Jean David Nkot, Hervé Yamguen, Jean-Jacques Kanté, Daniel Onguéné, Joel Mpah Dooh et Hervé Youmbi au bout d’une résidence à l’Ouest du Cameroun ont offert six œuvres au royaume dans le cadre du projet de résidence artistique « Passerelles Contemporaines » qui en était à sa première édition. En savoir davantage.
Ils sont six. Six artistes du Cameroun à avoir décidé, dans le cadre du projet de résidence artistique « Passerelles Contemporaines », de léguer le fruit de leur création à la communauté Bapa. Avec le dessein de voir ceux-ci figurer dans les collections de ce musée communautaire en vue de contribuer au débat sur la restitution des œuvres d’art et objets pillés pendant dans la colonisation et même après par les Européens. Eux ce sont : Jean David Nkot, Hervé Yamguen, Jean-Jacques Kanté, Daniel Onguéné, Joel Mpah Doo et Hervé Youmbi.
Ce don a eu lieu à l’issue de l’ouverture au public de l’exposition le samedi 2 décembre 2023 Evénement tenu en marge du festival patrimonial « Pa’a Ngouo’ok » dont la clôture a eu lieu le même jour. Dans la suite du roi David Simeu II, se trouvaient le vice-président de l’Assemblée nationale Théodore Datouo ainsi que d’autres souverains alentour et des curieux. Les six œuvres brillaient par leur diversité esthétique (installation visuelle et sonore, peinture, sculpture, etc.) Des propositions esthétiques ayant pour fil d’Ariane l’histoire du royaume Bapa dont les origines remontent au début du 18è siècle.
A l’issue du vernissage, les artistes ne pouvaient cacher leur satisfaction. Le roi Simeu II a en effet fait savoir à la presse accourue qu’il envisageait de laisser poursuivre cette exposition temporaire sur « six mois, voire un an ». Non sans préciser dans la foulée que « Nous mettrons à profit cette période pour voir comment envisager d’intégrer ces œuvres dans le parcours actuel du musée ». Et Hervé Youmbi et ses camarades de rêver à une future intégration de leurs œuvres contemporaines dans le parcours actuel du musée qui, dans ses sept espaces dédiés, raconte le quotidien et l’histoire du village par des artifices de l’art classique. Youmbi d’ailleurs fait savoir que « Nous avions, mes camarades et moi, quelque appréhension de la manière dont seront reçues nos œuvres. Surtout que personne, pas même le roi, n’avait vu ces œuvres avant le vernissage. Nous sommes donc très heureux et avec l’annonce qui vient d’être faite sur le devenir de cette exposition, cette joie est encore plus grande ».
« Passerelles Contemporaines » est un projet initié par l’Atelier H. Youmbi à Douala. Où des jeunes artistes poursuivent leur formation après les écoles d’art du Cameroun. L’objectif du projet est d’apporter une réponse au débat sur la restitution des milliers d’objets pillés en Afrique pendant la colonisation et même après par les Européens. Un débat néanmoins qui oublie une autre préoccupation, celle du constat de l’hémorragie de la production artistique contemporaine du continent africain qui, cette fois, est achetée et séjourne loin des terroirs qui l’ont portée.
En décidant de léguer les productions issues de cette résidence au musée de Bapa, les six artistes de cette première édition souhaitent donc donner l’occasion aux Africains d’apprécier leur créativité, histoire « 50 ans ou 100 plus tard de permettre aux Africains de ne pas payer un billet d’avion pour aller voir les œuvres de leurs frères et sœurs artistes loin de l’Afrique », précise Youmbi. Projet militant donc et qui est appelé à se poursuivre à un rythme biennal au Cameroun et ailleurs en Afrique. Pour cette première, deux artistes du Burkina Faso et du Togo n’ont pas pu être de la partie du fait des problèmes de visa. Des absences qui renforcent le promoteur dans l’idée d’ouvrir sur le continent. A quand et où la suite ?


















