se passe pas ailleurs a rétorqué Mr le Maire au modérateur ». Mr Pierre Julien AMOUGOU de la société Camwater : Monsieur le Maire, je voudrais être reçu par vous, parce que Kribi comme les autres villes du Cameroun a un problème d’eau portable, l’eau est de la responsabilité de Camwater, elle est aussi de la responsabilité de la communauté, parce que le code général de la décentralisation vous donne le droit et le devoir de vous intéresser aux questions liées à l’eau potable. Camwater, pour être en phase avec cette politique à penser qu’il fallait désormais aller vers les mairies et c’est pour cela qu’avec le FEICOM, nous sommes en train d’écrire une convention qui sera bouclée avant la fin de l’année 2022. Le FEICOM s’engage désormais à financer tous les projets des mairies sur des questions liées aux extensions de l’eau potable aux populations parce qu’il est connu que les infrastructures appartenaient à Camwater, il est donc possible que les mairies nous appuient dans le cadre de l’expansion avec le financement du FEICOM et les autres partenaires des mairies. Je voulais donc inviter le Maire à se joindre à cette initiative également avec les CVUC. Donc Monsieur le Maire, ouvrez-moi les portes de votre commune pour que nous puissions penser à une convention spécifique entre Camwater et la ville de Kribi. Réaction de Monsieur le Maire : Nous allons vous surprendre. C›est très bien beau de signer les conventions avec le FEICOM et les CVUC, mais il faut penser sérieusement à la décentralisation de cette affaire, le projet de l›eau vous pouvez le réaliser avec la commune parce que dans d›autres pays, c›est de la responsabilité de la mairie. Nous sommes prêts à collaborer avec vous. Nous vous attendons, vous pouvez être logé dans la commune de la ville de Kribi de telle sorte que, si nous avons des problèmes nous n›irons pas à Yaoundé nous travaillerons immédiatement en collaboration. Il est arrivé que Camwater détruise les routes mais ne les arrange pas automatiquement et nous avons eu des problèmes. Donc nous vous attendons pour travailler en collaboration, mais chacun dans le domaine de sa responsabilité. Mr Pierre Julien AMOUGOU : Camwater n’est pas contre cette collaboration mais, mais nous nous souvenons d’un financement reçu à travers le PNDP d’un montant de 90 millions pour résoudre les problèmes d’adduction d’eau. Mais deux mois seulement après l’exploitation, cette Mairie bénéficiaire nous a appelé pour nous dire, venez gérer ce projet, parce que la gestion de l’eau potable et très complexe. Il ne s’agit pas d’aller prendre de l’eau et de mettre deux ou trois réactifs pour avoir de l’eau potable. C’est une industrie qui est parfois compliquée. Prenons un exemple assez simple. Dans une Mairie nous avons fait une extension de 1 milliards de francs CFA et nous avions là-bas à peu près 30 abonnés. Si chaque abonné paie à peu près 5.000 francs de frais d’abonnement par mois, cela ne nous donne pas plus de 500.000 FCFA, or l’entretien de l’usine coûte à peu près 1 million de francs par mois. Contrairement à ce que les gens pensent, c’est un secteur qui est fortement sociale, pour traiter un mètre cube d’eau, cela nous coûte à peu près 1000 francs alors que nous le vendons à peu près à 270 à 330 francs aux populations parce que c’est un secteur fortement social. Donc nous voulions bien faire, mais ça va être un peu difficile pour des questions techniques. Cette mairie a donc été obligée de nous rappeler et ils nous ont dit « venez reprendre votre affaire » parce que les infrastructures n’ont pas été construites selon les normes. Beaucoup de Maires nous disent : « nous voulons bien, mais nous avons un problème d’études. Comment fait-on pour réaliser une étude qui coûtent parfois des centaines de millions, parfois les partenaires nous demandent des études qui sont déjà fait ». C’est pour cette raison qu’il est parfois difficile pour les Mairies de pouvoir prendre en charge la gestion de l’eau potable. C’est pour cela que nous souhaitons que Camwater soit logé dans les Mairies ou bien dans les régions pour conduire ces projets en tant qu’expert. Monsieur Jean Vincent TCHINEHOM, ancien journaliste de renom. Je remercie Monsieur le Maire parce que vous m’avez fait découvrir la ville de Kribi ? Je n’en dirais pas plus. Je ferais tout simplement mon travail de journaliste en posant quelques questions à Monsieur le Maire en relayant un peu le travail de la Mairie. Monsieur le Maire, vous êtes-vous rendu ces derniers temps à Bafoussam à Bertoua et à Garoua, vous allez constater la transformation extraordinaire et même radical de ces villes. Si l’on creuse un peu pour savoir comment est-ce que ces villes se sont transformées en quelques temps. C’est à cause du CD2. L’on se demande alors s’il faut attendre que les Français viennent nous aider pour que nos villes se transforment ? Alors, la chose que je souhaite à KRIBI, c’est que vous n’attendez pas. Allez à Bafoussam à Bertoua et voyez ce qui y a été fait et copiez bêtement en essayant de faire vous-même. Évidemment vous pouvez nouer des partenariats parce que nos villes se laissent aller, se laissent abandonner de cette façon-là, cela n’est pas acceptable. Les seules villes du pays qui ont l’air d’être des vraies villes sont celles qui ont eu le coup de pouce du CD2 qui continue son processus à Bamenda à Maroua … ils vont continuer ainsi. Je ne sais pas quand est-ce que la ville de Kribi sera candidate, mais Mr le maire n’attendez pas. Commencer à poser les bases vous-même, vous en avez la possibilité. Une autre observation, j’espère que vous n’êtes pas à attendre les centimes additionnels parce qu’avec les industries qui s’installent dans la ville de Kribi vous en avez cité quelquesunes : cimenterie, transformation de cacao, montage de tracteur, ce sont des opportunités qui vous sont offertes et qui vous permettent d’avoir un peu de matelas financier qui vous permet de distraire une partie de leur argent pour développer votre ville, pour avoir un plan de développement urbain digne de ce nom. Pensez à une vision sur 30, 50 ans, ‘’c’est tout le malheur que je vous souhaite’’. La dernière observation, j’ai ouï dire que le prix du terrain a baissé à Kribi, c’est une excellente chose, mais je me suis demandé par quelle alchimie cela était possible … Voilà quelques observations que je voulais faire parce que vous êtes l’une des rares villes qui a autant d’opportunités, c’est incroyable, vous vous rendez compte, d’avoir un port en eau profonde, en fait vous êtes bénie des dieux, vous êtes la ville camerounaise avec un potentiel extraordinaire pour pouvoir se développer dans les prochaines 50 années. Il vous appartient de saisir cette opportunité et pour cela, je vous dis n’attendez pas que les français viennent développer la ville de Kribi. Posez au moins les bases avant d’aller chercher les partenariats ailleurs. Je vous souhaite vraiment beaucoup de réussite dans cet effort qui n’est pas simple mais, nous avons toutes les opportunités en main. Il nous appartient de les mobiliser pour réussir cette aventure, je vous remercie. Monsieur le Maire a invité l’assistance à remercier Monsieur Jean Vincent TCHINEHOM par une salve d’applaudissements pour les suggestions. Mais il est revenu sur le fait que certaines de ces villes ont bénéficié du financement du CD2 et que d’autres ont été développés pour accueillir la coupe d’Afrique des Nations, à l’exemple de la ville de Bafoussam, c’est Bertoua qui a bénéficié de financement CD2. Nous avons rencontré Madame KETCHA Courtes, nous lui avons demandé de faire en sorte que les 14 communautés urbaines soient dans le CD2, nous sommes jaloux et voulons aussi bénéficier des 27 Milliards, parce que 27 milliards vous transformez la ville de façon radicale, de façon exponentielle, si vous ne le faites pas vous avez échoué. Depuis 2017 la plupart des Maires travaillent, ils ont une vision pour nos populations pour lesquels nous voulons améliorer les conditions de vie avec plus ou moins, beaucoup de bonheur. La commune urbaine ne va plus quémander au niveau du FEICOM, nous n’attendons plus les subventions c’est sur fond propre, c’est aussi grâce au port, grâce à la plate-forme que nous avons appelé CAC – Douane – TVA, elle est une plate-forme de niches importante. Tout cela montre que la Communauté Urbaine peut être à un niveau plus ou moins acceptable, à l’image des autres villes telles que Garoua. La plupart des villes se construisent dans le monde entier grâce au PPP Partenariat Public-Privé. Nous avons l’exemple de l’autoroute, les chinois sont en train de construire le péage, ils vont nous les transférer, l’État n’aura rien dépensé et ce sera pour le bonheur de nos populations. Il faut une volonté politique forte que nous devons faciliter parce que les maires ont la capacité d’aller chercher. Le MINEPAT facilite le contrat que nous avons eu avec les sociétés dans le cadre du Partenariat Public-Privé. Nous avons trouvé un opérateur qui nous apporte 5 milliards pour construire le marché moderne de la ville de Kribi, l’hôtel de ville et la salle des fêtes du 3e millénaire, les plans sont disponibles. Il faut faire ce travail avec le CARPA au MINEPAT. Le constat qui se dégage est que les pays dans lesquels la bureaucratie prend le pas ne peuvent pas émerger. Rassurez-vous, la commune ne va plus quémander, avec le PAK et le CAC, c’est un potentiel, les camerounais ont besoin et ont le droit de bien vivre, plus besoin d’éloquence dans les paroles mais des actes, nous avons suivi tout ce que vous avez dit Mr J.V. TCHINEHOM, mais nous essayons de faire de notre mieux. Le Ministère de Travaux Publics, le MINDEVEL, nous attribuent un peu plus de 26 millions par an dans le cadre du BIP, ce n’est pas suffisant mais c’est déjà quelque chose pour niveler et faciliter la mobilité. Le MINDEVEL dans le cadre de la vision, attribue aux collectivités 100 millions chaque année. Depuis l’an dernier, la communauté urbaine a reçu 285 millions, c’est un bon début mais ce n’est pas la solution totale. Les CAC ne peuvent pas développer une collectivité, il y a des collectivités qui en vivent mais difficilement. Avant, les CAC répondaient à un tempo bien précis, aujourd’hui il faut attendre le troisième trimestre. Comment vivent certaines collectivités pendant ce temps. La loi de 24 décembre 2019 prévoit 15 % obligatoire pour les Collectivités Territoriales Décentralisées en faisant une espèce de projection par rapport au budget 2023 qui vient d’être voté, on attend la promulgation par le Chef de l’État, un montant de 6000 milliards et plus de 300 millions du budget de l’État. Si l’on fait les projections les 15 % représentent 900 milliards, C’est ce qu’il y a à donner aux Collectivités Territoriales Décentralisées. Nous ne voulons plus de recours au CD2 ni au FEICOM. Si nous recevons cette part nous allons faire des réalisations. S’agissant des plages, si vous n’avez pas 100000 francs le mètre carré, vous ne pouvez pas avoir un terrain au bord de la mer, cela veut aussi dire qu’il faut avoir des moyens pour combattre l’iode, sinon votre électroménager inoxydable devra être changé chaque 6 mois. Aller dans l’hinterland, construisez-y pour la ville de grands complexes, nous allons vous accompagner. Concernant la question sur le genre qui semble ne pas être bien représenté, Mr Guy Emmanuel SABIKANDA travaille en très bonne collaboration avec les autorités administratives de sa localité et le genre est bien représenté dans sa Mairie, la preuve en est qu’il a deux femmes comme adjointes au Maire.
4ÈME RENCONTRE ÉCONOMIQUE
THÈME « DÉFIS ET SOLUTIONS DE CONNECTIVITÉ POUR LES VILLES ÉMERGENTES » Intervenants : Mr Hervé KENFACK, DG de l’entreprise KLAPEERS, Mr Siméon AVA, Délégué du MINCOM de Kribi. Modérateur : Mr Jean-Jacques ZE. Le modérateur Mr Jean-Jacques ZE : Mesdames et messieurs public présents sur le site de SAEDEL pour sa première émission à Kribi et public présent dans cette salle, Les opérateurs économiques téléspectateurs connectés aux différentes chaînes des télévisions partenaires, bienvenue à cette conférence qui va aborder une problématique sur la connectivité et le Digital encore appelé développement des villes dites émergentes. Le Cameroun propose un échantillon de ces villes présentées comme émergentes parmi lesquelles la ville de Kribi. Du côté de la Mairie de la ville de Kribi, il est dit que les études et des travaux sont réalisés pour faciliter la connectivité et aller vers des solutions capables de mieux encadrer le développement. Le thème porte sur le défi et solutions de connectivité pour les villes émergentes. Ce thème nous sera présenté par un spécialiste en la matière. C’est un expert en stratégie digitale. Il est directeur général d’une entreprise qui s’appelle KLAPEERS, entreprise spécialisée dans le digital et qui aligne une vingtaine d’années d’expérience, il est surtout partenaire de la Communauté Urbaine de Kribi pour développer les solutions numériques, Hervé KENFACK est notre invité, et c’est avec lui que nous allons échanger pendant. a. Echanges avec les panelistes Le modérateur : Mr le Directeur Général, nous sommes dans la ville de Kribi et lorsque nous parlons de connectivité des solutions digitales au Cameroun, et davantage la ville de Kribi, vous qui êtes sur le terrain est-ce que la ville de Kribi en terme de connectivité, de connexion et autres peut prétendre être en avance au Cameroun ? Mr Hervé KENFACK : De prime abord la réponse c›est oui, mais à l›horizon 2023 parce que le travail se fait depuis quelques mois, le travail doit être fin prêt en début janvier 2023, on peut dire que la ville de Kribi sera la première ville à être intelligente. Mr Jean-Jacques ZE : Comment pouvons-nous définir une ville intelligente ? Mr le Directeur Général de KLAPEERS : Par définition une ville intelligente est une ville qui offre le hot spot wifi à sa population gratuitement et qui appelle les moyens de transport de façon automatisé, mais aujourd›hui ça va au-delà de cela. Aujourd’hui, c›est le partage automatisé de données entre la cité et ses populations. Mr Jean-Jacques ZE : Quels sont les préalables à cela ? La particularité de la ville de Kribi, c›est quoi par rapport aux autres villes du pays ? Mr Hervé KENFACK : Le préalable c’est qu’on ne parle pas de ville intelligente sans parler de connectivité, par connectivité, il faut des outils informatiques de liaison, pour permettre la transmission des données. Dans le cadre spécifique de la ville de Kribi, nous sommes partis pour couvrir la ville avec les boucles locales radio qui vont couvrir la ville. Il y a des zones qui ont été identifiés, nous ne pouvons pas tout couvrir tout de suite, nous y irons progressivement. Nous avons sélectionné 12 points qui vont être couverts par une liaison radio. Dans cette liaison radio, nous allons y apporter la connexion internet. La société CAMTEL a déjà interconnectés toutes les villes du Cameroun et les différentes régions et aujourd›hui chaque camerounais peut aller à CAMTEL demander à se connecter avec sa fibre optique. Après cette introduction, Monsieur Siméon AVA a également été accueilli par le modérateur, il est le Délégué Départemental du Ministère de la Communication pour le département de l’océan. Le modérateur : Mr le Délégué du MINCOM de la ville de Kribi, en plus des médias classiques qui y sont installés, il y a un grand changement qui s’annonce et cela appelle beaucoup plus de boulot pour vous ? Mr le délégué du MINCOM : Il y a effectivement beaucoup de changements, je dois avouer que le concept même de ville intelligente, part de la ville de Kribi parce qu›il y a beaucoup de solutions numériques. Au-delà de la communication classique, il y a l›économie qui est créé par le numérique parce que le Chef de l›État a d›abord voulu que ce soit un hub numérique. Le site où le SAEDEL émet en ce moment abrite 2 points d›intéressement câble sous-marin Cameroun-Brésil et câbles sous-marins Cameroun-Nigeria. Au-delà de cela, il y a eu 2 grosses structures qui dictent la cité balnéaire ; le Port Autonome de Kribi qui a choisi la gouvernance par la dématérialisation, et la Communauté Urbaine de la ville qui a annoncé dès le début de son mandat que Kribi sera une ville intelligente. Donc à partir de la vision du Chef de l’État qui a fait de Kribi une « Smart town » et les deux grosses structures – le PAK et la Communauté Urbaine de Kribi -, tout le reste vient s’intégrer dans cela. Donc en dehors de KLAPEERS et Mr BONJAWO fondateur du grand centre de formation de l’économie numérique, Kribi propose d’énormes solutions. Le modérateur : “Les défis de connectivité dans les villes émergentes”, Mr le Directeur face à cette problématique de ville émergente vous nous proposez des défis mais aussi des solutions? Le Directeur ; Pour faire une ville intelligente, il faut de préalables, à ces préalables dans notre contexte africain et camerounais en particulier, il faut ajouter les défis et ils sont nombreux : – Le premier défi, la zone étant enclavée, il est question d’installer des boucles locales dans la ville pour permettre le transport d’Internet jusqu’au dernier habitant, – Le deuxième défi est la connexion internet c’est-à-dire le débit internet que l’usager doit utiliser. Pour une Smart City, il est important de donner à la population un accès au hot spot gratuit. – Le troisième défi est la nécessité de mettre en place un réseau informatique pour amener le signal jusqu’au dernier habitant pour interagir avec sa ville. Aujourd’hui il y a des promoteurs qui nous offre Internet via nos téléphones portables, mais parfois le débit n’est pas suffisant, il nous faut garantir un débit subséquent d’avoir accès aux applications que nous avons. – Le quatrième défi concerne les applications, nous avons également dans la ville des applications qui vont permettre à chaque habitant qui a besoin de son acte de naissance de ne plus aller à la Mairie de se connecter tout simplement dans la ville intelligente et avoir accès au fichier qui lui permet d’avoir son acte de naissance. – Le cinquième défi fait allusion à la numérisation, concernant le processus d’urbanisation, on a numérisé les services, donc en janvier on aura la possibilité étant à Kribi d’interagir avec la Communauté Urbaine. 90 % des Services Publics seront déjà numérisés, ce sera la première fois au Cameroun. – Sixième défi porte sur le référencement. Après les applications nous allons attaquer l’usage du quotidien, nous n’inventons rien, nous venons tout simplement donner les facilités d’usage du quotidien grâce au numérique. Par exemple nous sommes dans une ville côtière et l’activité principale c’est la pêche. Donc, il est important qu’à partir de janvier tous les pêcheurs soient référencés dans la ville intelligente, afin que les gens qui sont à Douala ou à Yaoundé puissent se connecter dans la ville intelligente pour commander le poisson qui vient du débarcadère de Kribi sans se déplacer, ce sera une réalité. Cela va permettre déjà au pécheur de bien vendre leur poisson, aux vendeuses de rentabiliser leurs activités et de développer l’économie de la communauté urbaine. Si nous prenons le transport urbain, vous avez une ville qui est faite essentiellement de motos taxis, mais vous aurez à partir de janvier la possibilité d’arriver à Kribi, sans être un natif de la ville et se connecter à la ville intelligente et commander une mototaxi qui va venir vous chercher pour vous amener à destination. Vous voyez donc déjà l’interaction entre vous et la ville intelligente, mais cela ne sera rendu possible que si la connectivité est effective, une liaison internet pour faciliter les échanges de données. Bien évidemment le boulot de ce projet c’est le mini-center que la Communauté Urbaine est en train de construire derrière ses bâtiments se sera le centre, le QG qui va héberger le stockage de données. Il faut garantir et sécuriser la gestion de ces données personnelles. Nous avons pris l’exemple de la pêche et du transport urbain. Nous pouvons aller plus loin. Vous êtes à Yaoundé, il y a un événement qui se passe dans la ville intelligente, vous vous connecter tout simplement sur votre smartphone et vous aurez l’information, l’actualité sera mise en temps réel. Vous pouvez connaître ce qui se passe d’un point de la ville à l’autre point de la ville sans vous déplacer. Et ceux qui sont dans le domaine de la pêche pourront se connecter pour savoir ce que le Maire a fait pour la semaine, ce qu’il va faire pour le mois prochain et ce qu’on attend de lui en tant que citoyen dans la ville. Ce sont tous ces outils que nous mettons en musique dans la ville intelligente et ces défis qu’on a eu à relever sont pratiquement les mêmes défis que nous allons rencontrer dans les autres villes du Cameroun. Est-ce que se seront les mêmes problèmes de connectivité à internet à la résistance des changements ! L’exemple de la ville de Kribi est quand même extraordinaire, il faut bousculer les habitudes. Certaines personnes ne trouvent pas la nécessité d’aller faire une pièce d’identité, par contre étant dans la ville intelligente, il va se connecter, et il va se rendre compte qu’étant dans la ville intelligente, pour avoir beaucoup plus de commandes pour l’achat de son poisson par exemple, il est évident qu’il va comprendre qu’il doit se faire identifier, il va donc trouver la nécessité d’aller faire sa carte. Quand les transactions vont se faire de façon numérique, il faut identifier l’acheteur et le vendeur. Il s’agit là de l’une des stratégies que nous allons mettre en place pour dynamiser l’activité économique de la ville. Les autres activités commerciales ne sont pas en reste, les supermarchés, les boutiques et commerces dans les grands marchés. Aujourd’hui vous allez dans ces différents marchés, vous les connaissez parce que vous êtes venu à Kribi, mais vous serez à Yaoundé, Douala, Garoua et vous vous connectez pour commander un habit de la couturière de la ville de Kribi. Du moment où vous êtes sur internet vous vendrez dans le reste du monde, les gens de la diaspora camerounaise qui sont éparpillés dans le monde. Une personne qui est au Brésil, en Argentine, en France en Allemagne, qui veut bien commander un beau vêtement qui est confectionné par quelqu’un de la ville de Kribi, il va se connecter sur cette interface-là, il commande et reçoit par les moyens de transport ce qui l’a souhaité. Le modérateur : Réalité ou fiction 2023 c›est dans quelques jours qu›est-ce qui va réellement changer en 2023 quand je viens à Kribi ? Le Directeur : Quand vous venez à Kribi, la première chose qui va vous frapper c›est les QR codes un peu partout, ils vont vous permettre avec votre téléphone de scanner, il y en aura un peu partout dans la ville, dans les points de commerce, les bureaux administratifs et même dans des entreprises, chaque fois que vous allez scanner un QR Code, il va vous donner des informations sur là où vous vous aller, si vous êtes par exemple au niveau du débarcadère et que vous scanner le QR code qui se trouve là, vous verrez tous les vendeurs de poisson. Vous êtes à l›entrée de la ville à n›importe quel endroit où vous vous trouvez, vous scanner et vous allez avoir directement la liste de tous les motos. Ce sont là tous les éléments concrets et factuels que vous aurez à partir de janvier 2023. Le Délégué de la Communication est un homme de terrain qui vise la proximité réelle avec la population. Nous allons parler tout à l›heure de barrières et les habitudes qui peuvent être des barrières technologiques. Beaucoup ne sont pas prêts d’aller vers cette immigration. Mais la migration sera faite. Il y a eu un travail en amont qui a été fait par Monsieur le Maire avec les mototaxis. Des textes ont été signés. Monsieur le Maire en arrivant dans la ville de Kribi a décidé de faire de cette ville « un parangon de l’ordre urbain au lieu du parangon du désordre qu’il a trouvé ». Il y a une phase de campagne d’identification des mototaxi mens, Leurs domiciles sont connus, les noms sont connus, les numéros de chasubles, les lignes qu’ils sont supposés effectuées sont connus. Kribi est une ville culturelle et le Maire est en train de travailler pour que la ville ait un circuit touristique dans le cadre de cette ville intelligente. Nous voulons que tout le monde accède à cette notion de ville intelligente. Toutes les villes de l’océan se sont déjà intégrées dans un mouvement général d’évolution vers l’intelligence. Si vous allez dans la mer en eau profonde de Kribi, vous serez surpris. Tout y est numérisé, lorsque que vous y entrez, on vous montre une carte qui vous permet de voir là où vous êtes positionné. Toutes les opérations sont dématérialisées de telle sorte que le client qui se trouve au Tchad, en Centrafrique, au Gabon ou dans d’autres villes secondaires, peut se connecter et avoir les données voulues. Il y a un bon qualitatif qui est en train de s’opérer au niveau des mentalités, de la culture, les habitudes et au niveau de l’effectivité de l’économie de la ville. Mr Jean-Jacques ZE : Nous savons que nos villes sont encore au niveau basique avec la voirie urbaine, le transport, le ramassage des ordures, l›habitat, les marchés, est-ce qu›on n’est pas aller très vite en accédant à la ville intelligente ? Mr Hervé KENFACK : J›ai l›habitude de l›expliquer dans mes différentes conférences, tout peut se développer avec les outils de son temps. Quand je me rappelle Internet était très très cher à l›époque avec des débits très lents. Aujourd›hui au Cameroun, on a parfois le débit internet 5G pourtant certains pays ne peuvent pas encore avoir 4G. Aujourd›hui l›Afrique explique au monde entier l›usage du téléphone alors que le monde entier explique à l›Afrique l›usage de la carte bancaire. Pour dire que parfois, l›Afrique donne le ton et l›innovation peut parfois venir de l›Afrique. Aujourd’hui le paiement mobile est en train de prendre le pas sur le paiement bancaire dans notre continent. Alors pourquoi ne pas commencer une ville intelligente avec ce que nous avons comme outils technologiques, aujourd›hui rien ne nous empêche de mettre une plate-forme de ville intelligente, rien ne nous empêche de venir dans notre ville Kribi et d›installer les antennes locales radio. Donc les freins sont plus culturels, parfois les lourdeurs administratives, les habitudes des populations, le problème est beaucoup plus à ce niveau. Le modérateur: Comment expliquer donc aux populations qu’on est dans une ville intelligente et que ce n›est plus le téléphone ordinaire que l›on doit utiliser cela cause des dépenses quand même ? Le Directeur : Comme je vous ai dit, c›est par étape, nous pourrons commencer par accéder à certain pourcentage au début nous ne serons pas à 100 % on va y aller crescendo la première vague va concerner par 12 carrefours de la ville de Kribi. Ceux qui sont dans la zone commerciale administrative, nous avons commencé par des zones lointaines et en douceur. Dans le projet, il est prévu de mettre les smartphones à 10000 francs, mais des smartphones spécifiques. Le Chef de l›État nous a demandé d’oser et donc nous osons. Nous proposons des smartphones avec un système d›exploitation propre à la ville du Cameroun cette fois-là. Le modérateur : Qu’est-ce qui est donc gratuit dans cette affaire ? Dans la ville intelligente, on va donner le hot spot wifi à toute la ville lorsqu’on est à Kribi ? Mr le Directeur : Que ce soit les habitants ou les étrangers, on pourra recevoir un signal gratuit et se connecter gratuitement à partir de janvier 2023. Bien évidemment il faudra être dans une zone couverte et nous aurons le soin d›indiquer les zones qui seront couvertes au début. Mr Jean-Jacques ZE : La ville de Kribi va changer, on verra de moins en moins de contact humain, l›argent ne sera pas très visible. Mr Hervé KENFACK : Kribi bénéficie de sa position stratégique naturelle, je vous ai dit au départ que le Président de la République a voulu que dans la ville de Kribi, il y ait des points d›intéressement du câble sous-marin Kribi-Fortaleza au Brésil et celui du Nigeria. Alors si je prends l›exemple de notre téléphonie mobile, CAMTEL a voulu faire de Kribi un hub numérique commercial de l›Afrique Centrale, avec cette posture, la ville de Kribi à des prémices pour être ville intelligente. L’entorse est au niveau des mentalités, les habitudes. Toutefois le Maire de la ville travaille à ce que tout soit numérisé au niveau de la gestion de la ville, au niveau des personnels, au niveau de la promotion de la ville à l’extérieur. Le meilleur est ailleurs. Le Maire est allé à Dubaï où il y a eu une journée de la promotion du Cameroun à l›intelligence de Kribi. Le Directeur Général du Port Autonome de Kribi y était aussi, pour montrer comment une ville peut se transformer à partir de l’intelligence, c’est ainsi que Kribi a été retenue en Afrique Centrale et de l’Ouest, et le port de Kribi est aussi devenu le port d›échange entre l›Afrique Centrale, de l›Ouest, tout et le Golfe de Guinée. Il y a le changement de mentalité à opérer au niveau des populations de la ville en particulier. Le Délégué de la Communication. Vous m’avez posé la question au niveau de la communication que je gère en tant que Délégué de la Communication ; Une population moderne va vers le numérique, il y a une chaîne océan ville, les populations y sont connectés régulièrement pour avoir les informations de la ville, avec cette connectivité, avec l’assemblage d’acteurs, le Maire de la ville a signé un certain nombre de conventions par exemple avec IAI Cameroun, avec Mr Jacques BONJAWO, avec l’entreprise KLAPEERS, avec des cités intelligentes, tous vont aider à implanter cette ville intelligente. Et la ville de Kribi va permettre de dire que le Cameroun a fait un grand bond en avant en matière du numérique. Mr Jean-Jacques ZE : Le Bon numérique en question permet de favoriser les échanges des transactions et il y aura beaucoup d›évolution dans le fonctionnement de la ville on va facilement avoir sa mototaxi c›est une originalité. Mais si on n›est pas à Kribi, est-ce qu›il est possible d’aller vers une autre ville intelligente au Cameroun ? Si on n›est pas à Kribi qui bénéficie de deux points d›intéressement ? Mr Hervé KENFACK : Cela est bien possible parce que les 10 régions du Cameroun sont déjà interconnectées, on ne souffre plus au Cameroun d›avoir une connexion de bonne qualité. C’est au niveau du transport de la population que le problème se pose. Maintenant ce qu›on fait à Kribi c›est un cas d’école que l’on voudrait bien dupliquer dans les autres villes du Cameroun, mais il faut que cela commence quelque part. À partir de 2023 nous allons apprécier comment est-ce que ce premier cas est en train d›être implémenter et on verra comment dupliquer dans les autres villes. Mr Jean-Jacques ZE : La question du SAEDEL est celle du développement local nous voulons savoir comment cette technologie facilite de façon palpable le développement des collectivités territoriales ? Mr Hervé KENFACK : J›ai pris l›exemple du commerce numérique, le chiffre des affaires des acteurs va booster. Dans le cadre de la ville, le super Maire a bien spécifié qu’aucun acteur ne doit être du reste, c›est-à-dire, lorsque vous arrivez à Kribi, vous cherchez quelqu›un qui vous vend de la viande braisé (soya) dans le coin de la rue, vous devez l›avoir dans la ville intelligente, donc l›économie locale va être boostée par le petit commerce et va permettre que tous ceux qui n›étaient pas connus le soient. On voudrait montrer à terme comment avec la technologie on peut venir aider les acteurs locaux à booster leurs activités c’est le but. Mr Jean-Jacques ZE : C’est un projet très intéressant nous l›aimons bien, de pouvoir commander son poisson, sa viande braisée, de pouvoir appeler sur place sa mototaxi sans plus. b. Réactions des internautes et des personnes présentes dans la salle, facilitées par le modérateur. Réaction d’un internaute : ‘’C’est internet des blancs on connaît le Cameroun votre affaire-là ne va pas marcher ” Le Directeur de KLAPEERS : Je vous invite tout simplement à partir de janvier à vous connecter sur la ville intelligente parce que je préfère qu’on regarde les œuvres et non des explications. Réaction d’un internaute : Alors Kribi ville intelligente et les autres villes non intelligentes les rapports vont se gérer comment ? Le Directeur de KLAPEERS : C’est tout simplement parce qu’il faut un point de départ, parce qu’on ne peut pas embrasser tout le pays et le point de départ c’est la ville de Kribi. Les autres années avec le soutien du gouvernement, on pourra se déployer vers les autres villes. c. Echanges avec les auditeurs de la salle et le modérateur Réaction de salle, Mme Francine ASSOUZO’O, Secrétaire générale de l’Association des Femmes Ingénieures et Scientifiques du Cameroun, exposants au SAEDEL : Nous venons de nous rassurer que dès le 1er janvier nous pourrons véritablement nous connecter et apprécier véritablement cette ville intelligente. Par ailleurs nous nous intéressons à la l’éducation de la jeune fille dans mon association à propos de dépravation des mœurs, lorsque vous avez prévu cette ouverture au monde grâce à internet, quelle la sécurité avez prévue dans votre réseau pour la jeune fille qui va se connecter, nous avons déjà cette dépravation entre nous, lorsqu’on va promouvoir cette image-là à l’extérieur, comment allons-nous protéger ces jeunes filles qui vont vendre cette dépravation à l’extérieur ? Le Directeur de KLAPEERS : La première chose est que la ville intelligente est effective en janvier, nous n’avons pas dit le 1er janvier, la deuxième chose est au niveau de la connectivité, on n’est pas obligé de venir à Kribi pour toucher du doigt la réalité de la ville intelligente, que ce soit à Yaoundé, à Douala et partout dans le monde entier dès qu’on est connecté à internet, on peut se connecter à la ville intelligente. Je peux aussi vous rassurer pour aller en avance sur la réponse de la dépravation des mœurs. La ville de Kribi aura son Facebook, son WhatsApp pour permettre à toute la population d’interagir afin qu’on puisse sécuriser les données de nos enfants et de nos proches. Nous allons garantir cette intégrité dans la ville intelligente. Le modèle que nous avons développé ressemble un peu au modèle chinois. Dans cette ‘’smart city’’ vous avez un peu de tout dans ‘’all to one’’. Cela n’annule pas WhatsApp, mais pourquoi pas plus tard. Nous donnons rendez-vous à tout le monde en janvier. Le Délégué de la Communication : Au niveau local le gouvernement cherche à maîtriser la sécurité pour nos enfants. Le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille a mis sur pied tout un réseau d’associations pour s’intégrer de façon étroite avec la Communauté Urbaine de Kribi. Avant de toiletter au niveau des réseaux sociaux, il faut d’abord le faire à la base avec la société même. Ce travail est en train d’être fait de fond en comble au point où à la Communauté Urbaine de Kribi, vous trouverez un fichier des associations au niveau de la Délégation du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille avec des cycle d’éducation qui se font actuellement pour que cette dépravation s’éloigne de la jeune fille. Il y a beaucoup de séances de sensibilisation avec les autorités religieuses, l’Évêque a lancé une éducation dans les établissements de Kribi, de même que dans tout le Département de l’Océan pour que nous ayons une société un peu plus saine et un peu moins dépravée au niveau des mœurs. Rassurez-vous madame, on est en train d’y travailler. Madame le responsable de l’Action Culturelle à la Délégation du Ministère des Arts et de la Culture dans la ville de Kribi : Je voudrais savoir s’il y a eu un recensement des acteurs culturels, ou bien la culture n’est pas intéressée dans ce développement, dans ce changement de Kribi, il fallait peut-être faire un recensement des arts, parce que nous avons des arts que nous pouvons valoriser, par exemple ici au SAEDEL, les arts ont plus de 4 stands, est ce que nos acteurs culturels peuvent se rapprocher de vous ou c’est vous qui allez-vous rapprocher de nous ? Nous avons des fichiers sur l’art culturel ou c’est le tourisme qui va vous donner des fichiers ? Pouvez-vous nous donner plus amples informations à ce niveau ? Le responsable de KLAPEERS : La ville intelligente ou smart city est un développement participatif. Nous mettons en place un contenant et le contenu on le nourrit avec la population. À partir de janvier on va diviser la ville en 4, il y aura des groupes qui vont faire de la collecte des données c’est l’étape 1, et nous allons joindre l’équipe du Ministère des Arts et de la Culture pour le contenu concernant votre secteur d’activité. Le promoteur c’est le super Maire de la ville, KLAPEERS n’est que le support technique qui accompagne la ville. Madame Abena Aude, Présidente de l’Association des Femmes Ingénieures et Scientifiques du Cameroun : Nous avons pour préoccupations et pour soucis l’éducation. Nous voulons soutenir l’éducation inclusive de la fille dans le domaine des sciences, des mathématiques, Est-ce que notre contenu va aussi pouvoir intégrer votre contenant ? Nous voulons que la jeune fille ait accès aux nouvelles technologies, ce sont les innovations et c’est à nous d’accompagner la jeune fille et les jeunes. Je voudrais donc savoir si le contenu de notre association devrait aussi intégrer votre contenant. Mr Hervé KENFACK : Concernant le contenu, je peux vous assurer que le but ultime de cette intelligence c’est vraiment de connecter la population au numérique. C’est-à-dire, si à terme chaque citoyen de Kribi ne se lève pas comme un seul homme pour dire ‘’cette ville intelligente-là c’est la mienne nous aurons échoué’’. Il y aura un comité de validation des contenus parce qu’il ne faudra pas publier n’importe quoi, donc tous les grands contenus vont passer par la Communauté Urbaine. Ils seront triés et validés avant d’être publié. Si votre contenu est pertinent, il sera validé et publié. Le but ultime est d’utiliser cette technologie pour valoriser la culture, le commerce, la technologie, l’art au niveau de la population locale. C’est le gros challenge que nous voulons relever, ce n’est pas une technologie vue à l’occidental. Nous allons contextualiser et faire en sorte que dans n’importe quel secteur d’activité tel les motos taximen que nous appelons couramment bensikineur, le vendeur de soya, que chaque trouve l’intérêt à être connecté numériquement pour exercer son activité, et c’est à lui de trouver la stratégie pour y arriver, c’est cela notre job. Madame ZOBO épse TABI Marie Henriette rapporteur : Comment le projet de smart city va véritablement changer les habitudes dans le fond, en prenant l’exemple des grandes villes comme Yaoundé et Douala, il y a des grands espaces commerciaux qui ont adopté à un moment donné les codes QR pour que les clients puissent s’enquérir des prix des marchandises et ne soient pas surpris par les coûts des produits à la caisse. Comment allez-vous donc procéder pour qu’à Kribi les populations utilisent le code QR qui n’est pas dans nos habitudes et peut entrainer des résistances ? Mr Hervé KENFACK : C’est une question de stratégie numérique parce qu’elle a ceci de pertinent que l’on travaille sur le comportement des gens. On ne peut pas présenter la technologie comme à l’occidental ce serait une erreur, on va contextualiser la technologie à nos comportements locaux. Le test que nous avons fait est que les gens ne trouvent pas l’intérêt à aller faire une carte d’identité, la stratégie dans ce cas serait de lui demander ce qu’il fait au quotidien et de digitaliser ce qu’il fait au quotidien, sachant que c’est son activité principale, une fois qu’il verra les retombées de cette activité, nous lui dirons, si vous voulez continuer, faites votre carte d’identité, ce qui est sûr, il ira faire sa carte d’identité. Il en est de même pour le 40 RAPPORT GENERAL – Salon des Acteurs Économiques et du Développement Local -SAEDEL QR Code. Il y a 15 ans, nous avons présenté ce QR code, mais c’était trop en avance. Plus tard nous revenons présenter le QR code en disant, partout dans le monde tout est scanné, on scanne même quand on paye le billet d’avion, ou fait le check-in avec le QR Code. Si vous présentez le QR code de la même façon au pêcheur qui est dans la ville de Kribi, c’est sûr que cela ne passera pas. Pour utiliser un QR code de façon classique, il faut installer une application de QR code dans votre smartphone, c’est encore un travail. Donc dans l’application de ville intelligente. Vous aurez déjà de façon intégrée le lecteur de télé code déjà installé. De même pour le moto taximan, vous le sélectionner, vous appuyer, le QR code sort, il vous montre son QR code vous payez et c’est terminé. Donc c’est du QR code à QR Code dès qu›on attaque le QR Code à l›utilisation quotidienne des populations. Certes il sera présenté dans les différentes boutiques et centre commerciaux et autres mais, la démarche pour inviter les populations à l›utiliser sera complètement différente. Je donne encore rendez-vous en janvier pour voir comment est-ce que nous allons déployer tout cela, c’est vraiment excitatif rendez-vous en janvier. Le modérateur a remercié Monsieur Hervé KENFACK pour ces informations enrichissantes. Il a promis que nous serons tous là en janvier 2023 pour vivre cette grande mutation et la naissance de cette ville intelligente. Les remerciements sont également allés à l’endroit de Monsieur le Délégué du Ministère de la Communication pour les informations les orientations qu’il a données au public aux exposants mais également aux téléspectateurs qui ont également été remerciés.
5ÈME RENCONTRE ÉCONOMIQUE
THÈME : « COUTUMES ET CULTURE COMME LEVIER DU DÉVELOPPEMENT LOCAL ». Panelistes : Sa Majesté Roger MEKOUNDE est chef de 3e degré, SG d’ACCTM. Patriarche EBOUMBA Marc, notable de l’Arrondissement de Campo à la frontalière avec la Guinée équatoriale. Modérateur : Mr Jean-Jacques ZE
Au-delà de ces grandes plages avec du sable fin le vent marin les cocotiers et l’intense activité piscicole, la ville de Kribi est un carrefour de traditions et cultures avec des rendez-vous culturels mondialement connus qui se tissent autour des festivals. La chaleur de ces différentes communautés ajoute à la beauté de la cité balnéaire et de l’ensemble du département de l’Océan, ces groupes culturels et traditionnels qui sont bien organisés et qui mènent des différentes activités avec des calendriers qui ont des dates bien connues. Il y a la date du 29 mai et le 14 février avec les souvenirs de 1937 qui rappelle la déportation. Le SAEDEL est conscient que la culture est l’un des leviers de développement local. i. Interaction entre le modérateur et les panelistes Mr Jean Jacques ZE, modérateur de cette conférence, introduit les panélistes, gardiens et garants de la tradition, sa Majesté Roger MEKOUNDE est chef de 3e degré, il est secrétaire général de l’Association Culturelle des Chefferies Traditionnelles ACCTM, il est également Secrétaire Général du Bureau du Conseil Départementale des chefs traditionnels de l’Océan. Le modérateur lui a passé la parole et il a complété sa présentation. Sa majesté MEKOUNDE : L’Association Culturelle des Chefferie Traditionnel NDOWE est un recouvrement de la tribu NDOWE au Cameroun. Elle représente plusieurs ethnies avec 500 chefs coutumiers ce qui nécessite un regroupement avec pour objectif de faire ressurgir et valoriser la chefferie coutumière parce que l’administration, la religion et la chefferie traditionnelle ont tendance à faire disparaître la chefferie coutumière. Mr Jean Jacques ZE : Patriarche EBOUMBA Marc notable de l’Arrondissement de Campo à la frontalière avec la Guinée équatoriale. Est-ce que la cohabitation se passe bien le pays voisin? Le Patriarche EBOUMBA Marc : La cohabitation se passe très bien même si la Guinée Equatoriale à des habitudes à se fermer par rapport aux habitudes des Camerounais. Mais nous pensons qu’il est important d’entretenir les rapports d’échanges commerciaux qui se sont toujours déroulés entre le Cameroun et la Guinée Équatoriale. Mr Jean Jacques ZE : Lorsque vous allez chercher les marchandises en Guinée équatoriale vous produisez quoi ? Le Patriarche EBOUMBA Marc : Le NDOWE est d’abord un regroupement des personnes, des familles et des peuples. Notre histoire commence au Congo Brazzaville parce que les NDOWE sont composés de 5 regroupements. Au Congo Brazzaville, au Gabon, et les trois autres regroupements se retrouve au Cameroun donc les 5 sont répartis en Afrique centrale. Mr Jean Jacques ZE : Quelle est l’impact économique de ces échanges culturels ? Le Patriarche EBOUMBA Marc : La pêche maritime, le manioc, le plantain, la patate douce ce sont là les vivres permettant de nourrir les populations. Cependant la production est faible, mais il y a un réveil. Le modérateur : Nous allons beaucoup parler de rendez-vous culturel ce qui unit et ceux qui désunit dans la ville de Kribi. Le 9 mai est souvent connu comme le maili. Et le 14 février c’est le february, qui sont les fêtes commémoratives du retour de la déportation, Patriarche la déportation représente quoi, il s’agit exactement de quoi ? Le Patriarche : Le peuple de la côte, lors de la guerre de 1914 est déporté du côté de Moliko par les bateaux qui y sont restés vers 1918. Les peuples ont commencé à revenir par petits groupes et ont intégrés leur village. Le 14 février est la date où ils ont mis pied chez eux. Les peuples Banoh sont venus le 9 mai. Chaque communauté fête son retour au bercail pendant ces dates-là. Cependant les coutumes sont les mêmes, ce n’est qu’au niveau du langage orthographique qu’il y a une petite différence. Mais un effort est fait pour que les deux événements celui du 9 mai et celui du 14 février soient rassemblés en un seul événement, parce que ces deux dates représentent une même histoire : le retour de la déportation, et lorsqu’il faut revenir au village, c’est tout le monde qui revient même si c’est à des dates différentes. Malheureusement, les intérêts de ces fêtes sont devenus commerciaux et politique pour des positionnements des uns et des autres ce qui est en train d’entrainer des notes négatives dans nos coutumes, dans les commémorations de mai et de février. Le modérateur : Alors pourquoi est-ce que vous ne vous asseyez pas pour restaurer l’histoire ? Le patriarche : Vous savez, on va vous dire, aucun chef ne commande l’autre mais, il y a eu une assise en 2008 où tous les chefs ont accepté et signé le pacte du rassemblement, malheureusement à ce jour, certains chefs se sont débinés à cause des intérêts personnels. Mais lorsque vous faites un serment devant les gens et que vous ne le respectez pas, vous sacrifiez des générations à venir et vous entraînez une malédiction pour trois générations sur les populations équivalentes à 140 ans X 4 ans. Une autre chose, la tradition a enseigné la langue française aux enfants, alors que dans la coutume chaque parent a le devoir d’enseigner à son enfant sa langue maternelle, Cela peut être une malédiction, une autre chose grave, nos enfants n’ont pas reçu l’éducation coutumière, Il y a également la culture coutumière avec l’arbre généalogique, c’est ce qui fait la réalité d’une histoire que nous sommes en train de vouloir écrire. Nous voulons remédier à tout cela et avoir la cartographie de notre peuple, parce que la modernisation est venue démolir tout cela et aujourd’hui nous sommes en train de reconstruire, pour que la nouvelle génération ne soit plus désorientée, Afin que nos enfants soient intégrés, mieux vaut tard que jamais. Nous demandons à chacun de trouver une date pour commémorer la déportation, nous devons aujourd’hui apprendre à vivre en parfaite harmonie. Les jeunes doivent croire à la force de nos coutumes. Nous avons les traitements traditionnels qui ne nous empoisonnent pas et qui nous donnent une bonne santé. Nous voulons rassembler tout le monde pour donner et recueillir le meilleur de nos populations, en nous respectant les uns et les autres parce que chacun a une valeur qui va apporter une plus-value.
6ÈME RENCONTRE ÉCONOMIQUE
THÈME : « PRÉSENTATION DU PLAN DE DÉVELOPPEMENT DE LA RÉGION DE L’EXTRÊME NORD » Paneliste : Mr Daniel KALBASSOU, Président du Conseil Régional de l’Extrême Nord. Modérateur : Mr Alain BELIBI. Mr Alain BELIBI modérateur de la conférence avec Mr Daniel KALBASSOU Président du Conseil Régional de l’Extrême Nord.
L’extrême Nord à l’heure du premier bilan comme partout dans le pays, en ce qui concerne le processus de décentralisation, a connu une avancée décisive il y a un an avec la mise en place du Conseil Régional. Une structure qui est censée parachever la concrétisation de la décentralisation. C’est la décentralisation comme méthode et accélérateur de croissance. Le Conseil Régional de l’Extrême Nord à l’heure du premier bilan, Mr Daniel KALBASSOU vous êtes au SAEDEL en votre qualité du Président du Conseil National de l’Extrême Nord. a. Présentation de la Région de l’Extrême-Nord. Mr Daniel KALBASSOU : Beaucoup de gens ne connaissent pas l’Extrême Nord qui a une superficie de 34262 km² avec 5 millions d’habitants dont 60 % ont moins de 35 ans. Il compte 6 départements, 47 arrondissements et 48 communes. L’Extrême Nord est frontalier ou Tchad et au Nigeria. Nous avons bâti notre Plan Régional de Développement pendant la première année de notre mandat. Nous avons consulté et intégré les Plans Communaux de Développement, nous avons aussi pris en considération les préoccupations des partenaires au développement en nous appuyant sur des Plans Communaux et Sectoriel de Développement. Un tour a été fait dans les 6 communes pour recueillir les préoccupations des Maires, des Conseillers Régionaux et toutes les autorités de la Région, tout ce qui devait être intégré dans le Plan de Développement. Le MINDEVEL, après ce travail, nous a envoyé des experts pour élaborer et finaliser notre plan Régional de Développement. C’est ainsi que notre Plan Régional de Développement a été élaboré et approuvé en novembre dernier lors d’une session du Conseil National de Développement. Notre Plan se présente en quatre programmes : – Le premier programme considère les services sociaux de base c’est-à-dire la santé l’éducation ; – Le deuxième programme s’intéresse à l’économie ; – La troisième concerne la protection de l’environnement ; – Le troisième programme porte sur la citoyenneté, le sport, la culture et tout ce qui s’en suit. Donc notre Plan de Développement de 4 programmes se décline en 81 actions. Il est évalué à 654 milliards de francs CFA pour les 5 prochaines années. Quelles sont donc nos priorités ? Les statistiques de l’Extrême Nord ont un certain nombre de points faibles donc le diagnostic quand on regarde le taux de scolarisation, il est de 20 % contre 54 % de moyenne nationale Pour 10000 habitants nous avons 1,38% de spécialistes de la santé et autres alors qu’il nous faut 23 % pour servir correctement 10000 habitants. Il y a également un gros pourcentage en besoin d’énergie. Le taux de pauvreté est aussi très élevé 74,3% contre une moyenne nationale de 37,3%. Cela veut dire que 74,3 % vivent avec moins de 1 dollar par jour. Les éléments de développement dans l’Extrême Nord porte sur l’agro-pastorale qui dispose d’un million de tête de bœufs, 5 millions de petits ruminants, de la volaille, du poisson. En agriculture, l’Extrême Nord produit sur l’échelle du Cameroun : 61 % d’huile, 79 % des oranges, 40,7 % de coton, 42 % d’arachide, 65 % des légumes, 36 % de soja etc. Cette production est traditionnelle. Maintenant il faut moderniser tout cela et transformer parce que cela n’enrichit pas. Si nous prenons l’exemple du soja, on achète un sac à 22000 francs CFA et lorsqu’on le transforme le tourteau de soja nous allons générer plus de richesses et les économies d’échelle. Le premier pilier est de transformer nos handicaps en opportunité et la première opportunité est de créer des barrages de retenue d’eau pour alimenter les populations et protéger l’environnement. – Le premier handicap est le problème de l’eau dans le Région du Nord est qu’il pleut beaucoup en 3 mois et en 6 ou 7 mois il n’y a pas d’eau ; – Le deuxième handicap est le taux d’éradication, il est de 5,8 comparer à la moyenne nationale qui est de 2,4 c’est-à-dire 5,8 KWH au mètre carré d’éradication solaire, il faut donc transformer cela en énergie solaire ; – Le troisième élément est la protection de l’environnement et de la biodiversité. Si nous avons de l’eau, nous pouvons planter l’anacarde qui est très recherché au niveau mondial et la zone est idoine ; – Le quatrième élément est l’entretien routier pour pouvoir désenclaver les zones de production ; L’autre pilier concerne le mode d’agriculture, si l’on regarde la superficie de l’Extrême Nord qui est de 32000 km il y a 18000 km cultivable et sur les 18000 km l’agriculture se fait de façon traditionnelle. Dans le cadre de la promotion du développement de la Région nous avons organisé une foire économique avec 300 stands, une foire à bétail qui a regroupé 1200 bêtes. Nous avons organisé les conférences pour expliquer les potentialités de la Région à nos populations avec le Plan Spécial de Développement de l’Extrême Nord tel qu’instruit par le Chef de l’État qui a disponibilisé 100 milliards de francs CFA pour financer notre Plan Régional de Développement. Nous devons faire des résultats pour pouvoir enclencher le développement de la Région de l’Extrême Nord du Cameroun. Pour la mise en œuvre de ce plan nous avons décidé d’acheter le matériel des travaux publics pour désenclaver la Région et commis une société de travaux publics pour accélérer la mise en œuvre de ce processus. Nous avons aussi commandé les tables bancs et les fournitures médicaux. Dès l’année prochaine les travaux d’entretien routier vont démarrer, de même que la construction d’écoles, nous avons des établissements secondaires qui ne sont pas équipés, nous allons les faire fonctionner avant de construire de nouvelles écoles. La même chose sera faite pour les centres de santé. b. Échanges avec Mr le Président du Conseil Régional de l’Extrême Nord. Mr Alain BELIBI : Mr le Président du Conseil National de Développement du Nord, vous avez défini un plan qui se base sur 112 activités, est-ce que vous allez y arriver ? RAPPORT GENERAL- Salon des Acteurs Économiques et du Développement Loca l-SAEDEL 45 Mr Daniel KALBASSOU : C’est un programme et en tant que tel, il se fait en 5 ou 10 ans. Même si notre mandat ne reste que de 3 ans, nous allons mettre de bonnes bases – avec des priorités la maîtrise de l’eau, l’énergie -, nous devons faire des efforts si nous voulons améliorer la production agricole. C’est dans les 3 ans qui nous reste, si nous réussissons à réaliser 5 éléments prioritaires, nous aurons avancé. Mr Alain BELIBI : Quelle est la raison du retard de la région de l’Extrême Nord dans tous les domaines en 2022, quelles réponses pouvez nous nous donner ? Mr Daniel KALBASSOU : Le taux de pauvreté a beaucoup affecté les populations de l’Extrême Nord, tout dépend de l’agriculture et de l’élevage qui sont faites d’une façon traditionnelle. Le problème est de moderniser notre agriculture et de passer à la transformation. Nous avons un million de têtes de bœufs, mais nous ne produisons pas de lait. Si nous prenons tout le septentrion, nous avons 5 millions de têtes de bœufs, pourquoi ne produisons-nous pas de lait ? La viande de bœuf est plus rentable lorsqu’on le vend à 4,5 ans, mais on le vend à 10 ans. Il n’y a pas de bâton magique, mais les mentalités doivent changer si tel est le cas nous pouvons dire dans deux ou trois ans quelque chose peut être enclenchée véritablement. Les gens doivent comprendre qu’ils doivent changer de mentalité, moderniser l’agriculture c’est cela notre objectif. Depuis 3 ans l’État a dépensé 200 milliards en divers projets de développement et la situation n’a pas changé, c’est l’un des débats que nous avons eus avec les organisations internationales. Pourquoi cela n’a-t-il pas changé ? Il y a des chantiers entamés et abandonnés lorsque les appareils tombent en panne les projets sont abandonnés et les organisations internationales ne sont là que pour nous aider, c’est notre responsabilité, les Camerounais doivent devenir les entrepreneurs si nous voulons le développement dans ce pays au lieu que nous vendons nos produits en état, nous devons transformer. Nous avons commencé la promotion, pour cela il y a les jeunes, il y a les femmes. Nous avons reçu plus de 150 associations nous avons demandé à toutes les associations de présenter les projets. Nous avons sélectionné 24 et nous sommes optimistes pour réaliser la grande mission que le Chef de l’État nous a confiée. Mr Alain BELIBI : Mr le président, votre plan pour les 5 prochaines années exigent 654 milliards où allez-vous les trouver ? Mr Daniel KALBASSOU : C’est un programme cela veut dire que c’est un développement concerté. Les communes apportent leur part, la région apporte sa part, les projets de l’État sont évalués à 300 milliards, nous avons le Plan Spécial du Chef de l’État et un projet sur 6 ans de plus de 1800 milliards de francs CFA, cela veut dire que nous évaluons, c’est un plan global, cela veut dire que si une commune construit un forage dans le cadre d’un projet nous n’aurons plus à construire le forage dans cette commune. Ce n’est donc pas la Région seule. Nous avons eu des rencontres avec des partenaires extérieurs l’Union Européenne en l’occurrence. Ils ont déclaré que c’est à partir de 2023 que leur plan biennal de développement démarre. Mr Alain BELIBI : Mr le Président est-ce que vous avez l’impression que vous aurez tout ce que vous attendez de la décentralisation ? Mr Daniel KALBASSOU : Lors d’une rencontre internationale à Lyon, nous avons parlé de la décentralisation, nous y avons discuté avec ceux qui sont dans la décentralisation depuis 10 ans, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, tous ces pays-là reconnaissent que ce n’est pas facile jusqu’au changement de mentalité. La politique c’est d’y aller progressivement avec le transfert des compétences et des ressources. Dans l’extrême Nord, si nous prenons les routes, il y a 6800 km de réseau routier et il n’y a que 800 Kilomètres de route nationale qui dépendent de nos artères, avec 2000 km de route publiques et 4000 km de routes communales. Vous voyez que c’est difficile. Toutefois il y a la volonté du Chef de l’État même si au niveau technique, il y a encore quelques difficultés. Présentement nous avons déjà reçu 4 transferts de compétences de 4 ministères. Mr Alain BELIBI : Quelle est la stratégie du Conseil Économique de l’Extrême Nord pour résoudre ses problèmes ? Mr Daniel KALBASSOU : Nous avons commencé à rechercher les partenaires, il y a deux groupes qui nous ont déjà contactés, un groupe français – dont les conditions n’étaient pas favorables pour nous – et un groupe canadien qui est venu visiter l’Extrême Nord, ils veulent installer du matériel solaire d’une capacité de 50 Mégawatt. Parce que Garoua connaissait déjà beaucoup de déficit et l’État a installé une centrale thermique. Nous sommes passés à une installation de Centrale thermique de 72 mégawatts pour les trois régions septentrionales à ce jour. L’État pour compenser ces insuffisances a installé des centrales thermiques : une à N’Gaoundéré, de 15 MW, une à Garoua de 12 MW, une à Maroua de 15 MW et une à Kousseri de 5 MW. Ces centrales consomment en carburant 1 milliard de francs CFA par semaine. Autant dire qu’il faut trouver une solution rapidement parce qu’on ne peut pas continuer à y dépenser autant. Actuellement la société canadienne nous a envoyé un premier draft de 3 centrales solaires dont 2 de 20 MW et un autre de 10 MW pour un coût total estimé de 59 milliards avec stockage de 70 milliards. Les études montrent qu’on récupère les investissements en 10 ans. Heureusement comme le dit le Ministre des Finances aujourd’hui, le développement ne dépend pas de l’État tout seul, Il y a les partenariats avec les structures qui veulent investir dans certains domaines avec pour option de rétrocéder au bout d’un certain nombre d’années, lorsqu’ils ont récupéré leurs investissements. Nous avons aussi fait des études dans des villages des communautés qui comptent 200 à 500 habitants, de 2000 à 5000 habitants. Le coût pour créer une centrale voltaïque est de 80 millions pour moins de 500 habitants, et entre 2000 et 5000 habitants, il faut compter entre 300 et 500 millions par village. Nous devons y travailler. Mr Alain BELIBI : Qu’allez-vous faire pour renverser la tendance de la pauvreté ? Mr Daniel KALBASSOU : Avec la maitrise de l’eau, nous pouvons renverser cette tendance en développant les barrages de 400 mètres cubes d’eau qui peuvent irriguer 20 milles hectares et cette eau en descendant, on peut mettre les turbines et avoir de l’électricité. Notre plan a été l’un des premiers à être finalisé parce que financé par le bassin du Lac Tchad, c’est un avantage. Nous sommes en train de faire des projets pour bâtir les retenues d’eau dans chaque village. La Loi sur la Fiscalité Locale n’est pas encore sortie, la loi sur la Fonction Publique Locale n’est pas encore sortie, pourtant, nos projets sont déjà finalisés, ce sont les éléments qui devraient permettre d’accélérer le financement de nos projets. Le FEICOM nous a écrit pour nous dire qu’il va financer certains de nos projets en l’occurrence celui sur l’autonomisation de la femme pour 10 000 femmes qui est déjà prêt, donc nous passons à la phase de réalisation l’an prochain, soit sur fonds propres, soit sur financement des organismes qui sont déjà prêts à financer ces projets. Mme ZOBO Marie Henriette épse TABI, Rapporteur Général du SAEDEL : Quelle est la stratégie que le Président de Conseil de l’Extrême Nord va adopter pour que la jeunesse qui est plongée dans la pauvreté adhère au programme ? Mr Daniel KALBASSOU : Nous avons fait le tour des départements pour demander aux intéressés ce qui les intéresse, ce qu’ils veulent, de même que le tour des communes. Nous avons associé les députés, les Maires, les associations pour essayer de définir quels sont leurs besoins exacts et pouvoir les transformer en projets. Pour nous c’est la meilleure stratégie et c’est ce qui a été fait avec le projet d’autonomisation de la femme, ce sont elles qui ont exprimés leurs besoins et nous les avons transformés en projet, c’est la seule façon d’amener les gens à adhérer aux projets. L’autre élément c’est la formation – les femmes font la pisciculture et avec l’eau issue de cette pisciculture, elles l’utilisent pour faire les maraichers – et leur expliquer que nous ne sommes là que pour les aider, c’est leur affaire. Pour la jeunesse, nous avons vu les statistiques de la FENASCO A et B, l’Extrême Nord est toujours parmi les 2 premières régions et ceci n’est pas suffisamment exploité, c’est un potentiel. Nous avons les groupes de dance patrimoniaux, cela a mobilisé beaucoup de jeunes, ils sont intéressés au sport. Nous avons créé le Conseil National des Jeunes, nous avons formé 70 jeunes pour cela à Garoua, ils viennent de 47 arrondissements. Nous allons les utiliser pour sensibiliser, former la jeunesse. Nous les utilisons aussi pour faire le tour des villages pour expliquer, mobiliser et dire comment nous devons développer et moderniser notre agriculture et notre élevage. La population augmente et l’espace n’a pas changé, donc on ne peut pas continuer à faire l’élevage comme cela se faisait avant. Nous devons copier comment cela se fait chez ceux qui n’ont pas beaucoup de terre, acheter le matériel moderne et apprendre aux populations à l’utiliser, apprendre aussi à fabriquer nos propres équipements adaptés à nos besoins pour atteindre l’émergence. Mr Emmanuel MPOH opérateur du développement formé à l’INJS, Président d’une association locale de développement : Mr le Président, vous dites que la Loi sur la Fonction Publique Locale tarde, quelle sera votre stratégie pour trouver les ressources humaines pour bâtir ce programme ? Mr Daniel KALBASSOU : Pour le moment cette loi n’est pas sortie mais finalisé. Sans cette Fonction Publique Locale, sans la Fiscalité Locale, et sans l’appui du gouvernement et des organisations internationales et même la libéralisation, chacun peut créer une centrale solaire dans son village et récupérer l’argent, actuellement il y a le système du prépayer, chacun peut acheter à la mesure de ses moyens, donc ce ne sont pas les étrangers qui vont développer le Cameroun, nous devons être partenaire et chercher à capter les technologies. Pr Alain MBELA, géographe, Communauté Urbaine de Douala : Félicitation Mr le Président du Conseil du l’Extrême Nord. Malgré l’immensité de la tâche et au-delà de la pauvreté, la région de l’Extrême Nord est aussi l’une des plus belles. On est surpris de n’avoir pas entendu parler du tourisme qui semble être une source de divises, dont un atout, quelle est la stratégie que vous mettez en place pour le développement de ce tourisme ? Par ailleurs vous nous avez présenté un programme de 650 milliards en 5 ans, ce qui représente 130 milliards par an, est ce que ce plan est réaliste au regard de tout ce que vous avez vécu comme problème à l’Extrême Nord ? Enfin sur le plan du climat, j’aurais souhaité que le plan ait également les éléments d’adaptation sur le plan climatique, parce que la région est régulièrement victime d’inondations, 3 mois de pluies liés aux fortes catastrophes que l’on ne peut changer, quelle est la stratégie de l’Extrême Nord pour s’adapter à cette situation ? Mr Daniel KALBASSOU : Merci pour ces questions, effectivement la région est touristique et dans notre plan cela existe bien, même si nous n’en avons pas parlé ici, il y a un document qui est en élaboration sur le potentiel touristique de la Région de l’Extrême Nord et il sera disponible dans 2 mois. Il y a beaucoup de potentialités avec le Park de Waza, les lacs, les zones des montagnes à mettre dans le Patrimoine Mondial. L’UNESCO a envoyé une équipe pour finaliser tout cela. Les problèmes de Boko Haram ont tout ralenti, mais le travail est en train d’être fait actuellement. Avec le Ministre des Forets, nous avons fait le tour des 5 Parks. Le problème actuellement c’est d’abreuver toute la richesse faunique et de la nourrir, il y a des plantes et les arbres que les bêtes mangent que nous pouvons planter. Les feux de brousses ont un effet négatif et il faut aussi y trouver des solutions et cela ne passe que par les explications, les négociations, des formations pour tous ces villages qui vivent autour du Park, comment est-ce que le Park peut devenir une source de revenu pour eux, il y a des partenaires comme la GIZ qui peuvent nous appuyer sur ce domaine. A propos des 650 milliards, c’est une question qui revient de façon récurrente. Actuellement comme projet en cours, nous avons lancé un projet dans le Logone et Chari de 30 milliards, nous venons de signer un projet dans l’agriculture d’environ 1 milliard. Nous avons été associé à une étude pour la construction de la route de 140 milliards, il nous a été demandé quelles sont les activités sociales que nous pouvons mener autour de cette route avec la construction des écoles, les centres de santés et les marchés à une distance de 1.5 km de chaque côté tout au long de cette route. Le MINEPAT a signé une convention. La première phase de construction de l’Extrême Nord est de 265 milliards. Donc ce n’est pas seulement nous qui finançons notre plan de développement, tout ce que l’Etat, les organismes peuvent investir rentre dans le financement de notre programme de développement. Nous ne pouvons effectivement pas changer de climat mais, le problème est celui de l’eau, nous devons garder l’eau pour l’utiliser plus tard, nous avons le programme de reboisement avec le ministère de tutelle. Nous devons nous demander comment transformer les ordures ménagères en compostes et comment transformer les plastiques en autres choses parce qu’ils polluent notre environnement ? Il y a des projets pour tout cela avec les partenaires et certaines régions qui ont une avance et dont nous pour copier l’expérience. Nous avons une banque de projets que nous allons soumettre à nos partenaires selon les spécialités. Le MINEPAT nous a demandé nos priorités et nous les leur avons envoyés. Mr Lucien ESSONO, architecte urbaniste et géographe, membre du Laboratoire de Géographie à l’Université de Douala spécialité territoire et environnement : Ma préoccupation se trouve au niveau du 3ème programme de votre Plan de Développement, notamment en ce qui concerne la culture, quelle est la place accordée aux industries culturelles dans le développement économique de la Région et quelle stratégie mise en place par les administrateurs de la Région pour préserver et valoriser les valeurs culturelles ? Mr Daniel KALBASSOU : Le patrimoine culturel est très important pour l’Extrême Nord que ce soit au niveau des danses traditionnelles, l’artisanat, les constructions, il y a beaucoup de choses à exploiter. Nous avons organisé un forum il y a quelques jours et l’an prochain nous en organiserons sur le sport et la culture avec pour objectif de savoir ce que les populations veulent afin de transformer leurs besoins en projets et faire financer avec les partenaires. Nous sommes en train d’exploiter tout cela pour voir quelles sont nos priorités. C’est vrai, la culture est importante, c’est un outil de cohésion social et du vivre ensemble, mais nous avons des priorités selon ce qui va transformer l’Extrême Nord. Parce que nos priorités sont l’eau, l’électrification, l’environnement et l’entretien routier ce sont là nos projets structurants, sans négliger les autres projets. Mme ABOMO Estelle Chef de Bureau Commerciale à la SCDP Direction Générale : Je ne vois pas la place des entreprise citoyennes telles que la SCDP dans votre programme, si je suis affectée à l’Extrême Nord je vais refuser de travailler ? Mr Daniel KALBASSOU : Le programme est énorme, on ne peut pas tout citer, la SCDP y a son rôle puisque nous avons une usine d’embouteillage de gaz, actuellement nous consommons 1500 m3 de gaz selon les statistiques officielles. Notre préoccupation est pourtant de voir comment faire pour ne pas consommer trop de bois pour protéger notre environnement, une étude est en train d’y être faites pour solutionner cela. Nous pensons aussi à la carbonisation du son de riz en charbon et remplacer le bois. Un autre projet soumis aux communes est de créer les forets que l’on couperait et replanterait pour ne pas trop amener la désertification, il y a beaucoup de choses et des projets. Le coût de la bouteille de gaz est élevé, …, le sous-sol de l’extrême nord est riche et quand il faudra l’exploiter on aura besoin de vous, pour avoir de l’eau nous avons besoin de techniciens, donc nous avons besoin de vous. Le modérateur : Mr le président est ce qu’on est en train de transformer petit à petit, la décentralisation en panacée si les espoirs placés à ce processus venaient à être déçus ? Mr le Président du Conseil de l’Extrême Nord. Je ne suis pas pessimiste parce que c’est devenu la mode à travers le monde, même en Europe, la décentralisation est devenue la priorité, parce qu’il faut impliquer la population dans leur propre développement, c’est donc une évolution qui va prendre de plus en plus de l’importance. On peut toutefois se poser la question de la vitesse, mais comme il y a la volonté politique, il n’y a pas lieu de s’inquiéter, c’est une bonne chose et je suis confiant. Nous comptons sur tous, ce n’est pas seulement le politique, ni la région, ni l’Extrême Nord, c’est pour nous tous et dans tout le Cameroun.
7ÈME RENCONTRE ÉCONOMIQUE
THÈME : « EMPLOI ET PROMOTION DES INVESTISSEMENTS ».
Panelistes : Mme LAN A YASSI épse MENGUE, chargée d’études au FNE agence de Kribi. Mr Franck NTONGA TIENNOU, chef service de la Promotion du Secteur Secondaire de l’API. Modérateur : Mr Jean Jacques ZE
Une autre conférence thématique, une rencontre économique qui nous présente d’autres opportunités de la cité balnéaire Kribi, mais également les CTD sur l’ensemble du territoire national. Le modérateur, Mr Jean Jacques ZE a eu des échanges très interactifs avec deux structures, le Fond National de l’Emploi et l’Agence de Promotion des Investissement sont au cœur de ces opportunités. Pour mieux comprendre leur rôle au niveau local. La première ouvre les voies de l’emploi, la 2nde ouvre la voie des investissements. Ces deux structures œuvrent depuis plusieurs décennies au développement du Cameroun. Nous avons écouté les uns et les autres sur les opportunités qui se présentent à Kribi et ailleurs au niveau des CTD. a. Interaction entre les panelistes et le modérateur Mr Jean Jacques ZE : Mme LAN A YASSI épse MENGUE, chargée d’études au FNE agence de Kribi. Que faisait le FNE avant l’existence du PAK ? Mme LAN A YASSI épse MENGUE : Le FNE a pour mission principale la promotion de l’emploi. Dans le département de l’Océan, il n’y pas seulement le port, la mission du FNE a toujours été d’accompagner les offreurs et demandeurs d’emplois. Mr Jean Jacques ZE : Y at-il une typologie de demandeurs d’emplois à Kribi ? Mme LAN A YASSI épse MENGUE : Nous recevons tout type de profil de ceux qui ne sont pas allés à l’école à ceux qui ont des doctorats, bref toutes personnes à la recherche de l’emploi sans discrimination. Mr Jean Jacques ZE : Mr Franck NTONGA TIENNOU, chef service de la Promotion du Secteur Secondaire de l’Agence de Promotion de l’Investissement de Kribi. Qu’est ce qui a motivé l’API à aller au Qatar ? Mr Franck NTONGA TIENNOU,: Nous y sommes allés chercher les investisseurs. Au Qatar il y a beaucoup d’investisseurs qui sont à la conquête des niches, des opportunités d’investissement. Le Cameroun est une opportunité d’investissements et Kribi qui nous accueille est dans un département qui n’est pas exploité à 70%. Nous sommes allés au Qatar en utilisant le label du Cameroun qui est l’équipe National. Lorsqu’on parle de S. Eto’o, de Roger MILA, on voit directement l’équipe nationale Camerounaise, Nous nous sommes dit avec l’approche du Conseil d’Administration, pourquoi ne pas utiliser ce label et voir avec la FECAFOOT dans quelle disposition nous pouvons faire vivre le Cameroun par notre propre label qui est l’équipe nationale du Cameroun d’où la mention « invest in Cameroun », que nous avons fait imprimer sur les maillots d’entrainement. Malheureusement, cela ne pouvait pas être inscrit sur les maillots de match parce que cela est du ressort de la fédération africaine de football. Donc nous y sommes allés chercher les investisseurs et d’ici quelques années nous verrons certainement les investisseurs venant du Qatar. Mr Jean Jacques ZE : Les arguments que vous présentez aux investisseurs c’est quoi, les terres fertiles, un pays stable, un pays de paix, un pays d’opportunités naturelles ? Mr Franck NTONGA TIENNOU,: Oui nous présentons le Cameroun comme une terre fertile, les espaces encore non exploités, le cercle de l’agriculture dont promeut régulièrement le Chef de l’Etat, nous avons le secteur de l’énergie, de l’infrastructure routière. Les résultats d’une promotion ne se voient pas à l’immédiat. La première chose est d’avoir des accords de principes qui sont un gain, les contacts et une base des données des potentiels partenaires. Mr Jean Jacques ZE : Le résultat de votre mobilisation au Qatar c’est quoi de façon plus concrète ? Mr Franck NTONGA TIENNOU,: Le Cameroun a été vu avec la petite finale Cameroun-Brésil, avec ce label nous avons vendu la destination Cameroun. Le lendemain, le Directeur Général a rencontré des investisseurs Qatari qui s’intéressent vraiment dans le domaine des infrastructures. Pour nous les résultats sont déjà là et nous continuons à les attendre. Mr Jean Jacques ZE : Dans l’action global de API et avec ce bilan, est ce qu’il est possible que les CTD se sentent concernés ? Mr Franck NTONGA TIENNOU,: Effectivement il est possible, nos pays sont très désenclavés et faire venir les investisseurs dans certains domaines est bénéfique pour nos CTD et avec l’avènement du port il y a déjà quelques partenaires installés au Cameroun, on en attend un peu plus. Mr Jean Jacques ZE : Lorsque le FNE s’installe dans une localité telle que Kribi, une ville balnéaire, il s’intéresse à la pèche ? Mme LAN A YASSI épse MENGUE : Lorsque le FNE s’installe dans une localité, il fait une prospection pour voir quelles sont les activités qi sont représentées et en fonction des demandeurs d’emplois que nous recevons, nous faisons faire un bilan du type de demandeur d’emplois que l’on rencontre. En ce qui concerne la pêche, le FNE contribue en finançant des GIC en offrants le matériel pour que la pêche ne soit pas trop artisanale, et les GIC témoignent de l’apport de ce matériel à l’amélioration de leur pêche. Le FNE n’a pas un fond disponible pour financer les GIC, mais il leur accorde des prêts remboursables, même si parfois il faut recourir à beaucoup de démarches pour se faire rembourser pour certains. Mr Jean Jacques ZE : Quelles sont les missions du FNE ? Mme LAN A YASSI épse MENGUE : Nous remercions le SAEDEL pour l’opportunité donnée pour expliquer les missions du FNE par rapport à l’une de ses cibles qui est le demandeur d’emploi. Il faut comprendre que le FNE ne créé pas les entreprises. Le FNE qui a pour fonction principal la promotion de l’emploi a pour mission de permettre à celui qui cherche un emploi de pouvoir trouver un emploi et de même qu’à celui qui cherche un employé de pouvoir le trouver. Il y a aussi l’intermédiation qui est un service au FNE. Le FNE a trois types de demandeurs d’emplois : – Les non-autonomes : – Les semi-autonome ; – Les autonomes. La plupart des demandeurs d’emplois que nous recevons sont non-autonomes. Ils s’attendent à trouver le travail au FNE, alors que le FNE n’est qu’un facilitateur, il faut commencer par leur faire maitriser son profil et comment faire de la prospection sur le marché de l’emploi et les mettre en relation avec ceux qui recherche leur profile. Donc, ce chercheur d’emploi est systématiquement coaché par un conseillé et on lui établit un plan d’accompagnement. Mr Jean Jacques ZE : Comment fonctionne les placements avec le port ? Mr Franck NTONGA TIENNOU: Nous l’appelons la mise en relation. Cela se passe des deux côtés, le port et les autres entreprises nous soumettent leurs demandes et le FNE aussi va vers les entreprises pour proposer la main d’œuvre adapté à leurs besoins. Mr Jean Jacques ZE : Vous êtes dans une zone à large proportion rurale, quelles sont vos autres actions ? Mme LAN A YASSI épse MENGUE : En dehors du financement de la pêche, nous avons aussi soutenu le programme manioc, le programme igname, et haricot. Nous accompagnons le demandeur en zone rurale et en zone urbaine, de même que les entreprises. Mr Jean-Jacques ZE : Quelles sont les missions globales d’API ? Mr Franck NTONGA TIENNOU: Les missions-promotions d’une agence d’investissement comme celle du Cameroun sont d’abord la promotion de l’image de marque du Cameroun à l’étranger, nous sommes un agent marketing qui va vendre la destination aux investisseurs de venir au Cameroun. Au niveau du Cameroun, nous avons comme mission l’accompagnement des investisseurs, l’accueil, le conseil pour son projet, nous n’aidons pas à la rédaction du projet, nous donnons des conseils, par exemple les demandes d’agréments, une autre mission est le renforcement de l’attractivité du Cameroun, nous jouons aussi le rôle de l’interface entre les administrations, le rôle de la facilitation fiscalo-douanière, l’accès au visa, agréments, … Voilà en quelques mots les grandes missions d’API. Mr Jean Jacques ZE : Pour le FNE, est-ce que vous avez la mission de conseiling ? Mme LAN A YASSI épse MENGUE : Au niveau du FNE, le conseil n’existe qu’au niveau du demandeur d’emploi dans le cadre de la promotion d’emploi indépendant parfois jusqu’au financement. Si le financement n’est pas disponible, le FNE aide à le rechercher, donc le conseil sera orienté vers l’accompagnement, la recherche des financements et comment s’installer. Lorsque le FNE finançait au début, le plafond était à 20 millions, mais aujourd’hui, le plafond est de 5 millions. Mr Jean Jacques ZE : Le Cameroun est souvent connu comme une destination où les lenteurs administratives freinent les investisseurs, où il y a la corruption règne, Comment gérez-vous tout cela ? Mr Franck NTONGA TIENNOU: Nous prenons en compte tout cela, l’API se déploie avec tout ce que le pays comporte, nous allons vendre les atouts du pays, l’investisseurs est plus renseigné qu’un citoyen lambda. Le Cameroun a aujourd’hui des opportunités qui sont sollicités sur le plan international. Mr Jean Jacques ZE : Quelle est la contribution d’API pour l’investissement dans l’arrière-pays ? Mr Franck NTONGA TIENNOU: L’API envisage d’intensifier sa collaboration avec l’arrière-pays pour continuer à accroitre les investissements ainsi que leur visibilité, par exemple, lorsque nous venons au SAEDEL à Kribi, nous ne vendons pas seulement le Cameroun de façon général, mais aussi de façon spécifique. Nous recherchons aussi une collaboration étroite entre certaines régions et communes et voir dans quelle mesure organiser les foras à caractère d’investissement, exemple le Maire de la ville a sollicité l’API pour le SAEDEL. Nous saisissons l’opportunité pour dire aux communes que « venez investir à Kribi ». Pour ventre une région, il faut présenter sa cartographie avec ses atouts. Mr Jean Jacques ZE : Comme le FNE, l’API n’est pas une banque ? Mr Franck NTONGA TIENNOU : Oui, l’API n’est pas une banque, c’est l’Agence de Promotion des Investissement et non une banque, donc nous vendons les opportunités d’investissement comme dans la plupart des pays, ce n’est pas seulement au Cameroun que l’on retrouve les API. Nous avons le digital, une page Facebook, twitter, la promotion de la communication est aussi en train d’être densifié. Mr Jean Jacques ZE : Le FNE est-il toujours engagé à l’accompagnement à la formation ? Mme LAN A YASSI épse MENGUE : Le volet formation est un service opérationnel, nous y accompagnons aussi bien les demandeurs que les offreurs d’emploi. Les premiers dans l’optique de les rendre opérationnels pour pouvoir acquérir des compétences pour se vendre sur le marché de l’emploi, toutes les personnes que nous avons formées (les plongeurs, conducteurs de bus …) sont recrutées. Nous avons deux types de formations – à courte durée et à longue durée. Les formations à courtes durée sont des formations formelles. Les FNE paie la totalité des frais de formation et le candidat se forme dans un centre agréé, et à la fin, il a son attestation de formation. Les formations à longue durées que nous appelons les formations sur le tas, ce sont les formations d’apprentissage tels que la menuiserie, la mécanique, … bref qui nécessitent beaucoup de temps pour assimiler le métier. Ces formations se passent aussi dans des centres de d’apprentissages agréés et l’apprenant en sort nanti d’une attestation de formation et il présente l’examen national dans un centre CIP OU un DQP. En entreprise, c’est un programme appelé Programme Emploi Diplômé GEP pour rendre le candidat professionnel, pour le rendre pratique et sortir de la théorie académique. Il est question de palier au problème d’expérience professionnel, c’est une sorte de stage pré-emploi, pour pousser le recruteur à faire confiance au candidat à l’emploi. Les entreprises qui acceptent de recruter en pré-emploi ont une exonération fiscale sur ces ressources. Mr Jean Jacques ZE : Comment fait-on pour accéder à l’obtention d’un agrément à l’API ? Mr Franck NTONGA TIENNOU: C’est un document qui donne droit à des avantages fiscalo-douanières pour un investisseur qui souhaiterait bien obtenir cet agrément, nous avons des incitations communes et spécifiques. Comme incitations communes, nous avons des exonérations douanières, fiscales, et tout ce qui va avec parce que tout cela est contenu dans la loi de 2013 portant incitation à l’investissement public au Cameroun. La composition d’une demande d’agrément est technique. L’investisseur doit venir avec un dossier en 5 exemplaires, la raison sociale, l’identité de la structure, les études de faisabilité, le plan de financement, l’origine des fonds, le plan marketing et financier, le plan d’amortissement du matériel à importer ou à acheter et surtout la liste du matériel à importer qui est la pièce maitresse. C’est cette liste qui permet à l’investisseur de bénéficier des avantages fiscalo-douanières tel qu’indiqués dans la loi de 2013. Le dossier peut être déposé en ligne, mais il doit se rendre à Yaoundé pour déposer une copie physique au quartier Bastos à Yaoundé. L’API a également une agence dans la ville Douala. La promotion qui a commencé au Qatar va se poursuivre à Dubaï dans les jours à venir. Mr Jean Jacques ZE : Il arrive qu’il soit demandé la présentation de la carte du demandeur d’emploi du FNE aux candidats, de quoi s’agit-il ? Mme LAN A YASSI épse MENGUE : C’est une carte qui est délivré à tous ceux qui s’inscrivent au FNE. Elle permet de bénéficier des services du FNE, quel que soit l’agence où le demandeur d’emploi se rend, cette carte permet de savoir que le candidat est déjà enregistré au FNE, dans cette carte on y trouve son identification, son numéro et l’Agence dans laquelle il s’est fait enregistré. Cette carte de demandeur d’emploi donne lieu à certains avantages. Le FNE a une base des données disponible dans toutes les agences. Un demandeur d’emploi qui se trouve à Garoua, si son profil est demandé à Kribi, il sera interpelé pour cette offre. Parce que notre système informatique est « National employement found » information system NEFISYS et chaque offreur d’emploi peut consulter les profils des candidats sur le nefisys.com. Lorsque le chef d’entreprise trouve le profil qui l’intéresse, il prend attache avec le FNE pour le connecté au candidat. RAPPORT GENERAL- Salon des Acteurs Économiques et du Développement Loca l-SAEDEL 53 Sur cette dernière information importante du FNE, le modérateur, Mr Jean-Jacques ZE a remercié le FNE et API pour toutes ces informations et à cette fidélité à dire tout ce qui est fait dans leurs organisations, mais surtout a remercié le SAEDEL pour l’opportunité donnée pour le faire.
8ÈME RENCONTRE ÉCONOMIQUE
THÈME : « INFRASTRUCTURES ROUTIÈRES COMME FACTEUR D’ATTRACTIVITÉ » Panélistes : Mr Maxime Théodore NGALLY responsable au MINHDU. Mr MBELLA responsable à la Commune urbaine de Douala. Modérateur : Mr Alain BELIBI.
Échanges interactifs avec les deux responsables Modérateur Mr Alain BELIBI : un plan d’aménagement est le premier document d’une ville telle que Kribi. Mr Maxime Théodore NGALLY : Une ville ne peut être aménagée si ce qui doit être fait n’a pas été prévu à court, à moyen et à long terme. C’est pour cela que la ville de Kribi a été créée et mis sous le financement du MINHDU. Nous avons mis sur pied un Plan Directeur d’Urbanisation qui a été lancé en 2010 et validé en 2013, puis quelques temps après, nous avons mis en place un Plan d’Occupation des Sols de Kribi 1er et Kribi 2. Aujourd’hui vu l’accélération du développement avec le PAK et son exploitation, nous devons actualiser ce plan de développement en prenant en compte ce qui existe actuellement et mettre une nouvelle vision sur notre voirie. En matière de projets d’intérêts prioritaires, un accent est mis sur le plan infrastructurel et l’organisation de transport avec un plan d’organisation du transport urbain. Il y a également l’aménagement côtier sur financement du MINHDU. À ce sujet, nous avons commencé à aménager le site sur lequel se trouve le SAEDEL et nous continuerons à chercher des financements pour les chutes de la Lobé. Sur l’axe principal nous mettons l’accent sur l’aménagement des infrastructures urbaines et la mobilité des citoyens. Mr Alain BELIBI : Douala est un peu plus ancien et a plus d’expérience que Kribi en matière d’aménagement et de l’occupation urbain, dites-nous ce qu’il en est Mr MBELLA. Mr MBELLA. Depuis 1959 le 1er plan d’urbanisation a été réalisé. C’est ce plan qui a structuré le Plan d’Occupation de Douala jusqu’en 1983. Donc de 1959 à 2015, il n’y a pas eu un outil de planification adapté. En 2012 le délégué du gouvernement a procédé à la réalisation de plusieurs études dont un schéma directeur dont a découlé le Plan d’Aménagement et d’Occupation des Sols pour les 6 communes. Le document a été approuvé en 2015, et le Plan d’Occupation des Sols a commencé à être mis en place. Douala est une ville qui a souvent des problèmes d’inondation. Douala a un réseau de drainage de 250 Km et il n’y a peine qu’une cinquantaine de km construits. A travers un financement de l’Agence Française de Développement un réseau de 38 km urbain a été construit. Cela n’a pas éradiqué le phénomène d’inondation, mais a permis d’améliorer les conditions de vie d’environ un million de personnes. En termes de mobilité, le plan de développement urbain a été approuvé en 2012, ce plan a été mis à jour en 2017 et la ville a pu réaliser un plan de mobilité urbain soutenable après une étude qui a permis de montrer que la ville a 5 à 6 millions de déplacements journalier. Il a donc été proposé un plan d’intensification en terme de transport de masse, et la mise sur pied d’un projet pilote de mobilité urbaine dans un réseau de transport dans un corridor de 29 km, va impacter 900 milles personnes. Il s’agit du corridor – Ndokoti, rond-point des douanes et Yassa -. RAPPORT GENERAL- Salon des Acteurs Économiques et du Développement Loca l-SAEDEL 55 Mr Alain BELIBI : Ce projet de transport de masse date d’un certain temps mais traine le pas, qu’est ce qui nous rassure que cette fois-ci est la bonne ? Mr MBELLA : Nous avons bénéficié en 2017 d’un financement de la Banque Mondiale et après un diagnostic, le projet a commencé à prendre corps. Ce Plan de Transport de Masse sera mis en œuvre à partir de l’année 2023 et le projet va durer 6 ans avec un coût de 350 milliards de FCFA. Mr Alain BELIBI : Lorsqu’on arrive à Douala, on a l’impression que c’est le désordre, que tout va dans tous les sens, ça grouille de monde qui va qui vient, des motos qui vont et viennent, il n’y a personne pour canaliser ces mouvements, est ce que vous pouvez vous défendre sur cette question ? Mr MBELLA : Vos observations sont vraies, Douala représente 80 % de l’activité économique du Cameroun, 75 % de trafic portuaire national et en terme de migration, c’est 10 000 personnes qui arrivent à Douala chaque mois, il faut trouver des solutions pour pouvoir gérer tout ce monde, avec les moyens qui sont les nôtres, nous faisons ce que nous faisons et nous faisons tout pour améliorer la situation. Mr Alain BELIBI : En ce qui concerne Kribi, la ville a été sans doute surprise par le développement, avez-vous avez l’impression que vous avez préparé tout ce qui vous arrive? Mr Maxime Théodore NGALLY : La Commune Urbaine est créée en 2009, et en 2011, c’est l’avènement du port avec la pose de la 1ère pierre. La ville fait ses documents de planification en 2010, et les prévisions et axes stratégiques de développement, et Kribi est passé de la cité balnéaire à ville industrielle portuaire. Nous avons beaucoup de problèmes : la mobilité, beaucoup de motos avec un projet de restriction de la mobilité des motos, la Mairie est dans le processus d’aider les partenaires au niveau international et national à mettre les taxis en circulation. En ce qui concerne le port, il n’a pas été prévu des servitudes, mais cela est en train d’être résolu. L’autoroute qui divise la ville est une voix de ségrégation, il faut penser à trouver des voix parallèles pour desservir les populations qui occupent l’autre côté de la ville. Tout cela ne se fait pas du tic au tac, nous avons lancé les études et la suite va se faire. Mr Alain BELIBI : Est-ce que les bidonvilles sont une fatalité à Douala ? Mr MBELLA : Ils ne sont pas une fatalité, il y a un développement important de l’activité informelle, ce qui favorise le développement des quartiers sous-occupés que vous appelez bidonvilles, entre 1959 «et 2015, la ville a évolué sans outil de planification, c’est cet écart de temps qui est à l’origine de beaucoup de choses que nous vivons aujourd’hui à Douala et nous essayons de rattraper ce que nous pouvons. Nous sommes accompagnés en cela à travers le MINDUH ces 5 à 10 dernières années. Il y a des choses qui sont faites en termes d’aménagement, des voiries et des infrastructures. A partir de 2015, un investissement en terme d’équipement pour remettre Douala à niveau, d’un montant de 100 milliards par an a été prévu pendant 15 ans. Depuis 2012 le budget de la ville de Douala n’a pas dépassé les 60 milliards en termes d’investissement et de fonctionnement. Vous voyez que la ville a besoin de plus en plus d’argent, et les ressources humaines pour avoir la possibilité de se remettre à niveau. Mr Alain BELIBI : Est-ce que le responsable que vous êtes va souvent à Ndokoti ? Mr MBELLA : Oui j’y vais souvent et j’en ressors avec un sentiment un peu difficile, le problème de Ndokoti est que, géographiquement, c’est le point central de la ville de Douala. C’est aussi ce qu’on appelle zone de rupture de la circulation, c’est-à-dire lorsqu’on vient des 4 coins de la ville, Yassa, Bonamoussadi, …, on y change de transport taxis ou autres. C’est ce phénomène qui entraine tout cet afflux avec le développement des commerces divers. On se trouve donc dans une situation un peu difficile qu’on essaie de rattraper. La question de mobilité urbaine adresse en partie la question de Ndokoti avec une gare centrale, le passage à niveau et souterrain et cela va redynamiser un peu la situation de Ndokoti, ce projet commence en 2023. Mr Alain BELIBI : Est ce qu’il ne vous arrive pas d’avoir peur de ce qui se passe à Douala concernant l’urbanisme pour Kribi ? Mr Maxime Théodore NGALLY : Ayant vu ce qui se passe à Douala, nous travaillons à ce que cela ne soit pas le cas à Kribi, nous voulons gérer le problème de construction dans les zones dangereuses, les zones à risques, par ce qu’il y a des zones qui sont devenu un problème public de fait, jusque dans les années 1980, ces zones n’étaient pas du domaine public, avec l’avancé de la mer, ces domaines sont devenus du domaine public de fait, parce que la mer a avancé, l’Etat doit déguerpir tout ce monde et les dédommager, parce que ce n’est pas de leur gré qu’ils sont dans ces domaines, mais à cause de l’avancée de la mer. Pour ceux qui construisent, parce qu’on leur donne les autorisations d’exploitation de l’emprise public, nous devons contrôler à cause de notre mission de régulateur de la construction de la ville avec les mairies de Kribi 1 et Kribi 2 et la communauté urbaine, afin d’anticiper ce type de constructions et de les stopper dès le départ au lieu de les détruire à la fin. En ce qui concerne les marécages, c’est d’abord un problème de mentalité. Il y des gens qui aiment construire dans les marécages, si l’on fait une étude sociologique pour savoir pourquoi ils ont cette préférence, ce ne sont pas toujours les pauvres. Il y en a qui pensent pouvoir acquérir moins chers et mettre beaucoup de moyens pour construite. Il n’est même pas interdit de construire dans les marécages, Les marécages sont un écosystème d’équilibre de l’environnement. Il a des conditions pour construire, si quelqu’un a des moyens pour le faire, on ne va pas le lui interdire. Pour ceux qui font le désordre urbain, la politique du Maire est de démolir sans état d’âme. Nous ne voulons pas nous retrouver avec les bidonvilles et les quartiers précaires qui vont nous demander beaucoup de moyens d’investissement au lieu de se concentrer sur les problèmes centraux. Une question du public : Je voudrais vous interroger sur ce que toutes les villes du Cameroun vivent en ce moment dans le cadre du transport des populations en rapport avec les motos, sont-ils incontournables ? Est ce qu’on peut canaliser les motos ? Mr Maxime Théodore NGALLY : On ne peut pas le dire, l’une des politiques de la ville de Kribi est de mettre l’accent sur cette activité. Il y a des plaques qui indiquent aux populations de ne prendre que les motos qui ont des chasubles. Puis nous leur demanderons de se faire peindre en une seule couleur, par ailleurs, nous leur demanderons de circuler en périphérie tandis que les taxis et les bus circuleront dans le centre urbain. Mr Alain BELIBI : Le cas de Douala nous rappelle qu’il y a des gens qui n’y conduisent plus à cause des motos-taxis, qu’en dites-vous ? Mr MBELLA : Douala c’est 80 000 motos, c’est beaucoup trop, nous voulons mettre sur pied un système de transport qui va permettre un transport urbain de masse de 11 lignes et permettre de faire 35 mn d’un point périphérique à l’autre, un bus rapide. Mr Alain BELIBI : Pourquoi nos villes ne s‘intéressent-elles pas à l’adressage que pouvez-vous nous dire en ce qui concerne Douala et Kribi ? Mr MBELLA : Pour le cas de la ville de Douala, elle est adressée, mais la communication sur ce fait est difficile. Les chefs de blocs connaissent cet adressage qui reste informel. Le projet est en train d’être mis sur pied pour communiquer sur ce qui a été fait sur l’adressage parce qu’il y « des lieux dits », qui permettent de mieux se retrouver, il faut changer tout cela par la communication. Mr Maxime Théodore NGALLY : Pour ce qui concerne Kribi, si nous pensons à l’adressage, c’est mettre la charrue avant les bœufs, nous pensons qu’il faut d’abord aménager les voies secondaires avant d’adresser les voies principales. Les gens construisent et donnent les noms qu’ils veulent sans que la Mairie soit informée. Mr Alain BELIBI : L’invasion des plages par des vendeurs de poissons, est ce qu’on ne peut s’organiser pour que les marchés se tiennent à des endroits précis ? Mr Maxime Théodore NGALI : C’est une préoccupation de l’exécutif, nous devons commettre le problème à l’État. Pour que la Commune d’Arrondissement utilise l’emprise maritime pour exercer une activité, il fait une concession et il paie les redevances chaque mois, donc le domaine public existe lorsqu’une collectivité comme la Commune Urbaine ou d’Arrondissement veut l’utiliser, il paie les redevances comme tout camerounais qui veut l’utiliser. L’emprise maritime n’appartient pas à la collectivité. En ce qui concerne les marchés, il y en a dans les bâtiments à étages, ils ne conviennent pas véritablement à nos coutumes, on doit les réorganiser, les couturiers, les coiffeurs et les vendeurs de tissus seront à l’étage, et plus bas les commerces quotidiens… Nous sommes en train de penser avec l’extension de la ville, à des marchés à proximité pour les populations dans les 4 axes de la ville de Kribi pour que les populations ne viennent pas faire le trop plein dans la ville, il faut décongestionner la ville. Mr MBELLA : En ce qui concerne Douala, il y a les activités informelles dans tous les carrefours, Il y a un programme de construction des marchés, même si cela reste difficile parce que Douala est une ville commerciale, il y a déjà eu la phase de sensibilisation. Au niveau de Ndokoti, il y a du changement, la ville est très grande, il y a la police municipale qui commence à contrôler les marchés. Mr Alain BELIBI : Quel projet pensez-vous emblématique pour vos différentes villes ? Mr MBELLA : Le projet de mobilité urbaine doit commencer en 2023 avec l’acquisition de 321 bus, nous allons commencer par la construction de l’infrastructure qui va impacter des milliers personnes. Mr Maxime Théodore NGALLY : En ce qui concerne Douala, nous pouvons parler de la construction d’un marché central pour lequel les financements sont mobilisés pour un début de construction en 2023, l’organisation du transport des motos-taxis, la construction d’une gare routière dans la périphérie. À la fin de ces échanges intenses et riches sur la mobilité dans les villes de Douala et Kribi, le modérateur, Mr Alain BELIBI a remercié tous les panelistes pour leur contribution, de même que ceux qui ont suivi cette autre rencontre économique en présentiel et en virtuel pour votre participation.
9ÈME RENCONTRE ÉCONOMIQUE
THÈME : « LES PROJETS D’AMÉNAGEMENT DE LA VILLE DE GAROUA ET LA GESTION DE SA COMMUNAUTÉ URBAINE » Paneliste : Dr OUSMAILA Mohamadou, Maire de Garoua. Modérateur : Mr Alain BELIBI.
Présentation de la Région du Nord en général et de Garoua en particulier Dr OUSMAILA Mohamadou acteur du développement économique et Maire de Garoua vient nous entretenir sur les projets d’aménagement de sa ville et la gestion de sa communauté urbaine. Garoua est la capitale de la Région du Nord, dans la Bénoué, est situé à plus de 1000 Km de Yaoundé, c’est l’une des plus vielle ville du Cameroun. Elle compte plus de 500 milles habitants. Elle est constituée de 3 communes d’arrondissement et 3 grandes industries : la SODECOTON avec les usines d’égrainage et d’huilerie, la SABC et la CICAM. C’est aussi une plaque tournante du commerce transfrontalier avec le Tchad, la RCA, le Nigéria et avec échanges avec le grand sud du pays. Les principales activités sont le commerce, l’élevage, l’agriculture et l’artisanat. En ce qui concerne les grands projets d’aménagement, tout engagement se base sur le Plan Directeur d’Urbanisme qui est achevé et le Plan Directeur d’Occupation des Sols est en cours d’élaboration et est financé par le MINDUH. Le plan d’accès à l’énergie blanche élaboré avec l’appui de la GIZ s’est achevé l’année dernière. Nous avons des projets économiques à base de plusieurs financements telle la construction du grand marché à bétail en cours d’exécution, le marché des vivres, le parc boisé, les espaces verts et les lieux de détente. La voirie s’est agrandit avec la CAN sur 20 km par les fonds de l’État et du CD2 pour 20 Km également. L’entretien se fait tout au long de l’année dès qu’il y un moindre nid de poule par le financement de la commune. Nous avons également fait des pavages sur plus de 7 Km. La ville présente fière allure. L’éclairage a été fait sur fond propre de la commune urbaine sur 997 point lumineux. L’État a illuminé à plus de 1000 luminaires, c’est ce qui fait appelé Garoua : « Ville Lumière ». Concernant la mobilité urbaine, nous avons réhabilité 8 bus, qui font le transport urbain de la ville de Garoua. Nous avons aussi encouragé les opérateurs économiques qui avaient disparu de Garoua depuis la CAN après les nouvelles routes construites. Nous faisons régulièrement des formations pour un comportement citoyen pour tous ces utilisateurs (motos et taxis) de la route, nous les avons encouragés en faisant 200 permis de conduire aux motos-taxis. Le Maire de la commune de Garoua 2 a introduit le transport avec les tricycles jaunes qui porte 3 passagers à bord. Ils sont en sécurité, protégés contre la chaleur. Nous avons instauré les plaques de signalisations pour indiquer les infrastructures et structures, les signalisations horizontales ont aussi été faites dans les anciens axes de la ville. Les feux tricolores dans les carrefours accentogènes ont été densifiés, ce qui a fait diminuer les accidents. Pour les projets à moyen et long terme, nous avons fait les plans de déplacement urbain, le plan directeur d’assainissement de la ville et le plan de fourniture et eau potable et l’électricité et le schéma directeur de gestion des déchets urbains, tout ceci pour le bien des populations de Garoua. Garoua est ce qu’elle est parce qu’il y a eu la CAN et la coopération française. RAPPORT GENERAL- Salon des Acteurs Économiques et du Développement Loca l-SAEDEL 59 b. Échanges avec Mr le Président du Conseil Régional de l’Extrême Nord Mr Alain BELIBI : Le fait que c’est la ville natale du président Ahmadou Ahidjo et ce que cette situation ne relève pas d’un concours de circonstance ? Dr OUSMAILA Mohamadou : En effet c’est tout ce que nous avons cité qui rend Garoua telle qu’elle est, Garoua a toujours été bien tracé, il y aussi la population qui a toujours été réceptive aux propositions des autorités. Nous faisons des sensibilisations régulières et il n’y a pas beaucoup d’incivisme. Mr Alain BELIBI : Il est difficile de se déplacer de N’Gaoundéré à Garoua et de Maroua à Garoua, est ce Garoua n’est pas une destination pour privilégiés ? Dr OUSMAILA Mohamadou : Si vous prenez à ce jour la route Yaoundé-Garoua, la seule partie endommagée est celle de 275 km comprise entre N’Gaoundéré et Garoua, mais les solutions sont en train d’être trouvées par les structures en charge de ce réaménagement. Le modérateur : Garoua est une sorte d’exception au Cameroun, la collaboration entre vous et les Maires d’Arrondissement est comme partout ailleurs ? Mr Le Maire : La collaboration est bonne, nous nous rencontrons régulièrement, il peut y avoir des incompréhensions mais, on se retrouve et on échange pour trouver des solutions, de même qu’avec les autorités administratives, ce ne sont pas des propos tenus devant la télévision. Avec le Lamido nous travaillons ensemble pour le bien de la ville et les populations, tous les acteurs doivent s’entendre pour un bon résultat. Le modérateur : Qu’avez-vous en tête pour le développement de la culture et les problèmes fonciers ? Mr Le Maire : Avec les Communes d’Arrondissement et le Lamido, nous avons travaillé ensemble pour les grands évènements qu’il y a eu ces derniers temps à Garoua afin que toutes les couches sociales soient représentées. En ce qui concerne les problèmes fonciers, Il y en a et sont réguliers. Nous essayons de gérer au quotidien. Mr Alain BELIBI : Est-ce que la discipline des populations dont vous parliez met la ville à l’abri des bidonvilles ? Dr OUSMAILA Mohamadou : Il y a des bidonvilles comme dans toutes les villes du pays, mais nous arrivons à gérer cette situation. Avec le MINDUH, nous avons des projets pour réhabiliter certains quartiers, il y aura des casses de certains quartiers précaires. Mme ZOBO Tabi Prof Consultant à l’ISMP et rapporteur général du SAEDEL : Vous avez fait une présentation élogieuse de la ville, comment avez-vous réussi à gérer le cas des motos-taxis et mis en œuvre une gestion saine des motos taxis pour que les populations et le visiteur de la ville de Garoua se sente à l’aise et en sécurité et pour que le développement local soit appréciable ? Dr OUSMAILA Mohamadou : Pour les motos-taxis, il y en a dans toutes nos villes et ce qui est embêtant c’est le fait que lorsqu’un jeune a une moto, il se met seulement à porter 1, 2 ou 3 personnes et cela cause des accidents que nous connaissons et souvent de très graves, et le plus grand nombre d’accidents provient des mototaxis, mais à Garoua, il y a un minimum de discipline. Exemple, tous les mototaxis s’arrêtent au niveau des feux tricolores comme les voitures, la ville de Garoua est une exception dans le pays, mais comme partout ailleurs, beaucoup n’ont pas de permis de conduire, il y a la crise et l’exode et pas d’emplois, beaucoup se déploient vers le transport des mototaxis. Nous faisons des formations, ils ont eu des permis, des formations aussi sur le comportement citoyen, le respect de l’autorité et de nos emblèmes, nous allons continuer ces formations. Le cites touristique par exemple la Benoué est en train de s’assécher, même s’il y a toujours de l’eau mais le fond est fortement 60 RAPPORT GENERAL – Salon des Acteurs Économiques et du Développement Local -SAEDEL ensablé et couvre le fond, c’est la même chose avec le barrage de Lagdo et cela influence l’alimentation en énergie. C’est aussi l’une des principales voies de communication entre Garoua et le Nigeria. Nous avons touché les autorités compétentes pour que le port fluvial de Garoua soit réhabilité, afin que Garoua puisse se développer d’avantage, en saison pluvieuse. Mr Alain BELIBI : Et le zoo de la ville de Garoua qu’en est-il ? Dr OUSMAILA Mohamadou : Le Zoo existe toujours il y a le lion, les différentes sortes d’animaux sauvages, les oiseaux, la girafe, les dromadaires ne sont plus là, tous les week-ends beaucoup de personnes visitent ce zoo. A Garoua 35 % de ses citoyens n’ont pas d’accès à l’électricité et 76 % cuisinent avec du bois de chauffe contribuant ainsi à la déforestation, si la trajectoire actuelle continue, les émissions à l’effet de Carbonne de la ville vont augmenter de plus de 42 % d’ici 2030, la sècheresse, la chaleur extrême, les fortes pluies à inondations deviendront plus fréquentes et extrêmes entrainant maladies et mauvaises récoltes. Mais la Communauté Urbaine et les 3 communes de Garoua se sont engagées pour construire ensemble un avenir meilleur. D’ici 2030, Garoua vise à réduirai les émissions prévues de 25 %, fournir à 84 % de citoyens l’accès à l’électricité et à 48 % l’accès à des alternatives de cuissons propres avec l’augmentation de l’utilisation des foyers améliorés. Nous prévoyons aussi d’installer 3500 lampadaires solaires et de construire 100 panneaux solaires dans les quartiers sans énergie électrique, d’accompagner les ménages qui ont les groupes électrogènes avec l’installation de 2000 kits solaires domestiques autonomes de 1200 watts chacun. La ville va devenir plus résiliente aux futures inondations en aménageant 53 hectares supplémentaires d’espace urbain en y installant un système météorologique et un système d’alerte précoce, tout en modernisant les systèmes de drainage le long des routes sujettes aux inondations. La ville est à créer pour un futur plus vert et plus propre. Le modérateur : Est-ce que la chaleur qui règne à Garoua présente un obstacle au développement de la ville, et le désert qui approche ne va-t-il pas toucher à plus brève échéance Lagdo ? Mr le Maire : Les températures ne font qu’augmenter. Il y a de trop fortes températures à certaines périodes, les populations vivent avec cette chaleur. Ce que nous devons faire aujourd’hui, c’est d’exploiter cette énergie gratuite que la nature nous offre pour le bien des populations avec les lampadaires solaires, nous avons reçu des financements pour les lampadaires solaires, nous demandons aux partenaires de nous assister pour transformer ce soleil en quelque choses de positif pour les populations. En ce qui concerne les arbres, notre plan nous emmène à planter des arbres chaque année. Nous avons signé une convention avec l’office de reboisement et le Comité International de Lutte Contre la Sècheresse pour reboiser la ville. Mme Amélie Solange AKONO, naturopathe et représentante de l’Association des Droits des Femmes à Kribi : Est-ce qu’un citoyen lambda qui veut visiter Garoua peut y accéder par avion ? N’y a-t-il pas de femmes dans la commune de Garoua ? Dr OUSMAILA Mohamadou : C’est important de connaitre nos villes, si vous avez des moyens vous prenez l’avion, il y a 4 vols par semaine, il y a des bus, les trains avec couchettes et à partir de N’Gaoundéré, vous pouvez prendre la route, quel que soit là où vous vous trouvez, vous pouvez vous rendre à Garoua et vous serez joyeuse de passer de la forêt à la savane, c’est très beau et à Garoua vous aurez toute les commodités et il y a la sécurité. Mon premier adjoint est une dame, les Maires de toutes les communes ont des adjointes qui sont des femmes et depuis que je suis à Garoua j’ai pris à corps l’autonomisation des femmes avec des formations et les activités génératrices de revenus. Un participant à la conférence : Ma préoccupation c’est le rapport de la Communauté Urbaine de Garoua avec le Conseil Régional du nord ? Mr le Maire : Ces relations sont bonnes. Nous intervenons dans l’élaboration des plans du Conseil National du Nord parce que nous y sommes invités. S’agissant du plan climat, la réduction de l’émission du gaz à effet de serre est une action que nous menons, par rapport au transport urbain, nous cherchons à maximiser les bus pour réduire le transport individuel et des motos qui polluent d’avantage l’atmosphère, nous sensibilisons à l’utilisation des foyers améliorés au lieu de la coupe abusive du bois. Un participant : Mr le maire en 2015, dans le cadre de l’amélioration du climat d’affaire au Cameroun, il a été institué par Mr le Premier Ministre l’instauration d’un Guichet Unique dans toutes les communautés urbaines pour la facilitation et de délivrance des actes urbanistes, à quel niveau se trouve la création de ce Guichet Unique dans la ville de Garoua ? Mr le Maire : Toutes les demandes qui arrivent avec un dossier complet passent dans la commission, tous les dossiers incomplets sont rejetés et les concernés informés pour les compléter. Cela se fait de façon trimestriel. Mr Alain BELIBI : Quel est le secret de cette ville qui est tenue pour exemple est-ce que la discipline des populations suffit, est ce que la caisse suffit, quelle est votre secret ? Dr OUSMAILA Mohamadou : La caisse ne suffit pas, lorsqu’on est à la tête d’une communauté, il faut inviter tout le monde, identifier tous les acteurs lorsqu’on a un objectif à atteindre et savoir obtenir le meilleur de chacun pour que le résultat suive. Si l’on travaille dans un environnement conflictuel, il ne peut pas y avoir de bons résultats. Le secret est que tous les acteurs soient mis ensemble pour que chacun contribue, le résultat n’est pas celui du Maire, mais de tous les acteurs qui sont à la tête de Garoua et les populations évidemment, tout cela contribue à l’atteinte des objectifs. Le modérateur en remerciant Mr le Maire, a remercié tous ceux qui ont contribué par leurs interventions et par leur présence, de même que tous les médias et l’organisation du SAEDEL. Mr le Maire n’a pas manqué l’occasion d’inviter tout le monde à venir à Garoua.
10ÈME RENCONTRE ÉCONOMIQUE CONFERENCE SPECIALE SUR LE THEME : ‘’ LA POLITIQUE DE LA PROMOTION DU MADE IN CAMEROON’’ Modérateur : Jean-Jacques ZE
À travers le monde certains pays qui sont admirés aujourd›hui sont allés chercher la force dans leurs valeurs culturelles, artistiques artisanales, médicinales et autres pour bâtir leur notoriété et aller vers l›émergence. Ces pays sont bien connus et ils sont identifiables. D›ailleurs au Cameroun on est parfois friand des produits qui viennent de ces différents pays qui n›ont pas fait la magie. Le génie inventif s›est manifesté. Les États ont accompagné ces pays qui œuvrent aujourd›hui pour la promotion à l›international de leurs différents produits. Au Cameroun, depuis plusieurs années on parle de la politique de promotion du made in Cameroon, ces créations de chez nous doivent être valorisées puis portées vers l’étranger avec le souci de compétitivité d’efficacité et de qualité. Ici au SAEDEL, plusieurs stands proposent et présentent des produits qu’on pourrait baptiser ‘’made in Cameroon’’. Ce sont des produits du cosmétique, de la pharmacopée traditionnelle dans la transformation. Ces produits qu’on a l’habitude d’utiliser au quotidien qui une fois transformés peuvent donner des valeurs incroyables telles qu’on le voit ici sur le site du SAEDEL. De bonnes toiles qui offrent et proposent des formes diverses… Nous avons quelques exposants qui vont nous prouver qu’on peut faire confiance au Made in Cameroon. Ils vont présenter leurs produits pour solliciter l’accompagnement des Pouvoirs Publics et prouver qu’on peut leur faire confiance et mériter des financements. Le plateau était composé de plusieurs exposants des produits ‘’Made in Cameroon’’. La modération tenue par le journaliste Mr Jean-Jacques ZE était itérative, très animée de même qu’intéressante. Tous ces participants se sont présentés et ont fait part de leurs problèmes et exprimés leurs besoins. a. Echanges avec les promoteurs du made in Cameroon. Mme NDJAGA SABIKANDA Marthe, représente un groupe qui s’appelle Bio-Nature, elle est la promotrice. Elles font l’élevage et la pisciculture la transformation du cacao, de la mangue “ndogo” ou mangue sauvage, ananas, citronnelle et bien d’autres produits. Elles ont un certain nombre de difficultés en l’occurrence l’approvisionnement, parce que la disponibilité des produits est saisonnière, la matière première, les problèmes d’emballages. Mr Jean-Jacques ZE : Comment trouver vos produits dans les grands espaces du commerce ? Mme NDJAGA SABIKANDA Marthe : Si nous sommes surs de pouvoir revendre nous produirons en grande quantité, nous déposerons nos produits dans les différents marchés et grandes surfaces et supermarchés. Je remercie le maire de la ville, je voudrais la visibilité de nos nombreux produits. Merci au SAEDEL de nous faire connaitre. Mme Ngo Balogog Rose, artiste peintre de l’acrylique sur toile basée à Kribi, Elle est auto- RAPPORT GENERAL- Salon des Acteurs Économiques et du Développement Loca l-SAEDEL 63 didacte : Nous utilisons les fruits et feuilles du Cameroun. Les océanais ne consomment pas nos produits d’arts. Pour écouler nos toiles, nous nous déportons à Yaoundé et à Douala pour pouvoir les vendre. Nous n’avons pas de problèmes de quantités. Nous demandons au Maire de la ville de nous donner une place, un site où les artistes peuvent s’exprimer. Nous interpellons notre Ministre pour le problème de droits d’auteurs. Mr Ahmadou HAMAN vient de Garoua au Nord Cameroun, pour le Sud dans l’Océan pour participer au SAEDEL, Il est le promoteur des produits des produits naturels qu’ils traduisent en produits thérapeutiques. Lui et son équipe font des produits bio, naturels pour soigner les maladies. Nos parents n’allaient pas à l’hôpital et se portaient bien. Mr Ahmadou HAMAN tient son héritage de sa grand-mère, il dit soigner gratuitement, mais il prend de l’argent pour ses ouvriers et les emballages. Les Camerounais sont très intéressés et sont curieux pour nos produits reconnait-il. Mon équipe et moi sommes souvent invités dans la plupart des forums dans la plupart des régions du pays. Il leur est assez difficile d’avoir les produits en quantité parce que les récoltes sont saisonnières. Ils ont des problèmes de dosage, de posologie parce qu’ils le font par supposition. Mais ils sont confortés par le fait qu’après 11 ans de pratique, il n’y a pas eu de plainte. Nous souhaitons avoir les moyens de diponibiliser les produits, les moyens de transformation, de visibilité, des emballages, de distributions parce qu’ils ne sont vu que lors des salons ou lorsqu’on les invite. Notre message « chacun doit penser à sa santé ». Il propose que le gouvernement fasse travailler les tradipratriciens en synergie et que leurs produits soient protégés à l’OAPI afin qu’ils puissent bénéficier des droits d’auteurs. Mr ATANGANA Auguste, Technicien en bâtiment, série F4 handicapé moteur suite à un accident de travail. Il a apporté et présenté un prototype de maison fait à base de matériaux locaux, les dérivés du raphia. Il a surmonté ce handicap en faisant des prototypes avec les produits de notre environnement, le ‘’made in Cameroon’’ avec le raphia, suite à un dessein technique avec une maquette 3D. Son objectif est de faire un plaidoyer auprès du gouvernement pour que l’on fasse un documentaire spécial au bénéfice des élèves qui font la série Génie Civil et F4 pour que cette technique soit implémentée dans ces séries techniques. Il a présenté sa trouvaille au SAEDEL et les groupes d’élèves qui ont visité son stand étaient émerveillés. Il a suscité l’envie à certains pour faire les séries F4 et Génie Civil. Il propose un musé architectural dans chaque lycée. Il propose également de préserver le raphia parce qu’il boit beaucoup d’eau en saison pluvieuse et en restitue en saison sèche, c’est une plante qui régénère l’environnement et préserve les marécages. Il a été apprécié par le modérateur et ovationné par le public présent en salle pour la qualité de son travail et le modèle qu’il représente. Il a ainsi profité de cette occasion pour lancer un appel vibrant aux pouvoirs publics, pour l’aider à obtenir un certificat de marque qui puisse lui permettre de transmettre au niveau national et à la jeunesse Camerounaise, créer un site pour présenter ses œuvres qui sont à Sa’a, une ville de la région du centre au Cameroun, d’où il est parti pour se rendre au SAEDEL à Kribi. Il lance un autre appel à la première dame qui ne cesse d’aider, au Ministère des Affaires Sociales de même qu’au Ministère des Arts et de la Culture. La Coopérative des Femmes de l’Océan : Elles ont présenté un produit nommé le “sang de Jésus” qui soigne beaucoup de maladies à condition de lire le psaume 51 avant de le boire et lorsque l’on trouve la guérison, lire le psaume 116 pour remercier Dieu. Elles ont aussi présenté des produits à base de cacao. Le principal problème qu’elle rencontre est celui des emballages. Mme Juliette MOUNDI : Elle transforme du plastique. Elle est financée par une ONG qui a mis ensemble un certain nombre de couturières afin de subvenir à des commandes importantes. De ce fait, elles travaillent en partenariat avec le Ministère de la Femme et de la Famille dans les bureaux du Centre de Promotion de la Femme (CPF) de Kribi où elles sont basées. Elles ont besoin de visibilité. Mme BIVOUNGUOU Marie-Claire naturopathe : Elle soigne à base des écorces dont elle a 64 RAPPORT GENERAL – Salon des Acteurs Économiques et du Développement Local -SAEDEL hérité de sa grand-mère. Elle invite les populations à revenir aux soins traditionnels et s’abstenir des produits chimiques qui intoxiquent. Elle a fait la promotion de la kola du lion qui est énergétique, qui soigne le poison et annihile la saoulerie, nettoie les reins. Il y a aussi le fruit appelé ‘’ébang’’ ou 2000 maladies qui soigne la chlamydia, la jaunisse, la typhoïde, le paludisme et beaucoup d’autres maladies. Amélie Solange AKONO tradithérapeute et Secrétaire Général Adjoint du comité régional des tradi-thérapeute de la Région du Sud : Elle fait partie de l’équipe de la délégation des Arts et de la Culture de Kribi, elle revalorise la médecine ancestrale avec l’une de ses écorces fétiche appelée “bebel ilé” c’est à dire ‘’l’écorce qui dit la vérité’’, qui résout les problèmes de conception chez l’homme et chez la femme, les faiblesses sexuelles, l’impuissance et a apporté sur le plateau une bouteille composée d’écorces appelée “whisky qui dit la vérité”, spécialisée également dans le traitement de la mauvaise haleine, elle a aussi présenté des plantes ancestrales à base des écorces pour se nettoyer le vendre, se protéger contre les ondes négatives. Comme besoin, elle veut des emballages pour conditionner les écorces séchées afin de les exporter. Une étudiante à l’université Inter-Etat de Sangmélima fabrique des œuvres à base de perles qui peuvent être utilisées par toutes les catégories de femmes pour les cérémonies de mariage, cocktail et anniversaire. Elle Fabrique aussi les pots de fleurs, les sets de tables, les babouches perlées, les portes clés. Mme Mazo fabrique les produits cosmétiques à base du ricin pour entretenir les cheveux, c’est une solutionne pour les personnes qui ont un début de calvitie. Elle propose des bons champoings et des produits avec de l’huile de chébé, du lait de vache, de la papaye, l’avocat, la tomate, … ses besoins sont de produire en masse puis, emmener les populations à adhérer en masse à son concept. Mme ZE Emilienne promeut les fruits, les racines et les feuilles d’un arbre appelé “arbre mamelle” ou “Atoye”. Elle a eu la révélation en rêve de ses grands-parents suite à une longue maladie. Elle a elle-même consommé cet ‘’atoye ‘et a trouvé la guérison. Depuis lors, elle soigne les gens avec les dérivés de cet arbre et ils trouvent la guérison dans beaucoup de domaines. Mme Gisèle NDINE, promotrice des produits écologiques contre les souris en protège l’humain et l’environnement. Elle propose des Spray qui empêchent aux souris de ronger les câbles. Les produits pour la déserpentisation. Le serpent est un animal protégé, il faut le chasser et non le tuer, les produits de chasse. Elle propose aussi les produits anti moustiques parfumé au citron, les produits qui repoussent les lézards. En somme, elle promeut des produits écologiques mais qui ne sont pas produits au Cameroun, elle dit prendre le meilleur ailleurs pour l’apporter au Cameroun. En somme, Il y a tout chez nous, dans nos forêts, les spécialistes existent, leurs adresses sont de plus en plus connues et s’adressent à la fois aux Pouvoirs Publics et aux Institutions Internationales qui peuvent aider à développer leurs différentes activités par divers moyens d’accompagnement. Mais ils espèrent avoir les consommateurs d’abord locaux. Ils disent aux camerounais, sachez qu’au lieu d’aller vers les produits chimiques et étrangers, il y a des produits naturels qui soignent avec moins d’effets secondaires, le ‘’made in cameroon’’ vaut la peine. Le modérateur, le journaliste Jean-Jacques ZE, adresse de vifs remerciements à tous les participants d’avoir assisté à cette conférence spéciale, d’avoir participé à cette édition du SAEDEL et d’avoir exposé leur génie qui est une force de la nature en espérant qu’on sera de plus en plus nombreux les consommateurs du ’’made in Cameroon’’ et qu’on aura des appuis pour qu’on avance tous, il a remercié leur inventivité
CONCLUSION SAEDEL
Les portes du SAEDEL se sont refermées sur la belle musique, qui a raisonné, en prélude à une cérémonie particulière de remerciements adressés à tous, aux partenaires, aux promoteurs du Salon et aux différents conférenciers sur les thématiques organisées à l’occasion du Salon des Acteurs Économiques et du Développement Local. Il s’agissait de la dernière cérémonie protocolaire de cette 1ère édition. Les promoteurs du SAEDEL ont pensé célébrer cette rencontre, cette union entre les promoteurs et les partenaires, par une cérémonie simple déclinée en 2 Parties : 1- Remise des prix spéciaux aux partenaires qui se sont particulièrement démarqués (même si tous les partenaires ont droit à un diplôme), 2- Puis le mot du directeur du salon qui est revenu sur le bilan et les perspectives. Mais avant la remise des prix, la salle été invitée à exécuter l’Hymne National. Puis le modérateur a remercié en lieu et place du promoteur, tous ceux qui ont accompagné cette édition du SAEDEL. Plusieurs départements ministériels se sont manifestés avec l’impulsion donnée au sommet par le Premier Ministre Chef du Gouvernement. Un partenaire de choix a figuré en bonne place et tout au long du Salon, il s’agit de la Communauté Urbaine de Kribi. Il a adhéré à l’activité et on a eu l’occasion de le rencontrer dans les différentes visites des stands en formel comme en informel, tout comme dans les panels de conférences. Tous ceux qui ont pris part aux différentes rencontres thématiques et aux rencontres économiques du SAEDEL ont été remerciés. Des remerciements particuliers ont été adressés à l’endroit du Ministre des Travaux Publics, représenté par son Inspecteur Général Chargé des Affaires Techniques, de même qu’à tous les départements ministériels qui ont été présents et se sont impliqués d’une façon ou d’une autre dans cette édition du SAEDEL. Suite à toutes ces reconnaissances, s’en est suivit la remise des Prix Spéciaux. 1) PRIX SPÉCIAUX Pour les prix spéciaux, le modérateur a invité le directeur du salon Mr ASSIGA EYENE à les discerner. Il a précisé qu’un jury fantôme a choisi de récompenser trois partenaires qui ont particulièrement brillé sur un certain nombre de critères déterminants. Il s’agit des 3 prix suivants : – Prix spécial du meilleur sponsor de l’édition N°1 du SAEDEL : l’Agence de Promotion de l’Investissement API ; 66 RAPPORT GENERAL – Salon des Acteurs Économiques et du Développement Local -SAEDEL – Prix spécial du meilleur partenaire média la CRTV ; – Le prix spécial de la marque locale, le made in Cameroon, le génie local, « Ngovayan whisky ». La parole a été donné à tous ces récipiendaires qui ont saisi l’occasion pour apprécié cette marque de reconnaissance à leur endroit. Les prix ont été remis par le Directeur du Salon suivi par un mot de remerciement et des applaudissements de la salle. Par ailleurs, le modérateur Mr Jean Jacques ZE a rappelé la pertinence de ces organisations qui ont particulièrement marqué le SAEDEL. 2) Mot du Directeur du SAEDEL Mr Patrice ASSIGA EYENE Chers participants, honorables invités, Mesdames et Messieurs, nous voici rendu au terme du 1er Salon des Acteurs Économiques et du Développement Local, placé sous le thème de « l’Economie nationale à l’économie locale : les défis de l’économie locale et du développement national ». Un évènement articulé autour du carnaval des régions, des rencontres économiques, des expositions puis des moments de détentes. Ainsi cette édition du SAEDEL aurait permis à toutes les parties prenantes invitées de mettre en avant leurs différents potentiels et de partager leurs expériences. Je voudrais une fois de plus au nom de l’équipe du Cabinet Mon Communicateur, remercier la communauté urbaine de Kribi à travers le Maire de la ville qui a su transformer le concept SAEDEL en actions concrètes. Son accompagnement nous a permis d’avoir des résultats positifs. J’aimerais humblement également exprimer ma profonde gratitude à toutes les autorités de la Région du Sud et du Département de l’Océan qui ont œuvré pour la réalisation de cette édition du SAEDEL. Chers partenaires, Mesdames, Messieurs, l’œuvre humaine ne pouvant être parfaite, mon équipe et moi avons pris en considération, toutes vos observations et prenons l’engagement de mieux faire lors des prochains SAEDEL. Comme bref résumé, nous avons pour cette 1ère édition du SAEDEL, enregistré une participation de 4000 personnes au carnaval des régions, qui a rassemblé des personnes issues des quatre aires culturelles ; 10 conférences publiques retransmises en direct sur 4 chaines de télévision, notamment CRTV, LTM, vision4, CAM 10 Télévision et sur plusieurs plateformes digitales. Ainsi nous avons pu toucher plus de 7 millions de personnes en 8 jours seulement. C’est l’occasion pour moi de remercier tous ces médias partenaires pour cet extraordinaire accompagnement. Sur les plateformes digitales nous avons été suivis par 700 milles personnes et cela va continuer. Chers exposants et partenaires, je voudrais également vous remercier pour l’excellente qualité de votre participation, la bonne tenue des stands, la pertinence et le bon niveau des conférences que vous avez proposé aux auditeurs. Ensemble et avec le même engagement, nous vous invitons dès à présent à préparer, la prochaine édition du SAEDEL qui se tiendra du 4 au 8 novembre 2023. Quant aux inscriptions, elles débuteront dès janvier 2023. Permettez-moi également de remercier la dynamique équipe qui a été à l’œuvre pour offrir cet évènement. Chers collaborateurs, soyez fier de votre travail. Chers invités pour finir mon propos, je voudrais renouveler ma gratitude au Gouvernement de la République à travers Mr le Premier Ministre Chef du Gouvernement pour la confiance placée en notre Cabinet. Chers invités chers participants, merci d’avoir été là, bon retour à chacun. Je vous remercie de vote aimable attention. Nous tenons à remercier ces partenaires qui ont fait un très long voyage pour être ici à Kribi, comment ne pas remercier le Conseil Régional de l’Extrême Nord, le Maire de la ville de Garoua, la Communauté urbaine de Douala, les départements ministériels tels que le Ministère des Forets et de la Faune, le Ministère des Travaux Publics, les exposants qui sont parti de Sa’a, de Sangmélima de Ntui et ailleurs pour venir présenter leurs œuvres. On a vu le créateur « Ngovayang « consommer en se soignant » au lieu de consommer pour se détruire, c’est le petit secret de ‘’Ngovayang wisky’’. Un dernier prix particulièrement spécial, a été décerné à cette structure qui a ouvert ses portes au SAEDEL, qui du matin au soir a œuvré pour la réussite du SAEDEL, qui a pris des engagements fermes qui ont été tenus, pour la bonne tenue de ce 1er SAEDEL, Il s’agit du prix spécial décerné à la Communauté Urbaine de Kribi. Mr ASSIGA a nommé Mr le Maire de Kribi ‘’Père du SAEDEL’’. Pour matérialiser ces remerciements qui honorent le Salon, un logo spécial qui restera unique a été conçu pour le Maire de Kribi. A prix spécial, remerciements spéciaux exprimés par le représentant du Maire : « ditinguish guests, ladies and gentelmen, I want to see this opportunity to say a big thank you to the Director of SAEDEL Mr Patrice ASSIGA EYENE for such a gesture, I want equaly to thank him to chosing Kribi to organise the first edition of SAEDEL, I want to finish this word by wishing him a succesfuly mission. Thank you ». Merci à vous et toutes nos félicitations à la ville de Kribi et place a été donné aux différentes photos de famille. Puis le refrain de l’hymne national a clos les activités.
Nos remerciements à :
Ø COMMUNAUTE URBAINE DE KRIBI (CUK) Ø PORT AUTONOME DE KRIBI (PAK) Ø AGENCE DE PROMOTION DES INVESTIISEMENTS (API) Ø COMMUNAUTE URBAINE DE DOUALA (CUD) Ø CONSEIL NATIONAL DES CHARGEURS DU CAMEROUN (CNCC) Ø CREDIT FONCIER DU CAMEROUN (CFC) Ø MINISTERE DES FORETS ET DE LA FAUNE (MINFOF) Ø CAMEROON WATER UTILITIES CORPORATION (CAMWATER) Ø SOCIETE D’AMENAGEMENT DE DOUALA (SAD) 68 RAPPORT GENERAL – Salon des Acteurs Économiques et du Développement Local -SAEDEL Ø CAMEROON TELECOMMUNICATIONS(CAMTEL) Ø SOCIÉTÉ CAMEROUNAISE DES DÉPÔTS PÉTROLIERS (SCDP) Ø FONDS NATIONAL DE L’EMPLOI(FNE) Ø SERVICE CAMEROUNAIS D’ASSAINISSEMENTS (SECA) Ø SOCIETE DES TRAVAUX D’EQUIPEMENT D’EXCAVATION (STEX SARL) Ø CAMEROON RADIO TELEVISION (CRTV) Ø LTM Ø VISION 4 Ø CAM 10 TELEVISION Ø ASSOCIATION DES LADIES DE L’OCEAN (ALO) Ø ASSOCIATION DES FEMMES INGENIEURS Ø CENTRE DE PHARMACOPEE BENIN-TISANE. Ø AIRE CULTURELLE FANG BETI Ø AIRE CULTURELLE SOUDANO-SAHELIEN Ø AIRE CULTURELLE GRASSFIELD Ø AIRE CULTURELLE SAWA Ø MEDECINE DOUCE PLANETAIRE DE GAROUA (MDPG) Ø LABORATOIRE PHYTO VITA (LPV) Ø AUDACE Ø SANTE ET VIE /NATURO PHARMAX BIO Ø AFRICAN CHAMBER OF TRADE AND COMMERCE Ø ARTISTE PLASTIQUE Ø BIONATURE DES FEMMES DYNAMIQUES (BNFD) Ø POTENTIEL RH.
ANNEXES 1.
AGENCE DE PROMOTIONS DES INVESTISSEMENTS (API)
Présentation Générale
L’Agence de Promotion des Investissements (A.P.I) est un établissement public administratif doté de la personnalité juridique et de l’autonomie financière basée à Yaoundé avec une antenne régionale à Douala. L’Agence est placée sous la tutelle technique du Secrétariat Général de la Présidence de la République du Cameroun et sous la tutelle financière du Ministère des Finances. Ses Missions L’API a pour mission, en liaison avec les autres Administrations et Organismes publics et privés concernés, de contribuer à l’élaboration et à la mise en œuvre de la politique du Gouvernement dans le domaine de la promotion des investissements au Cameroun. A ce titre, l’API est chargée notamment de: – Promouvoir l’image de marque du Cameroun à l’étranger; – Participer à l’amélioration d’un environnement incitatif et favorable aux investissements au Cameroun; – Recueillir et diffuses les opportunités d’investissements; – Proposer des mesures susceptibles d’attirer les investisseurs au Cameroun ainsi que celles susceptibles d’améliorer la mise en œuvre des codes sectoriels ; – Mettre en place une banque de données de projets à la disposition des investisseurs; Les Services Offerts L’API assure, en outre, aux investisseurs les services publics ci-après : – L’accueil, l’assistance et l’orientation des investisseurs étrangers et nationaux dans les étapes de mise sur pied des projets d’investissement; – la réception et l’instruction des dossiers de demande d’agrément ; – L’obtention des visas nécessaires à l’exécution des programmes d’investissement des entreprises agréées et pour le séjour de leur personnel étranger au Cameroun ; – L’assistance des entreprises agréées dans les démarches nécessaires à l’exécution de leurs programmes d’investissement; – l’établissement, en liaison avec les services techniques compétents des procédures administratives simplifiées par type d’activité; – Le suivi et le contrôle de l’exécution des engagements souscrits par les entreprises agréées. Loi N°2013/004 du 18 avril 2013 fixant les incitations à l’investissement privé en République du Cameroun La loi N° 2013/004 du 18 avril 2013fixe les incitations à l’investissement privé en République du Cameroun, applicables aux personnes physiques ou morales camerounaises ou étrangères, résidentes ou non-résidentes, au titre de l’exercice de leurs activités ou de leur participation au capital des sociétés camerounaises, en vue d’encourager l’investissement privé et d’accroître la production nationale (Art. 1er). A. DES INCITATIONS COMMUNES Peut prétendre au bénéfice des avantages prévus par la loi N° 2013/004 du 18 avril 2013, tout investisseur dont l’activité est conforme aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur, qui satisfait l’un des critères ci-après (Art. 4) : – Création d’emplois pour les Camerounais, pendant la phase d’exploitation, et selon la taille de l’entreprise et le secteur d’activités, à concurrence d’un emploi au moins par tranche allant de cinq (05) millions de francs CFA à vingt-cinq (25) millions de francs CFA d’investissements programmés, selon le cas ; – Activité annuelle d’exportations à concurrence de 10 à 25 % du chiffre d’affaires hors taxes ; – Utilisation des ressources naturelles nationales à concurrence de 10 à 25 % de la valeur des intrants ; – Contribution à la valeur ajoutée à concurrence de 10 à 30 % du chiffre d’affaires hors taxes. 1. Des Incitations fiscales et douanières Les incitations sont accordées à l’investisseur pendant les phases d’installation et d’exploitation (Art. 5). * Pendant la phase d’installation, qui ne peut excéder cinq (5) ans à compter de la date de délivrance de l’agrément, l’investisseur bénéficie des avantages suivants (Art. 6) : – Exonération des droits d’enregistrement des actes de création ou d’augmentation du capital ; – Exonération des droits d’enregistrement des baux d’immeubles à usage exclusivement professionnel faisant partie intégrante du programme d’investissement ; – Exonération des droits de mutation sur l’acquisition des immeubles, terrains et bâtiments indispensables à la réalisation du programme d’investissement ; – Exonération des droits d’enregistrement des contrats de fourniture des équipements et de la construction des immeubles et installations nécessaires à la réalisation de leur programme d’investissement ; – Déduction intégrale des frais d’assistance technique au prorata du montant de l’investissement réalisé, déterminé en fonction du montant global de l’investissement ; – Exonération de la TVA sur les prestations de services liées à la mise en place du projet et provenant de l’étranger ; – Exonération des droits d’enregistrement des contrats de concession ; – Exonération de la patente ; – Exonération des taxes et droits de douane sur tous les équipements et matériels liés au programme d’investissement ; – Exonération de la TVA due à l’importation de ces équipements et matériels ; – Enlèvement direct des équipements et matériels liés au programme d’investissement lors des opérations de dédouanement. * Pendant la phase d’exploitation qui ne peut excéder dix (10) ans, en considération de la taille des investissements et des retombées économiques attendues de ceux-ci, l’investisseur peut bénéficier, selon le cas, des exemptions ou des réductions au paiement des taxes, impôts, droits et autres charges suivantes (Art. 7) : – Minimum de perception ; – Impôt sur les sociétés ; – Impôt sur les bénéfices ; – Droits d’enregistrement relatifs aux prêts, emprunts, avances en compte courant, cautionnement, augmentation, réduction, remboursement et liquidation du capital social, ou à un quelconque transfert d’activités, de droits de propriété ou de jouissance immobilière, de baux ou d’actions ; – Impôt sur le revenu des capitaux mobiliers(IRCM) à l’occasion de la distribution de revenus sous forme de dividendes ou sous d’autres à préciser dans la convention ; – Taxe spéciale sur les revenus (TSR) en phase de développement de projet et de construction, sur les paiements effectués à des sociétés étrangères en rémunération des prestations fournies ou utilisées au Cameroun, à condition que celles-ci soient facturées à prix coûtant ; – Impôts, taxes, droits d’enregistrement et de timbre en relation avec le transport de produits issus de la transformation ; – Droits de douane, ainsi que tous autres frais et taxes de services applicables à l’importation d’équipements de tous types, de matériaux de construction, d’outils, de pièces détachées, de produits intermédiaires, de fournitures et de consommables n’ayant pas de similaires fabriqués localement, à l’exception des droits, taxes et autres charges de nature non-fiscale ayant le caractère d’une rémunération de service ; – Droits de douane applicables à l’exportation d’équipements de construction et d’équipements des usines de transformation ; – Tout impôt, redevance, taxe ou frais, de quelque nature que ce soit calculés sur le chiffre d’affaires réalisé par la société de transformation ; – Tout impôt, redevance, taxe ou frais, de quelque nature que ce soit calculés sur le chiffre d’affaires réalisé par la société de transformation ; – Toute taxe sur le transfert, l’achat ou la vente de devises, et toute taxe indirecte à la consommation dont la taxe spéciale sur les produits pétroliers. – L’investisseur peut, en outre, bénéficier des avantages suivants : – Le report des déficits jusqu’au cinquième exercice suivant celui de leur survenance ; – L’exemption au paiement de droits, taxes, et redevances de douane, sur les importations de biens d’équipement destinés à être affectés et utilisés pour son programme d’investissement. Au terme de la période de 10 ans visée ci-dessus, l’investisseur est reversé d’office au droit commun. Tout investisseur peut bénéficier d’un crédit d’impôt à condition de remplir l’un des critères ci-après (Art. 8) : – Embaucher au moins cinq (5) jeunes diplômés de l’Enseignement supérieur par an ; – Lutter contre la pollution ; – Développer des activités sportives, culturelles ou sociales ; – Développer des activités d’intérêt public dans les zones rurales. Nonobstant les avantages prévus à l’article 7 ci-dessus, l’investisseur est assujetti au paiement des redevances, impôts, taxes, droites et autres charges de quelque dénomination que ce soit ayant le caractère d’une rémunération de service. Ces rémunérations de service sont d’application générale et proportionnées au coût du service rendu (Art. 9). Les règles d’assiette et de recouvrement de l’impôt sur les sociétés sont celles prévues, en matière d’impôt sur les sociétés, par la législation comptable et fiscale en vigueur en République du Cameroun, sous réserve des dispositions contractuelles qui peuvent prévoir des règles d’amortissements et de provisions particulières (Art. 10). En raison de l’importance du projet dûment évaluée, l’Etat peut exceptionnellement étendre le bénéfice de quelques exonérations fiscales et douanières aux actionnaires, aux promoteurs et aux contractants locaux de l’investisseur par voie contractuelle (Art. 11). 2. Des incitations financières administratives L’investisseur est soumis au régime de change de la République du Cameroun (Art. 12). Sous réserve du respect des obligations qui lui incombent, notamment en matière de régime de change et de législation fiscale, l’investisseur bénéficie des avantages suivants : – Le droit d’ouvrir en République du Cameroun et à l’étranger des comptes en monnaie locale et en devises et d’y effectuer des opérations ; – Le droit d’encaisser et de conserver librement à l’étranger les fonds, acquis ou empruntés à l’étranger, et d’en disposer librement ; – Le droit d’encaisser et de conserver librement à l’étranger les recettes liées à leurs opérations, les dividendes et produits de toute nature des capitaux investis, ainsi que les produits de la liquidation ou de la réalisation de leurs avoirs ; – Le droit de payer directement à l’étranger les fournisseurs non-résidents de biens et services nécessaires à la conduite des activités ; – Le libre transfert des dividendes et du produit de la cession d’action en cas de désinvestissement. B. DES INCITATIONS SPECIFIQUES En sus des incitations ci-dessus, des incitations spécifiques peuvent être accordées aux entreprises qui réalisent des investissements permettant d’atteindre les objectifs prioritaires (secteurs prioritaires) ci- après (Art.14) : – Développement de l’agriculture, de la pêche, de l’élevage, des activités d’emballage et de stockage des produits d’origine végétale animale ou halieutique ; – Développement de l’offre touristique et des loisirs de l’économie sociale et de l’artisanat ; – Développement de l’habitat et du logement social ; – Promotion de l’agro-industrie, des industries manufacturières, de l’industrie lourde, des matériaux de constructions de la sidérurgie la construction métallique des activités maritimes et de navigation ; – Développement de l’offre de l’énergie et de l’eau ; – Encouragement du développement des régions et de la décentralisation ; – Lutte contre la pollution et la protection de l’environnement ; – Promotion et transfert des technologies innovantes et de la recherche- développement ; – Promotion des exportations ; – Promotion de l’emploi et formation professionnelle. Toute entreprise qui envisage de réaliser les investissements permettant d’atteindre les objectifs prioritaires susvisés peut prétendre, selon le cas, au bénéfice des incitations communes ci-après (Art. 15) : – Exonération de TVA sur les crédits relatifs au programme d’investissement ; – Exonération de la taxe foncière sur les immeubles bâtis ou non, faisant partie du site dédié à l’unité de transformation et de tous prolongements immobiliers par destination ; – Enlèvement direct à la demande de l’investisseur ; – Enregistrement au droit fixe ; – Admission temporaire spéciale des équipements et matériels industriels susceptibles de réexportation. Les entreprises qui réalisent des opérations d’exportation bénéficient dans leurs activités (Art. 16) : – De l’exonération du droit de sortie sur les produits manufacturés localement ; – Du régime du perfectionnement actif prévu par le Code des Douanes.
CONDITIONS D’OBTENTION DE L’AGREMENT
Conditions de fond La condition de fond est de réaliser un programme d’investissements qui doit permettre : – Création d’emplois pour les Camerounais, pendant la phase d’exploitation, et selon la taille de l’entreprise et le secteur d’activités, à concurrence d’un emploi au moins par tranche allant de cinq (05) millions de francs CFA à vingt-cinq (25) millions de francs CFA d’investissements programmés, selon le cas ; – Activité annuelle d’exportations à concurrence de 10 à 25 % du chiffre d’affaires hors taxes ; – Utilisation des ressources naturelles nationales à concurrence de 10 à 25 % de la valeur des intrants ; – Contribution à la valeur ajoutée à concurrence de 10 à 30 % du chiffre d’affaires hors taxes.
Conditions de forme Satisfaire à l’ensemble des conditions prévues par l’arrêté N°004263/MINMIDT DU 03 juillet 2014 fixant la composition du dossier d’agrément, notamment : – la production des pièces requises ; 74 RAPPORT GENERAL – Salon des Acteurs Économiques et du Développement Local -SAEDEL – la présentation d’un programme d’investissement faisant ressortir notamment le montant des investissements, les emplois à créer, une étude de faisabilité, etc. ; – et la production de justificatifs probants de financement du projet. * Déposer la demande en trois exemplaires auprès de l’API ou de l’APME. NB : L’API dispose cinq (05) jours ouvrables pour le traitement d’un dossier d’agrément aux avantages prévus par loi no.2013/004 du 18 avril 2013 fixant les incitations à l’investissement privé en République du Cameroun et ses textes d’application, MINFI 15jours pour donner son avis. CONTACTS Yaoundé-Cameroun : Nouvelle route Bastos face Hôpital BETHESDA Antenne Régionale du Littoral : Rue Tobie KOUAH a cote du bureau des transports Site : www.investincameroon.net Email : info@investincameroon.net/ inquiries@investincameroon.net.
EXPOSE LANGOT KRIBI SUR LE THEME : FINANCEMENTS DES COLLECTIVITES TERRITORIALES DECENTRALISEES
AXE : LA TRANSFORMATION LOCALE DU BOIS COMME FACTEUR DE DÉVELOPPEMENT
Présenté par : Pr. Landry NGONO TSIMI Conseiller Technique N°1 / MINFOF
Kribi, le 7 Décembre 2022
INTRODUCTION
Le Ministre des Forêts et de la Faune a été invité personnellement à prendre part en qualité de paneliste à cette Conférence placée sous le thème « Financements des Collectivités Territoriales Décentralisées » et d’axer essentiellement son propos sur « La transformation locale du bois comme facteur de développement ». L’axe de réflexion proposé nous suggère des développements structurés autour de deux grands marqueurs : d’abord nous voudrions affirmer, avec une certaine emphase, que la transformation locale actuelle du bois participe significativement à la constitution de la richesse nationale (I). Ce qui nous permettra de ramer à rebours d’une perception erronée mais malheureusement répandue, qui consiste à considérer l’exploitation et la transformation actuelle du bois au Cameroun comme un simple appendice au développement national. Ensuite, nous soutiendrons qu’une la transformation locale plus poussée du bois participerait davantage au développement national (II).
LA TRANSFORMATION LOCALE ACTUELLE DU BOIS PARTICIPE DE MANIÈRE SIGNIFICATIVE AU DEVELOPPEMENT NATIONAL * La superficie forestière du Cameroun est estimée à 22,5 millions d’hectares dont 17,5 millions exploitable, abritant environ 300 essences ligneuses ; * Sur les 300 essences, l’exploitation forestière cible une soixantaine d’essences, avec 2 500 000 m3 en moyenne de bois légal mis annuellement sur le marché local et international, représentant 30% de la capacité nationale de production ; Le prélèvement moyen est d’une à deux tiges à l’hectare, et reste très sélective car guidé par les tendances des marchés internationaux du bois et des produits dérivés. 1.1. Bilan de l’existant ou état des lieux de la transformation locale actuelle L’arrêt d’exportation des bois en grume à l’échéance du 1er janvier 2023 vise à promouvoir la transformation du bois exploité localement avant toute commercialisation ou exportation. Mais il faut savoir que la Transformation locale du bois n’est pas un processus nouveau au Cameroun, Notre pays en est le précurseur dans la sous-région, à travers la loi N° 94/01 du 20 Janvier 1994 portant régime des forêts et de la faune qui imposait déjà une transformation à hauteur de 70% pendant une période de (05) ans à compter de sa date de promulgation. Ce n’est donc qu’après cette date d’expiration, c’est-à-dire au 1er janvier 1999 que l’exportation des grumes devait être interdite et la totalité de la production nationale transformée localement. Cependant, la prise en compte des effets néfastes de cette législation, notamment en termes de baisse des recettes de l’État et de fragilisation de certaines entreprises forestières, avait conduit le CHEF DE L’ETAT et le Premier Ministre Chef du Gouvernement à autoriser la poursuite de l’exportation en grumes des essences de promotion moyennant le paiement d’une surtaxe, respectivement par ordonnance N° 99/001 du 31 Août 1999 et par Décret N° 99/781/ PM du 13 Octobre 1999. Cette mesure salutaire prise par le Gouvernement Camerounais a permis de renforcer l’industrie de transformation, conformément au Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE), car elle a hissé le taux de transformation du bois local à plus de 74% (plus des 70% requis par la loi). A titre d’illustration, un rapport publié par des experts de la filière (GFBC, 2021) note que : « La production annuelle des grumes au Cameroun est passée de 2 500 000 m3 en 2012 à près de 3 300 000 m3 en 2017 (…) Les volumes de bois transformés localement sont passés de 1 920 000 m3 à 2 400.000 m3 sur la même période ». * Les statistiques disponibles au MINFOF révèlent que plus de 500 UTB sont enregistrées dont environ 227 sont opérationnelles parmi lesquelles : – 205 (soit 90%) se limitent à la 1ère transformation (débités et placages); – 19 (soit 9%) à la 2ème transformation (lambris, parquets etc…); – 3 (soit 1%) à la 3ème transformation (panneaux, meubles, portes, fenêtres etc…). Au demeurant, Le secteur forestier occupe une place importante dans le développement économique et social du Cameroun. Sa contribution est estimée à 2,1% du Produit Intérieur Brut (PIB), ce qui place ce secteur au 3ème rang de contributeur à la croissance de l’économie Camerounaise, notamment après l’agriculture vivrière (8,8%) et les hydrocarbures (5,4%). La filière bois qui constitue le pilier essentiel de ce secteur d’activité est classée parmi les principaux produits d’exportation du Cameroun qui génèrent des retombées importantes à l’Etat, notamment : – Des recettes fiscales importantes constituées de la Taxes d’abattage, des Droits de sortie sur les bois en grumes et transformés ainsi que les droits d’inspection ; – Près de 48000 emplois directs au Cameroun ; – Une diversité d’activités liées au transport routier, ferroviaire et maritime. Les principaux défis qui se profilent à l’horizon de cette mutation s’expriment en termes de solutions de compensation pour couvrir ponctuellement des potentielles pertes pour le budget de l’Etat. Au niveau de la fiscalité, D’une manière générale, l’arrêt d’exportation du bois en grume aura indubitablement un impact à très court terme sur l’économie nationale. Concrètement, au plan budgétaire et fiscal, le Cameroun doit s’attendre à faire face à des pertes annuelles d’environ: – 13 Milliards pour les Droits de sortie sur les grumes ; – 1 Milliard huit cent millions de FCFA de taxe d’abattage sur les grumes destinées à l’exportation ; – 580 Millions de taxe d’inspection sur les grumes. Au niveau social, l’impact serait une perte d’au moins 20% à 40% du personnel de chantier intervenant directement sur la production et la préparation des grumes destinées à être exportées. Ce qui permet d’affirmer que la transformation locale actuelle du bois participe de manière significative à la constitution de la richesse nationale, mais qu’une Transformation locale plus poussée du bois permettrait d’y contribuer davantage. II. UNE TRANSFORMATION LOCALE PLUS POUSSEE DU BOIS, PARTICIPERAIT DAVANTAGE AU DEVELOPPEMENT NATIONAL A l’origine du concept de TPPB se trouve une étude des experts de la filière bois, validée par les ministres de la COMIFAC en septembre 2018. L’internalisation de ce concept ou encore sa traduction en politique nationale vise à : – Mettre en valeur les ressources forestières, en vue d’augmenter la contribution du secteur forestier au PIB tout en conservant le potentiel productif ; – Promouvoir l’utilisation et la diversification des produits transformés localement, en vue d’augmenter le rendement matière et de favoriser le développement des exportations des produits semi-finis ou finis. 2.1. ETAT DES LIEUX DE LA CAPACITE DES UTB AU CAMEROUN Les industries nationales des produits de la TPPB sont dominées par de très petites unités dispersées dans les centres urbains, très peu équipées, offrants des produits de très faibles qualités et très peu compétitifs ; La capacité cumulée des Unités de transformations existantes de la 1ère à la 3ème génération de transformation est estimée à 1 125 000 m3 par an. Ce qui laisse entrevoir qu’à l’arrêt des exportations des bois en grume au 1er janvier 2023, les unités de transformation existantes ne pourront pas, à très court terme, absorber toutes les grumes produites localement, car la majorité des scieries ont été installées pour juste se conformer au taux de transformation minimum prescrit par la loi forestière de 1994 ; La transformation locale espérée vers la 3ème génération de transformation se fera progressivement, à mesure que les entreprises s’adapteront aux nouvelles technologies de transformation. Sur ce dernier point précis, le Cameroun s’y déploie à travers une stratégie globale d’accompagnement à la modernisation de toute la filière. 2.2. MESURES PRISES EN VUE DE DEVELOPPER LA TRANSFORMATION PLUS POUSSEE DU BOIS – En 2012, le MINFOF a élaboré de manière concertée un plan d’industrialisation du secteur bois dans le but d’accroitre la compétitivité des entreprises ; – En 2016, ce plan a été intégré dans le Plan Directeur d’Industrialisation (PDI) du Cameroun qui, dans le secteur bois, comportent deux axes principaux, à savoir : l’amélioration du système d’approvisionnement et d’accès à la ressource ligneuse et le renforcement des capacités des artisans œuvrant dans le domaine de la transformation plus poussée du bois. 2.2.1. Amélioration du système d’approvisionnement et d’accès à la ressource ligneuse. Les principales mesures ont porté sur : – Le renouvellement des titres d’exploitation forestière existants et l’attribution de nouveaux titres ; – L’actualisation de la liste des essences de promotion, à l’effet de diminuer la pression sur les principales essences exploitées et d’améliorer les recettes publiques ; – L’organisation du Marché Intérieur du Bois (MIB), qui se veut une plateforme virtuelle et/ou physique de toutes les transactions commerciales du bois entre les producteurs, les consommateurs et les autres intervenants sur l’ensemble du territoire national. A titre d’illustration, le MIB a été approvisionné en 2017 à hauteur de 370.000 m3 , près de 485.000 m3 en 2018 et 2019 et 539.209 m3 en 2022. – La mise en place d’un cadre réglementaire destiné à encadrer la valorisation des rebuts de chantiers d’exploitation forestière ; – Le développement des contrats de partenariats entre les détenteurs de titres et les transformateurs artisanaux de bois ; – La réalisation d’une étude pour la fiscalité incitative de bois devant approvisionner le MIB et dont la principale mesure fiscale proposée est l’adoption d’une TVA réduite à un taux de 5% pour tous les opérateurs de la filière bois ; – La réalisation d’une étude de faisabilité pour la mise en place d’un mécanisme d’appui financier aux PME du secteur de la 2ème et la 3ème transformation du bois. 2.2.2. Renforcement des capacités des artisans œuvrant dans le domaine de la transformation plus poussée du Bois Les mesures relatives à cette action ont porté sur : – La restructuration en cours du CPB, qui est un outil d’appui au développement des filières des produits forestiers. A terme cette restructuration permettra d’accroitre ses performances dans la promotion des essences, la formation et l’encadrement des artisans dans les métiers bois. A titre de rappel, de 2012 à nos jours, près de 2.163 artisans menuisiers ont été formés, en vue d’améliorer leur compétitivité dans la 2ème et 3ème transformation ; – Les normes de bois sont progressivement mises en place en collaboration avec l’ANOR ; – L’élaboration d’un catalogue des UTB pour exprimer la capacité des acteurs locaux les plus opérationnels à satisfaire durablement la demande nationale en bois et produits bois, particulièrement en ce qui concerne les besoins de construction, d’ameublement et / ou d’équipement des édifices publics ; – Dotation des outils de transformation du bois et des séchoirs à certains Établissements secondaires et associations des acteurs des métiers bois. 3. DEFIS MAJEURS ET OPPORTUNITES 3.1 Défis majeurs Comme nous l’avons mentionné plus haut, la TPPB constitue une opportunité de développement économique et de réduction de la pauvreté. Cependant, cette transformation rencontre des obstacles au rang desquels figurent : – La désuétude des équipements de transformation qui génèrent beaucoup de déchets; – L’absence de mécanismes adéquats pour le financement de l’industrie de transformation ; – Le manque de personnel qualifié et expérimenté en matière de planification des activités, de gestion et de commercialisation des produits de la transformation ; – La forte propension à la commande des meubles en bois importés ; – La difficulté d’accès légal à la ressource pour les petits exploitants, cause majeure du développement du secteur informel ; – L’inadéquation des infrastructures d’accompagnement (régions enclavées, électricité, etc…). 3.2. Opportunités Dans l’optique de booster le développement de la TPPB, en vue de satisfaire la demande nationale et internationale en produits de grande qualité, quelques opportunités existent. Il s’agit : – De l’interdiction envisagée de l’exportation des bois sous forme des grumes. D’ores et déjà la loi de finance 2022 consacre le réajustement du taux du droit de sortie applicable aux bois en grumes exportés, de 35 à 50 % de la valeur FOB des essences ; – De la signature de l’Arrêté conjoint N° 0162 MINFOF/MINTP/MINMAP relatif à la commande publique sur l’étendue du territoire national en vue d’encourager l’utilisation du bois d’origine légale et de limiter la forte propension à la commande des meubles en bois importés ; – De la mise en place progressive, en collaboration avec l’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR), des normes de transformation du bois ; – De la promotion des essences secondaires peu ou pas connues à l’effet de diminuer la pression sur les principales essences exploitées ; – Du développement des plantations forestières, car à long terme, les forêts naturelles seules ne pourront soutenir le développement d’une véritable industrie (surtout qu’actuellement certaines UTB ont du mal à s’approvisionner en grumes) ; – De l’exonération totale les droits et taxes de douane sur les appareils, les équipements, les matériels et les outils importés destinés aux activités de transformation plus poussée du bois. L’objectif de cette mesure est : – D’encourager l’implantation des usines plus performantes ; – De renforcer les chaines de valeurs du bois ; – D’augmenter l’offre des produits du bois à valeur ajoutée sur le marché national et ; – De limiter le volume des bois exportés sous forme de grumes.
JE VOUS REMERCIE DE VOTRE BIENVEILLANTE ATTENTION.
Pour télécharger ce RAPPORT cliquez sur ce lien https://saedel.cm/rapport/


















